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Par P.S.
Le 28 mars 2026 à 20h45

Le nouveau maire de Bastia, qui retrouve un fauteuil auquel il avait renoncé en 2016 pour présider la Collectivité de Corse, a expliqué dans son premier discours son choix de ne porter que brièvement l’écharpe tricolore, adressant à l’État un ultimatum sur l’autonomie de la Corse.
Passer la publicité Passer la publicitéAlors qu’il présidait son premier conseil municipal à Bastia depuis son élection en tant que maire, et avant de désigner ses adjoints, l’autonomiste Gilles Simeoni a brièvement revêtu l’écharpe tricolore avant de la retirer, tandis que la plupart de ses adjoints ont refusé de la porter. Ce geste symbolique est présenté par le nouveau maire comme une manière de rappeler le sens de son engagement pour l’autonomie de la Corse, qui n’est pas un «combat contre la République française», dont il déclare «respecter les symboles».
Prenant la parole dans un premier discours après son installation comme maire, Gilles Simeoni a rappelé qu’il avait déjà accepté de porter cette écharpe en 2014 après sa première élection comme maire de Bastia : «Voici douze ans, le samedi 5 mars 2014, j’avais fait le choix de porter symboliquement l’écharpe tricolore, et expliquais ainsi ce choix dans mon discours d’installation : ’dans quelques minutes, un nationaliste corse, en sa qualité de maire de Bastia, ceindra l’écharpe tricolore pour rendre un hommage solennel à nos morts, qui sont les morts de chaque famille corse. [...] Je disais à l’époque : il reste beaucoup à faire, le chemin sera encore long, incertain, parsemé d’obstacles et d’embûches, mais les plus longues marches commencent par un pas, et ce pas nous l’avons fait ensemble’.»
Mais l’élu estime que depuis lors, l’État n’a pas avancé assez vite dans le sens espéré et adresse donc une forme d’ultimatum au sujet du statut de la Corse : «Douze années ont passé depuis que j’ai prononcé ces mots. [...] Le port de l’écharpe tricolore était, au-delà du message de réconciliation adressé aux Corses, une manière de dire à l’État que notre combat n’est pas contre la République française, dont nous respectons les symboles et partageons les valeurs universelles qui sont aussi celles de la Corse. Notre combat est contre l’injustice et la négation de ce que nous sommes collectivement, c’est celui d’un petit peuple qui veut être reconnu et construire son destin, et demande à la République française s’il y a de la place en son sein, oui ou non, pour qu’elle reconnaisse ce droit. Le port bref de cette écharpe tricolore en 2026 est cette fois-ci une façon de rappeler à l’État qu’après les douze années qui viennent de s’écouler, le moment est venu pour lui de donner sa réponse.»
La réforme constitutionnelle sur le statut d’autonomie de la Corse doit être examinée par les sénateurs à compter du mois de mai.


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