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« Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau. » (Alexis de Tocqueville)
« Les générations sont solidaires à travers les sottises. » (Jacques Bainville)
Le conflit des générations a toujours existé. Nos grands auteurs en parlaient déjà au XVIIIe et au XIXe siècle. Dans sa Lettre à la jeunesse (1) Émile Zola, ce donneur de leçons, ancêtre de la gauche-caviar, écrivait ceci : « Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Si tu te sens indépendante, si tu peux aller et venir à ton gré… c’est que tes pères ont donné de leur intelligence et de leur sang… Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. La dictature est au bout… ». Le phénomène n’est donc pas nouveau : depuis toujours les adultes, les gens d’âge mûr se veulent moralisateurs envers une jeunesse insouciante qui se moque de leurs conseils et les considère comme des fossiles radoteurs. Mais sous Macron, on ne peut plus parler de conflit des générations ; ça tourne carrément à la guerre ouverte. Il divise pour régner. Il braque les Franco-Maghrébins contre les Gaulois, les invertis contre les hétérosexuels, les Noirs contre l’ex-colonisateur blanc, les urbains contre les ruraux, et… les jeunes contre les retraités.
Pourtant, on aurait pu penser que ce jeune avorton narcissique aimait les vieux ou plutôt les vieillasses. Son épouse légitime pourrait être sa mère et plusieurs de ses ministres sont (ou étaient) de vieilles haridelles : Élisabeth Borne, Nicole Belloubet, Mireille Pénicot, Sylvie Goulard, Roselyne Bachelot, Catherine Vautrin, etc. La liste de ces dames ne saurait être exhaustive.
Macron s’est aussi entouré de quelques vieux, de types aussi insignifiants qu’incompétents, d’invertis et de donzelles jeunes et assez méprisantes à l’égard des gens âgés. Je pense par exemple à Aurore Bergé, cette nunuche satisfaite qui, avec ses lunettes de hibou, aimerait qu’on la prenne pour une intello, et qui a déclaré que « les retraités gâtaient trop leurs petits-enfants », qu’il ne fallait pas qu’ils oublient « qu’ils sont en fin de vie » et qu’ils devraient « faire un effort intergénérationnel (quel charabia !) envers les jeunes ». Nous, les retraités, nous sommes devenus les nouvelles têtes de Turc d’un système qui a besoin de trouver des boucs émissaires pour cacher son incompétence dans tous les domaines. Ceci peut se comprendre à condition que nous ne nous fassions pas complices de ce qui se trame or, ce qui me fait bondir, c’est que les retraités ont voté massivement pour Macron et que ces imbéciles se mettent eux aussi à faire repentance et à battre leur coulpe.
Selon un sondage récent de l’IFOP, 52 % des retraités se disent favorables à une baisse de leur pension pour réduire la dette du pays. Comme pour l’écologie punitive, les discours sur la nécessaire rigueur budgétaire ont infusé chez les seniors. Et, au nom de l’égalitarisme et du nivellement par le bas, six retraités sur dix estiment que le niveau de vie des actifs devrait être supérieur au leur. Sur RMC, dans l’émission Les Grandes Gueules du mercredi 15 avril, un cadre s’indignait que certains retraités affichent un niveau de vie supérieur à celui des ouvriers ou des cadres en activité. La lutte des classes ne leur suffit plus ? Il leur faut maintenant s’attaquer à la génération des boomers. Nous serions des privilégiés, des nantis et des égoïstes indifférents aux difficultés des travailleurs.
Or cette génération, c’est celle des soixante-huitards, mais c’est aussi la mienne.
Je ne parlerai pas, ici, de l’héritage de mai 68 tant il est calamiteux ! Mai 68, c’est une colère d’enfants gâtés, de gosses de riches, quand 20 % des jeunes accédaient aux études supérieures. Cette chienlit, comme disait De Gaulle, n’a concerné qu’une infime partie de la population, mais ses conséquences ont été désastreuses pour le pays. Il est indéniable que certains soixante-huitards, devenus les éléphants du Parti socialiste, ont été enrichis, embourgeoisés par Mitterrand ; que d’autres ont bâti des fortunes confortables dans des métiers dans lesquels on ne transpire pas beaucoup : la pub, la communication, la sociologie, la psychologie, etc. Mais ceux-là, comme disait Michel Audiard, ne sont pas « la majorité de l’espèce, comme les poissons-volants ».
Intéressons nous aux autres. Ceux – dont je fais partie – qui auront travaillé toute leur vie.
J’ai attaqué la vie active au tout début du premier choc pétrolier qui a bouleversé le monde économique. Ce choc pétrolier s’est traduit par un ralentissement conjoint de la croissance ET de la productivité. C’était la fin des Trente Glorieuses, le début des quarante piteuses (lesquelles sont devenues calamiteuses !). C’est à partir de là que le chômage dit structurel s’est installé durablement en France. Le président Georges Pompidou craignait des émeutes si le chômage venait à dépasser les 300.000 personnes. Notre génération l’a vu monter à 2, puis 3, puis 4 millions (2). On ne sait plus ! Le socialisme larvé de Giscard d’Estaing, le socialisme assumé de Mitterrand, et la course à toujours plus d’Europe de tous nos dirigeants ont eu raison de notre industrie et, par là même, de notre économie. Depuis Giscard, la France n’a plus connu un budget en équilibre. Nous ne produisons quasiment plus rien, en dehors du luxe, de l’aéronautique et de l’armement lourd. Nos mines ont fermé les unes après les autres, les hauts fourneaux de nos aciéries aussi. Depuis les années 1980, notre industrie a détruit des millions d’emplois. La classe ouvrière n’existe quasiment plus. Pour éviter des charges ou des impôts trop élevés, ou des normes drastiques – techniques ou environnementales – imposées par Bruxelles, nos industriels ont préféré délocaliser leur production.
Et, tandis que la classe ouvrière allait pointer à l’ANPE (3), la France, avec le regroupement familial de Giscard, laissait rentrer massivement sur son sol une immigration attirée par nos aides sociales généreuses, sans parler de l’immigration clandestine qu’on est bien incapable d’endiguer, de contrôler ni même de quantifier. Nous vivons une invasion qui ne dit pas son nom.
Qu’il est facile à la jeune génération, dont l’ambition se limite souvent aux loisirs ou à faire du cocooning chez papa-maman, celle des 35 heures, du smartphone et des réseaux sociaux, de nous traiter de privilégiés. S’imagine-t-elle que tout a été rose, que tout a été facile, pour nous ?
Je ne cherche absolument pas à me faire plaindre mais, depuis ma prime jeunesse, j’ai mal à la France. On m’a appris à souffrir en silence, comme s’il s’agissait d’une maladie vénérienne. Être amoureux de ses racines est plutôt mal vu à l’époque de la France multiraciale, de l’Europe à 27 et de la mondialisation de l’économie. Je souffre aussi de voir mon pays devenir une colonie de peuplement de ses anciens colonisés qui, bien souvent, nous détestent. Depuis un demi-siècle, notre douce France, terre des arts, des armes et des lois, chère à du Bellay, est devenue une réserve indienne : chaque année, 80 millions de touristes viennent visiter – admiratifs ou effarés – notre pays peuplé de 68 millions d’habitants dont 5 millions de fonctionnaires, environ 7 millions d’allocataires des minima sociaux, et des milliers d’hectares de friches industrielles, tristes témoins d’une époque où tout ce que nous consommions n’arrivait pas de Chine, d’Inde, du Vietnam, du Bengladesh, de Roumanie ou d’ailleurs. Personnellement, je reste un nostalgique du made in France.
Durant toute ma vie, j’ai vu mon pays se déliter, perdre ses emplois, ses repères, ses valeurs. Certains quartiers sont devenus des ghettos aux mains de dealers allogènes, et les Français de souche en ont été chassés. Nous avons (re)découvert l’ensauvagement et la barbarie. Jadis, nos aïeux se battaient pour un idéal : leur fief, leur Dieu, leur Roi, leur patrie, leurs frontières. Notre pays a été sacrifié, immolé, sur l’autel des banquiers apatrides, des européistes forcenés et de l’économie mondialisée. Une reddition sans combattre, une capitulation honteuse !
Mais certains crétins me disent encore que, pour nous, tout était plus facile. Nous avons connu, pour beaucoup, des années de pensionnat (j’étais enfant de troupe à 11 ans), suivies d’un passage sous les drapeaux plus ou moins viril ; parfois des journées de travail de 10 ou 12 heures, des semaines de 60 heures (avant que la France socialiste ne devienne une feignasse qui ne veut plus bosser), avec, dans le secteur privé, la menace quasi permanente du chômage…
Mais, je ne saurais me plaindre : ma vie professionnelle n’a pas toujours été une partie de plaisir mais elle m’a permis de voyager et elle n’était pas monotone : pour moi, la vie ne doit pas être un long fleuve tranquille sinon elle devient vite ennuyeuse ! J’étais souvent sur les routes, du lundi au vendredi, mais je faisais un métier passionnant. De plus, je n’ai pas connu le chômage. Et pourtant, dans mon secteur d’activité – l’assurance – en raison des rachats, fusions, absorptions, regroupements de sociétés (dus, entre autres choses, aux marges de solvabilité imposées par Bruxelles) beaucoup de mes collègues se sont retrouvés sur le sable à 50 ou 55 ans.
D’autres sont allés de plans sociaux en CDD jusqu’à une retraite minable car amputée de plusieurs trimestres. Pour moi, l’âge légal de la retraite ne veut pas dire grand-chose : je n’aurais eu aucun mal à travailler jusqu’à 65 ans et plus si mon employeur, comme tant d’autres, ne m’avait pas offert un placard doré pour me pousser à partir. Cadre-sup, j’ai pris ma retraite avec les 60 % de mon dernier salaire offerts par l’AGIRC-ARRCO après 143 trimestres de labeur. En activité, je ne payais pas ma voiture, son carburant, mes assurances, ma complémentaire-maladie (ni le gîte et le couvert quand j’étais à l’extérieur), j’ai donc appris à vivre avec en gros la moitié de mes revenus d’actif. Ce n’est pas le Pérou mais on s’y fait très bien. Je pense pourtant ne pas être (ou avoir été) un privilégié. Disons que ma génération, dans ses jeunes années, aura eu un peu plus de liberté que la suivante : nous ne connaissons le diktat des minorités (féministes, racialistes, LGBT, écologistes, etc.) que depuis le début des années 80 (4). Mais, si j’en crois les sondages, une majorité de jeunes se satisfait pleinement d’une France multiculturelle, bigarrée, écolo, invertie et islamisée.
L’Éducation nationale s’est chargée de lui inculquer que le métissage – racial ou sexuel – c’est l’avenir et que les seuls dangers qui attentent aux valeurs ripoux-blicaines sont le populisme et le nationalisme. L’ennemi, en fait, c’est le mâle blanc. Mais je plains, sincèrement, de tout mon cœur, la jeunesse qui partage encore mes valeurs. Elle n’a pas fini de souffrir ! En revanche, j’appelle à un peu de jugeote les jeunes crétins qui critiquent les seniors et jalousent leurs revenus (vrais ou supposés). Sachant qu’une génération, c’est 25 ans, avec la Loi Veil de 1975 légalisant l’Interruption Volontaire de Grossesse, c’est presque deux générations qui ont été sacrifiées : à raison de 220 à 230.000 IVG par an, la France aura tué légalement 10 millions de petits Français. Et ne nous voilons pas la face : la diversité ne pratique pas d’avortements de confort. Sachant qu’il rentre environ 4 à 500.000 immigrés – toutes causes confondues – en France chaque année, le remplacement de population est en bonne voie ! Dans quelques années le mâle blanc sera minoritaire dans son propre pays mais je ne serai plus là pour voir ça.
Éric de Verdelhan
1) Lettre à la jeunesse d’Émile Zola, publiée en 1897
2) Le traitement social du chômage permet de minorer les chiffres et de leur faire dire ce qu’on veut. Mais la France compte environ sept millions de pauvres et d’allocataires des minima sociaux.
3) Agence Nationale Pour l’Emploi : l’ancêtre de Pôle Emploi
4) Encore que la loi Pleven date de 1972. Elle annonçait toute une série de lois liberticides.





























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