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Condamné à 10 ans de réclusion en 2023, le rugbyman Chérif Bekkal continue de clamer son innocence et espère un aménagement de peine prochainement.
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Par Clément Mazella Publié le 13 mai 2026 à 18h00
Il nie, toujours. Derrière les barreaux du centre de détention en Rhône-Alpes où il est incarcéré, Chérif Bekkal, rugbyman professionnel, dément en bloc les faits de « viol, agression sexuelle et extorsion » pour lesquels il a été condamné à 10 ans de réclusion. Le joueur continue son combat : faire entendre sa parole, et bénéficier d’un aménagement de peine. Pour retrouver un travail et rejouer au rugby, sa passion. À 37 ans, « il est plus en forme que jamais, il s’entraîne comme un malade », témoigne son entourage auprès d’Actu Rugby. « Mais pour sortir, c’est l’enfer ! ».
Un procès qui s’est tenu 8 ans après les faits
« S’il avait été jugé dans un délai raisonnable, il ne serait plus en prison aujourd’hui », peste l’un des membres de sa famille. Les faits reprochés remontent à avril 2015, et cette soirée où Chérif Bekkal, alors joueur d’Aubenas, fêtait son anniversaire dans une discothèque à Narbonne.
Un Audois d’une vingtaine d’années a accusé le rugbyman, ancien meilleur marqueur de Fédérale 1, d’agressions sexuelles, de violence et d’extorsion de fonds, après avoir été forcé de prendre sa voiture pour l’amener dans une maison close à la Jonquera.
L’arrière, passé aussi par Grenoble et Mâcon, a nié les faits et clamé son innocence.
Mis en détention, il a été libéré par son avocat de l’époque, Maître Éric Dupond-Moretti, et placé sous contrôle judiciaire en octobre 2016 (placé sous mandat de dépôt en 2022 pour non-respect du contrôle judiciaire, NDLR). Son procès devant la cour d’assises de Perpignan s’est ouvert en mars 2023. 8 ans après les faits.
Un physique de « bulldozer » qui n’a pas joué en sa faveur
Ses avocats d’alors, Mes Archibald Celeyron et Gaspard Cuenant, s’étaient battus pour obtenir son acquittement, Chérif ayant toujours nié tout viol. « Il n’y a pas eu de « non ». […] Le viol n’est constitué que si la personne qui impose un acte sexuel est consciente de l’imposer », avaient martelé les conseils du rugbyman.
La victime a été retrouvée prostrée au péage de Perpignan, et a évoqué « un voyage de l’enfer ». L’avocate générale, elle, avait requis 12 ans. 10 ans ont finalement été prononcés contre un Chérif Bekkal abasourdi à l’énoncé du verdict.
« La justice n’a rien voulu savoir. C’est parole contre parole face à une personne qui se présente le jour du procès sans avocat et avec 2h de retard », déplore l’entourage de Bekkal.
« Son physique a joué contre lui », estiment ses proches. En 2015, le rugbyman est « un bulldozer » d’environ 100 kilos : un argument sur lequel s’est appuyée l’avocate générale pour souligner le rapport de domination induit par le physique imposant de l’accusé.
"L'accusé dit avoir été violé sur une aire d'autoroute : pourquoi aucune caméra ne montre ça ? Des témoins clé sont revenus sur leur déposition en pleine cour d'assises. Des témoins appelés par la justice ne se sont pas présentés. Des preuves ont aussi été très mal interprétées. Enfin, pourquoi le doute ne profite-t-il pas à l'accusé ?"

Une affaire qui n’a cessé de mettre des bâtons dans les roues de Cherif Bekkal
Depuis 2015, Chérif Bekkal, marié et père de deux enfants, a tout vu se dérober sous ses pieds. Malgré un statut de présumé innocent, les regards ont changé à son égard. Les clubs de rugby, eux, ont alors eu du mal à lui tendre la main en raison des faits reprochés.
« Un jour, Chérif a été convoqué par le président de Provence Rugby. Mais à la fin de l’entretien, il lui a signifié qu’il n’allait pas pouvoir le recruter car ça allait poser problème aux sponsors. Et quelques mois après (en 2019, NDLR), ce club signe le talonneur de Grenoble qui était accusé de viol (Loick Jammes a écopé en 2026 de 14 ans de réclusion pour des faits de viol en réunion d’une jeune femme, NDLR) », peste un de ses proches.
L’espoir fait toujours tenir debout Chérif Bekkal. Cet espoir d’obtenir prochainement un aménagement de peine sous contrôle judiciaire (la demande officielle n’a pas encore été déposée, NDLR). « S’il est dehors, il pourra travailler, mais aussi jouer au rugby », souligne son entourage, qui n’a jamais lâché l’homme âgé aujourd’hui de 37 ans.
Deux demandes de permission de sortie ont été déposées par Cherif, lesquelles ont été refusées car les éléments transmis par son conseil pour soutenir sa demande n’ont pas été pris en compte par la juge et l’administration pénitentiaire. « Nous estimons que sa situation et sa personnalité sont injustement évalués », a réagi auprès d’Actu Rugby Maître Charlotte Chabosy. Par ailleurs, une requête en aménagement de peine est en cours.
« Ce qui lui a fait mal, c’est d’avoir perdu beaucoup de monde, d’amis. Chérif a été sali, il n’a plus rien, mais il n’en démord pas et ne lâche pas : il est innocent », jure un membre de sa famille. « Pour sortir, c’est l’enfer. Mais Chérif est en forme, il est même prêt à rejouer. Et il espère vraiment qu’un club saura lui accorder une chance et le regarder tel qu’il est ».
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