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« C’est n’est pas possible d’être aussi con ! »
Vive réaction du lieutenant-général à la retraite Keith Kellogg qui, vendredi, a condamné vertement le soldat américain accusé d’avoir frauduleusement misé en ligne sur l’opération militaire menée contre le président vénézuélien Nicolás Maduro et à laquelle il participait. Le stratagème lui a permis d’empocher des milliers de dollars.
Kellogg, qui a été l’envoyé spécial de Donald Trump en Ukraine jusqu’en janvier, a appelé au passage à des sanctions sévères contre le militaire de 38 ans — Gannon Ken Van Dyke, c’est son nom — espérant qu’il soit poursuivi « avec toute la rigueur de la loi », a-t-il dit dans une entrevue accordée vendredi matin à News Nation.
La condamnation n’est toutefois pas unanime dans la sphère politique américaine. Jeudi soir, la représentante républicaine de la Floride, Anna Paulina Luna, a plutôt réclamé la clémence du président. « Ce n’est peut-être pas une opinion populaire, mais je demande que cet homme soit grâcié », a-t-elle écrit sur X. « À moins que le département de la Justice n’ait l’intention de s’attaquer à tous les membres du Congrès impliqués dans des délits d’initiés, [une condamnation] représenterait simplement une injustice flagrante. »
Jeudi, Gannon Ken Van Dyke, soldat stationné à Fort Bragg, en Caroline du Nord, qui a participé à la planification de l’opération militaire visant Nicolás Maduro au début de l’année, a été inculpé de cinq chefs d’accusation, pour violation de la loi sur les échanges de matières premières (Commodity Exchange Act), fraude électronique et transaction financière illégale.
Selon le département de la Justice, l’homme aurait créé un compte sur le site de paris en ligne Polymarket fin décembre et utilisé des informations confidentielles pour miser environ 33 000 $US, entre le 27 décembre et le 2 janvier, sur l’opération américaine visant à faire chuter le dictateur vénézuélien.
Lancé le 3 janvier, le raid américain a conduit à la capture spectaculaire de Maduro et de son épouse Cilia Flores. Ils ont été extradés vers les États-Unis pour y être jugés pour narcoterrorisme.
Selon l’acte d’accusation, Van Dyke aurait remporté ses paris, empochant ainsi 409 881 $US. La majeure partie de la somme a été transférée vers un coffre-fort de cryptomonnaies à l’étranger avant d’être déposée sur un compte de courtage en ligne nouvellement créé.
Le militaire américain aurait également tenté de dissimuler son identité lorsque ses transactions ont commencé à attirer l’attention en demandant à Polymarket de supprimer son compte le 6 janvier. Il a également changé l’adresse électronique enregistrée sur sa plateforme d’échange de cryptomonnaies pour en utiliser une ne mentionnant pas son nom, résume le bureau du procureur fédéral.
« Il s’agit là d’un délit d’initié flagrant, illégal en vertu de la loi fédérale », a résumé Jay Clayton, procureur fédéral du district sud de New York, dans un communiqué. « Ceux qui sont garants des secrets de notre nation ont le devoir de les préserver, et non de les utiliser à des fins d’enrichissement personnel. »
Le cas Van Dyke place les élus américains en porte-à-faux, eux qui depuis plusieurs mois s’entendent sur une réforme des règles entourant les transactions financières que peuvent effectuer des politiciens et des représentants de l’État ayant accès à des informations confidentielles, mais divergent sur le mode opératoire.
Le mois dernier, un groupe de démocrates de la Chambre des représentants a déposé un projet de loi visant à interdire au président, au vice-président, aux membres du Congrès, aux candidats à une fonction fédérale, ainsi qu’à leurs conjoints et personnes à charge, d’acheter et de vendre des actions. Les républicains appellent pour leur part à un peu plus de souplesse.
Depuis le début de sa présidence, Donald Trump a multiplié les grâces présidentielles, dont plusieurs ont été promues en amont par des campagnes en ligne soutenues par des élus et des personnalités publiques. Dans la liste des criminels ayant profité de son régime de clémence se trouvent des dizaines de personnes condamnées pour fraudes électroniques, délits d’initiés et blanchiment d’argent. Entre autres.


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