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Construisons des comités d'action ! Après le 5 novembre, préparons une grève générale européenne contre la guerre et la dictature !

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La grève d'une journée aujourd'hui en France marque une première intervention de la classe ouvrière dans l'éruption sociale historique à travers l'Europe. Il y a la révolte lycéenne en France, la mobilisation de masse pour le logement en Espagne, les grèves du secteur public au Portugal et en Irlande, les mobilisations de jeunes en Belgique, en Grèce, en Italie et en Allemagne, ainsi qu'une grève internationale des dockers contre la guerre. En France, jeunes et gilets jaunes défilent régulièrement alors que la police interdit les manifestations et a arrêté plus de 10 000 personnes.

Le Parti de l'égalité socialiste (PES) appelle travailleurs et jeunes à se réunir en assemblée générale sur leurs lieux de travail ou dans leurs établissements scolaires et à élire des comités d'action. Ceux-ci doivent formuler des revendications, continuer à se réunir après le 5 et ôter aux bureaucraties syndicales le contrôle de la grève. Pendant six semaines, ces appareils ont laissé les étudiants et les « gilets jaunes » seuls face à la police. Maintenant, la classe ouvrière doit avoir son mot à dire.

Des comités d'action peuvent unifier les luttes à l’international et préparer une véritable grève générale européenne. Des grèves nationales auront lieu en Espagne (le 11 novembre), en Italie (le 20), en Belgique (le 23) et en Grèce (le 25). Mais les questions mondiales qui animent le mouvement — l'austérité et le diktat des banques, la dictature et le néofascisme, la guerre impérialiste — ne peuvent être résolues par des grèves d'une journée dans un seul pays.

Dans toute l'Europe, il faut préparer une lutte comme les grèves générales françaises de 1936 ou de 1968 : une mobilisation de la puissance sociale de toute la classe ouvrière pour bloquer l'économie et poser la question : « Quelle classe va gouverner ? » Pour cela la classe ouvrière devra s'affranchir, au cours de la lutte, de l'emprise des appareils syndicaux et des politiciens procapitalistes.

Le 21 octobre, les chefs syndicaux ont rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu, alors que la lettre d'invitation de Lecornu indiquait qu'il ne serait question ni des salaires ni des écoles, mais du maintien de l'ordre lors des manifestations. Ensuite, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a feint de s'étonner qu'aucune concession n'ait été proposée. Elle a vaguement appelé les travailleurs à « généraliser » la grève du 5 novembre, mais pas à la grève générale. Depuis, des responsables de la CGT appuient la campagne présidentielle du chef de LFI, Jean-Luc Mélenchon.

C'est la voie vers la défaite. Les travailleurs connaissent le scénario. En 2023, ces bureaucraties ont appelé à des grèves contre la réforme des retraites de Macron, suivies par des millions de personnes, avant d'épuiser puis de brader le mouvement une fois la loi imposée. Les dirigeants de LFI ne se sont pas opposés au bradage syndical de la lutte ; ils se sont au contraire joints à une proposition stalinienne de rédiger une lettre impuissante demandant à Macron de retirer sa réforme.

Des groupes comme Révolution permanente, qui déclare désormais que la situation est « prérévolutionnaire », continuent de dire aux travailleurs de faire pression sur la direction de la CGT pour qu'elle leur donne un « plan de bataille » afin de faire « reculer » le gouvernement. Mais les gouvernements capitalistes d'aujourd'hui ne reculeront pas. Il n'y aura pas de règlement négocié des problèmes qui poussent les travailleurs et les jeunes à la lutte.

Un conflit de classe irréconciliable se profile. Poussés par une crise mondiale, les gouvernements capitalistes font la guerre et enrichissent l'oligarchie financière. Les milliardaires français ont doublé leur fortune, qui atteint 440 milliards d'euros, au cours de la décennie Macron, et la fortune des milliardaires européens dépasse désormais 2 000 milliards d'euros. Cette oligarchie s'est massivement enrichie en accaparant la dette souveraine à travers l'Europe et en spéculant sur elle.

La dette de la France a atteint 3 500 milliards d'euros, et les seuls intérêts atteignent 65 milliards d'euros, soit plus que le budget de l'éducation. En France et à travers l'Europe, chaque nouvel emprunt pour l'armement fait monter les taux d'intérêt, et les marchés exigent ensuite l’austérité pour équilibrer le budget. Le plan d'austérité de 54 milliards d'euros de Lecornu en est le résultat.

Les puissances européennes répondent à l'escalade mondiale de la guerre et des tensions internationales avec Washington par le bellicisme et le réarmement. Elles intensifient la guerre de l'OTAN contre la Russie, alors même que Moscou a averti qu'elle pourrait recourir à l'arme nucléaire si l'OTAN imposait un blocus à Kaliningrad. Elles préparent 800 milliards d'euros de nouvelles dépenses militaires dans le cadre du plan « ReArm Europe ».

Un gouvernement qui ne peut ni renoncer à ces guerres ni toucher à la fortune de l'oligarchie n'a rien à offrir aux travailleurs et aux jeunes. Il ne peut imposer sa politique que par la force.

C'est pourquoi Macron a répondu à des semaines de manifestations non par des concessions, mais par la répression, a menacé de décréter l'état d'urgence et travaille avec la campagne présidentielle de la néofasciste Marine Le Pen. Lecornu convie le RN aux réunions de crise du gouvernement, et le Parlement fait avancer une proposition de loi d'extrême droite accordant aux policiers une « présomption de légitime défense » lorsqu'ils tirent.

C'est aussi pourquoi une présidence Mélenchon n'offre aucune véritable alternative aux travailleurs. Mélenchon et sa « révolution citoyenne » rejettent la lutte pour le pouvoir ouvrier et le socialisme. LFI, pour Mélenchon, doit « accompagner » la mobilisation et ouvrir une perspective « vers 2027 ». Il appelle à une « bonne issue » au mouvement, avec de modestes hausses des salaires et des dépenses sociales — exhortant Lecornu à s'inspirer des accords de Grenelle avec lesquels la CGT a bradé la grève générale de Mai 68 et maintenu au pouvoir le régime capitaliste de De Gaulle.

Avant la grève générale de 1936 et la 2e Guerre mondiale, Trotsky attaquait sans merci ceux qui cherchaient à « tenir les masses immobilisées jusqu'au moment où elles seront bénies d'en haut par le gouvernement du Front populaire. Grèves, manifestations, collisions dans la rue, soulèvements directs sont absolument inévitables. […] La tâche du parti prolétarien consiste non à freiner et à paralyser ces mouvements, mais à les unifier et à leur donner la plus grande force possible. »

En 2026, alors qu'une nouvelle guerre mondiale débute, il n'y aura ni réformes de Front populaire ni accords de Grenelle. Mélenchon était membre du PS lorsque Mitterrand, élu en 1981 sur un programme de réformes soutenu par le PCF stalinien, a fait volte-face sous la pression des banques et a imposé l'austérité. Aujourd'hui, un gouvernement Mélenchon, qui refuse d'exproprier l'oligarchie capitaliste, ne peut résoudre les problèmes de l'inégalité, du fascisme et de la guerre.

L'alternative, c'est l'organisation et la mobilisation indépendantes de la classe ouvrière et la construction d’un mouvement politique pour le pouvoir ouvrier et le socialisme. Les comités d'action sont les cadres essentiels dans lesquels une telle lutte peut se mener. Ces comités peuvent lutter pour toutes les revendications essentielles des travailleurs, notamment :
• l'abandon des poursuites contre les manifestants, la fin des couvre-feux et des interdictions de manifester, le désarmement des forces de l’ordre et le refus de tout état d’urgence ;
• le retrait du budget d'austérité de 54 milliards d'euros et des autres attaques sociales ;
• la répudiation de la dette souveraine due à l'oligarchie capitaliste, et l'expropriation de celle-ci ;
• la fin des guerres contre la Russie, l'Iran, à Gaza et au Sahel, du réarmement et de la conscription.

Les comités doivent relier les travailleurs qui entrent en lutte en France à leurs frères et sœurs de classe dans toute l'Europe, via l'Alliance ouvrière internationale des comités de base. C'est ainsi que l'on peut préparer une grève générale européenne contre la guerre, l'austérité et la dictature.

La situation objective tend vers une telle grève. Comme Trotsky l'avait averti dans Où va la France, l'alternative dans une grève générale est « ou la capitulation complète, ou la lutte révolutionnaire pour le pouvoir ». Le PES lutte pour faire pénétrer cette compréhension dans la classe ouvrière et appelle ses sympathisants et les lecteurs du World Socialist Web Site à le contacter et à soutenir sa lutte. L'alternative à l'Union européenne, ce sont les États socialistes unis d'Europe.

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