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Chronique

auteur

Isabelle Chaperon

Chroniqueuse au service Economie

Rien ne sert de faire 100 milliards d’euros de gains grâce à l’intelligence artificielle, il faut savoir les redistribuer intelligemment, explique Isabelle Chaperon, chroniqueuse au service Economie du « Monde ».

Publié aujourd’hui à 10h30, modifié à 14h17 Temps de Lecture 1 min.

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En France, dès qu’une rentrée d’argent imprévue se profile dans les coffres du Trésor public, pour cause de hausse des prix à la pompe ou de croissance meilleure qu’escomptée, les politiques se déchirent sur la manière de la dépenser. Dans le contexte de nos finances publiques exsangues, quelques centaines de millions d’euros suffisent à enflammer le débat. En Corée du Sud, on change de braquet avec un jackpot fiscal de 100 milliards d’euros lié aux gains de l’intelligence artificielle (IA). Mais cela n’ôte rien à la question : comment le répartir au mieux ?

Le gouvernement coréen a présenté, mardi 1er septembre, un budget record pour 2027 de 820 900 milliards de wons (515 milliards d’euros), en hausse de 12,8 %. Ce montant comprend l’abondement à hauteur de 100 milliards d’euros d’un fonds de dotation, le Fonds de préparation à l’avenir, alimenté par les surplus d’impôts collectés auprès de Samsung et SK Hynix, les géants des puces qui ont engrangé des profits colossaux grâce au boum de l’IA. Cette cagnotte a vocation à être dépensée sur plusieurs années avec pour objectif d’assurer la prospérité à long terme du pays.

Le dilemme est simple. Si la Corée du Sud veut conserver sa place de fournisseur incontournable des semi-conducteurs pour l’IA, elle doit investir dans les infrastructures, des data centers aux usines de fabrication en passant par la production d’énergie. Mais si elle ne redistribue pas suffisamment, c’est toute la société coréenne, déjà marquée par un des taux de fertilité les plus bas au monde – 0,8 enfant par femme – qui risque de se désagréger.

Devant le chantier d’un complexe de semi-conducteurs de Yongin, en Corée du Sud, le 21 juillet 2026. Devant le chantier d’un complexe de semi-conducteurs de Yongin, en Corée du Sud, le 21 juillet 2026.

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