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Congelcam et quotas d’importation : où est l’aquaculture locale ?

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Vingt ans de domination sur le poisson importé, et toujours pas de programme d’aquaculture visible. Quand l’État réduit les quotas d’importation, Congelcam prévient d’une pénurie et d’une flambée des prix. La FOCACO, elle, répond par une question simple : que fait ce groupe pour la production locale ? Le sujet divise, et il est loin d’être clos.

Un géant du poisson importé

Importateur, grossiste et détaillant, Congelcam contrôlerait près de 80 % des importations de poisson au Cameroun, selon les chiffres avancés par la FOCACO. Ces importations pèseraient environ 230 milliards de FCFA par an. Le groupe est aussi présenté comme l’une des grandes fortunes du pays, voire la cinquième selon certaines agences, mais ce classement n’est pas officiel.

Le poisson vient en partie de Mauritanie et de Chine. Selon la FOCACO, près de 573 tonnes de poisson chinois auraient pris le chemin du Cameroun en 2025, un chiffre que nous n’avons pas pu recouper.

Le truc, c’est que le Cameroun a l’Atlantique, des rivières, de la place pour des fermes piscicoles. Et pourtant, aucun grand programme porté par Congelcam n’a émergé en deux décennies. Aucun mécanisme de financement pour de jeunes pisciculteurs non plus, à notre connaissance.

Le groupe n’a pas, à ce stade, publié de réponse détaillée à ces reproches.

Payer ses impôts ne suffit pas

Ce qui fâche la FOCACO, c’est le réflexe. Dès que les quotas baissent, l’alerte est lancée. Mais une entreprise est-elle citoyenne parce qu’elle règle ses impôts ?

Difficile de ne pas y voir un vrai débat de fond : une entreprise de cette taille peut-elle vivre uniquement de l’import, quand le poisson coûte parfois plus cher que le poulet sur les marchés de Douala ou de Yaoundé ? Franchement, la question dépasse Congelcam. Elle concerne toute la politique d’import-substitution.

La FOCACO demande quatre choses : maintenir la réduction des quotas, publier les quotas réels des 34 importateurs agréés, faire appliquer la loi sur le cumul d’activités, et verser 20 % des droits de douane du poisson à un Fonds national de développement de l’aquaculture. Elle tend aussi la main à Congelcam pour investir dans la pisciculture locale.

Le MINCOMMERCE n’a pas commenté ces demandes à ce stade.

Reste à savoir si Congelcam saisira cette main tendue. Tant que les quotas réels ne seront pas publiés, le débat restera fumeux.

Laurent Diby

Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]

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