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Coup dur pour les Bleus aux JO 2026 : Tess Ledeux officialise son forfait

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La Française, vice-championne olympique du big air, est insuffisamment remise de sa commotion cérébrale survenue en mars 2024 et doit renoncer aux Jeux en février.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de prendre la parole ce jeudi ?
Tess Ledeux : Je souhaitais aborder un sujet un peu dur pour moi, et je ne vais pas tourner autour du pot : je ne vais pas pouvoir participer aux Jeux olympiques cet hiver. Les délais sont un peu trop courts et les risques en cas de nouvelle chute trop importants. Du coup, on a pris la décision avec l’ensemble du corps médical de faire l’impasse sur cette saison afin de me préserver, de prendre soin de moi et d’aller au bout du processus de guérison sans trop prendre de risques.

Pouvez-vous nous expliquer le cheminement qui a mené à cette décision, et à quel moment s’est-elle imposée à vous ?
Cela fait presque dix mois que j’essaie de guérir et d’être prête pour les JO. J’ai vraiment tout mis en place. On a essayé d’accélérer un petit peu le processus de guérison. Je suis partie aux États-Unis, puis j’ai suivi un traitement à Toulouse, etc. Et au mois de décembre, il fallait quand même qu’on se pose afin de faire un point. À ce moment-là, on s’est rendu compte que les délais seraient trop courts et qu’il fallait me préserver parce qu’il y a encore quelques symptômes qui persistent. Même si aujourd’hui, ça va beaucoup mieux, j’ai fait beaucoup de progrès, mais les rares symptômes qui persistent m’empêchent de me projeter sur la suite de la saison. Donc c’est tout naturellement qu’on a pris la décision. Je pense qu’au fond de moi, je le savais depuis un certain temps et c’est presque un soulagement parce que je sais que, maintenant, j’ai le temps de me remettre et de faire les choses dans le bon ordre, sans précipitation.

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Le saviez-vous dès le début de l’hiver ?
En fait, c’est venu petit à petit. Je sentais que ça prenait plus de temps que prévu. Mais c’est vraiment début décembre, quand j’ai senti qu’il allait encore falloir que j’attende quelques semaines avant de reprendre pleinement le ski, que j’ai compris.

Mentalement, comment vivez-vous cette décision et ce forfait ?
Ça serait mentir de dire que je l’ai complètement digéré aujourd’hui. (rires) C’est dur parce que j’y croyais fort, et c’est ce qui me permettait de tenir et d’avancer en continuant mes soins. Même si cette décision, c’est moi qui l’ai prise, ça ne veut pas dire que je l’accepte à 100%. Je pense qu’il faut encore que je fasse un peu le deuil de ces Jeux olympiques, de cette saison. Depuis les derniers Jeux en 2022, je me projetais sur 2026. Donc ça va prendre du temps et je pense que tant qu’on sera dans la saison, ça va être difficile de voir les copains en compétition et d’être derrière la télé. Mais le temps fera son office.

Souffrez-vous encore de symptômes dans votre vie quotidienne, comme vous l’aviez évoqué en novembre ? 
Non. Aujourd’hui, mon quotidien se déroule beaucoup mieux. Disons que j’arrive à avoir des journées presque normales. J’ai pu reprendre mes cours, ainsi que le ski libre. En fait, ce qui m’empêche de reprendre ma pratique, ce sont vraiment les chocs et les risques que ça peut engendrer. Je suis prête à faire peut-être 80% de tout ce que je fais d’habitude, mais je ne suis pas prête à reprendre des chocs et c’est là que le risque est trop important. Vu que dans ma discipline, il n’y a pas de risque zéro, on préfère vraiment prendre le temps que je sois apte à chuter, s’il y a chute, et encaisser les chocs de ma pratique. C’est juste ça qui m’empêche de reprendre aujourd’hui.

Vous n’avez pas d’inquiétude à plus long terme concernant votre carrière…
Non, car il n’y a aucun doute sur le fait que je vais récupérer pleinement. Les médecins sont très confiants. J’ai quand même beaucoup progressé et c’est juste que parfois, ça prend plus de temps qu’on ne le voudrait. Mais oui, je me projette à 100% sur la saison prochaine, avec une reprise des entraînements classiques au printemps avec le reste de l’équipe.

Du coup, quel sera votre programme lors des prochaines semaines ? 
Dans un premier temps, je vais me reposer parce que j’ai vraiment tout donné ces dix derniers mois et ça m’a bien fatiguée. Je n’ai pas pu partir en vacances. J’étais vraiment dans un protocole de soins pour mettre toutes les chances de mon côté. Donc là, je souffle et je profite de ma famille, de tout ce que je n’ai pas le temps de faire normalement. C’est bizarre car je ne me sens pas totalement à ma place, mais ça fait du bien de passer les fêtes en famille, de pouvoir aller voir les copains à droite, à gauche. Et ensuite, à partir de fin janvier, je vais recommencer mon suivi de soins parce que l’objectif reste de revenir le plus vite possible.

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Pensez-vous regarder les Jeux ? 
Oui, je vais regarder parce que j’ai tous mes copains et le ski, c’est une grande famille. Donc j’ai envie de les encourager. Ça ne va pas être toujours facile, mais je reste une passionnée de sport, et encore plus quand ce sont les copains. Donc j’ai envie de suivre ce qui va se passer et de regarder la concurrence aussi.

La perspective des prochains Jeux en 2030 peut-elle vous aider aussi à faire plus facilement le deuil ?
Oui, je crois que ça aide un tout petit peu à apaiser ma peine parce que je me projette déjà en 2030. Certes, là, c’étaient des Jeux Olympiques en Europe, en Italie, donc c’était presque à la maison. C’était potentiellement la première fois que ma famille aurait pu venir me voir. Mais je me dis qu’on va vivre la même chose en mieux dans quatre ans, et cela m’aide de me projeter sur 2030. Et pourquoi pas sur 2034 ? (rires)

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