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Il suffit désormais de parcourir les rayons d’un supermarché pour tomber sur une avalanche de mentions « riche en protéines » ou « high protein ». Yaourts, boissons lactées, céréales, barres, pains, pâtes, salades et même plats préparés : la promesse s’est installée dans de nombreuses catégories de produits. Mais cette promesse est-elle réellement tenue ? Et faut-il vraiment chercher à manger plus de protéines ?
Les protéines sont essentielles au bon fonctionnement de notre organisme. « Elles participent notamment au maintien de la masse musculaire, mais aussi à la fabrication des enzymes, des hormones et des anticorps. C’est comme des matériaux de construction et de réparation de notre organisme », résume Aude Senez, médecin fonctionnelle et micronutritionniste.
Les besoins sont quotidiens et varient notamment selon l’âge et l’activité physique. Mais contrairement à ce que pourrait laisser penser l’omniprésence des produits « protéinés », la population française ne souffre pas d’une carence généralisée. L’Anses fixe l’apport de référence à 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour pour un adulte en bonne santé, un niveau globalement couvert par l’alimentation de la population.
Pour autant, les protéines restent particulièrement importantes dans certaines situations, notamment pour les sportifs, les femmes en pré-ménopause ou avec l’avancée en âge, afin de préserver la masse musculaire. Mais « ce n’est pas parce qu’on mange des protéines qu’on va avoir une masse musculaire », rappelle Aude Senez : le muscle doit aussi être stimulé par l’activité physique. Attention aussi à l’argument minceur : les protéines ne font pas maigrir mais aident à préserver la masse musculaire et contribuent à une meilleure satiété.
Attention à l’argument marketing
Les protéines sont donc un atout pour notre organisme, que les marques et les industriels ont bien en tête, à en croire les références que l’on trouve aujourd’hui en rayon. Pour autant, toutes ne se valent pas. « Même s’il est écrit protéine sur l’emballage, ce n’est pas un gage de qualité.
Plus de protéines ne veut pas dire plus sain », prévient la spécialiste. Une barre, des céréales ou une salade « high protein » peuvent contenir des sucres ajoutés, des additifs (dont certains sont controversés) et de nombreux ingrédients destinés à modifier leur texture, leur goût ou leur conservation. « Beaucoup d’entre eux appartiennent à la catégorie des aliments ultratransformés et ne sont pas intéressants sur le plan nutritionnel, voire dangereux », insiste-t-elle. Plusieurs études ont déjà démontré qu’une alimentation riche en aliments ultratransformés nuit à la santé et entraîne un risque accru de développer des maladies chroniques, maladies cardio-vasculaires ou un diabète de type 2.
Dans une enquête publiée mardi, Foodwatch a ainsi analysé 10 produits mettant en avant leur teneur en protéines et relevé, selon les références, différents marqueurs d’ultratransformation et des listes d’ingrédients à rallonge, comme des amidons modifiés de maïs, de la gomme gellane, des carraghénanes… Des boissons lactées, barres de céréales, salades préparées ou yaourts enrichis en protéines ont ainsi été épinglés.
L’association appelle notamment à ne pas confondre la promesse « riche en protéines » avec une garantie de qualité nutritionnelle. « Il faut garder un esprit critique et jeter un œil sur les étiquettes : on repère facilement un taux élevé en sucre ou les additifs alimentaires, notamment ceux commençant par E, à éviter en priorité », conseille Aude Senez.
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Des tarifs plus élevés
Ces produits relèveraient plutôt de l’argument marketing que de produits nutritionnellement intéressants. Ils sont, par ailleurs, souvent vendus plus cher que leurs équivalents classiques. Comptez 5,33 euros le kilo pour des pâtes enrichies en protéines (vendues en format de 400 grammes, contre 500 grammes habituellement) contre 1,83 euro pour la version traditionnelle de la même marque, ou encore du fromage protéiné en tranches à 18,67 euros le kilo contre 9,25 euros le kilo pour du fromage en tranches classique.
Pour ajouter des protéines dans notre assiette, Aude Senez recommande de se tourner vers des produits plus bruts : « on en trouve dans les œufs, le poisson, le poulet, le fromage, les yaourts, fromage blanc et skyr pour les protéines animales mais aussi dans les lentilles, pois chiches et autres légumes secs, amandes et fruits à coque pour les végétales : les possibilités sont nombreuses », rappelle-t-elle.
Enfin, inutile de transformer chaque repas en chasse aux protéines. « L’excès n’est jamais bon », rappelle la professionnelle. Une consommation importante peut notamment être mal tolérée sur le plan digestif chez certaines personnes, provoquer des ballonnements. La vigilance est également de mise chez les personnes souffrant de problèmes rénaux. Avant de se laisser séduire par la promesse des marques, mieux vaut regarder la composition et, surtout, ne pas oublier les aliments simples qui permettent déjà de couvrir naturellement nos besoins.
Foodwatch : les 10 produits passés au crible
Dans son enquête publiée le 22 septembre, Foodwatch a passé au crible 10 produits mettant en avant leur teneur en protéines. Parmi les références analysées : les barres Protein chocolat & cranberries de Nature Valley, les céréales Lion Protein de Nestlé, une salade de pâtes High Protein de Carrefour Sensation, une boisson Hipro de Danone, une boisson lactée protéinée de Lactel ou encore les Wasa Protein+.
L’association relève la présence, selon les références, de différents marqueurs d’ultratransformation et souligne que l’argument « riche en protéines » ne dit rien, à lui seul, de la qualité nutritionnelle globale d’un produit. Elle note également des écarts de prix importants entre certaines versions classiques et leurs déclinaisons protéinées.


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