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France 25/03/2026 10:13 Actualisé le 25/03/2026 10:26
Une charte d’engagement a été signée par Grindr et ses homologues avec la ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé.
Par Clément Giuliano avec AFP

Le HuffPost
Grindr, Tinder, Bumble et Happn s’engagent à mettre en place plusieurs actions pour lutter contre les agressions d’hommes gays ou bis piégés par de faux profils.
C’est, pour reprendre les mots du magazine Têtu, un « fléau » qui se développe au point de représenter, d’après le décompte des associations LGBT+, une agression tous les quatre jours en France. Pour lutter contre les guets-apens homophobes, la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes et à la Lutte contre les Discriminations Aurore Bergé annonce, ce mercredi 25 mars, avoir signé en début de semaine une « charte d’engagement » avec les principales applications de rencontre.
Grindr – l’application la plus populaire auprès des hommes gays et bis –, Tinder, Bumble et Happn s’engagent à mettre en place plusieurs actions « autour de trois priorités : prévenir, signaler et protéger », précise son ministère dans un communiqué.
Les applis et sites de rencontre sont parfois utilisés par des agresseurs pour piéger des utilisateurs lors d’un rendez-vous. Lorsqu’elles se présentent, les victimes sont souvent passées à tabac en raison de leur orientation sexuelle.
Grindr, Tinder, Bumble et Happn devront premier lieu améliorer l’information de leurs utilisateurs, prévoit le texte signé lundi. Selon Têtu, qui a eu accès au texte élaboré sous l’égide de la délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), les applications s’engagent à délivrer des messages de prévention après des utilisateurs dès la création du compte.
« Des messages types qui pourraient devenir personnalisés, puisque les applis promettent d’étudier la possibilité d’une analyse automatique des échanges, afin d’alerter l’utilisateur en cas d’interaction suspecte », détaille le trimestriel. « Les applications s’engagent à renforcer leurs capacités de modération, humaines et techniques. »
Vérification des profils
Grindr et consorts doivent en outre améliorer leurs « outils de signalement des situations de menace ou de guet-apens », indique le ministère. Une catégorie spécifique de signalement doit être créée, entraînant l’exclusion des utilisateurs, détaille Têtu.
Les plateformes s’engagent également à « conserver les données » pour les transmettre aux forces de l’ordre, y compris après « suppression des profils », et vont mieux coopérer avec les forces pour « identifier et poursuivre les auteurs », indique le ministère.
La charte encourage les plateformes à « favoriser le recours aux profils vérifiés », précisent encore les services d’Aurore Bergé. Une vérification facultative qui pourra se faire « par selfie, biométrie ou pièce d’identité », suggère la charte, citée par Têtu. « Une mesure sensible, tant l’anonymat des applis de rencontre est un critère non négociable pour beaucoup », souligne le trimestriel.
Ce texte « marque un engagement collectif inédit entre les pouvoirs publics, les plateformes numériques, les associations et les forces de l’ordre », se félicite le ministère. Selon Aurore Bergé, citée dans le communiqué, la France « devient le premier pays au monde à établir ce niveau de coopération » avec ces plateformes sur la lutte contre les guets-apens homophobes.
La charte a été signée en présence notamment des associations SOS homophobie, Stop homophobie, Le Refuge et Flag !.


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