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La ville de Moncton au Nouveau-Brunswick occupe le troisième rang sur huit villes au pays pour ce qui est du niveau mesuré de méthamphétamine par habitant dans les eaux usées, selon Statistique Canada.
Quand on pense à Moncton, ce qu’on retrouve, c’est une concentration élevée au niveau de la méthamphétamine et de la cocaïne, souligne le directeur du centre d’intégration des données sur la santé et des mesures directes chez Statistique Canada, Sylvain Tremblay, interviewé jeudi à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.
Prince Albert et Saskatoon en Saskatchewan occupent respectivement les première et deuxième positions. Il s’agit des résultats de l'Enquête canadienne sur les eaux usées, de Statistique Canada, couvrant la période de janvier 2024 à mars 2026.
Les niveaux relativement élevés à Moncton concordent avec les données indiquant que la méthamphétamine était en cause dans près des deux tiers (63 %) des décès par intoxication aux stimulants au Nouveau-Brunswick en 2024; cette proportion était la plus élevée parmi les provinces de l'Atlantique, peut-on lire dans le communiqué de Statistique Canada publié mardi.
Utilité et limites de l’étude
L’étude repose sur l’analyse en laboratoire d’échantillons d’eaux usées prélevés dans les usines de traitement des villes participantes pendant sept jours consécutifs au cours de la deuxième semaine du mois à un intervalle de deux mois.
Ça nous donne un son de cloche rapide des profils de consommation de drogues qui peuvent venir aider les autorités de la santé publique et de la sécurité publique à appuyer leurs programmes, appuyer leurs interventions, estime Sylvain Tremblay.
La prise d’échantillons la plus récente à Moncton au cours de la période couverte par l'enquête remonte à janvier 2026 (celle de mars 2026 n’est pas disponible). La charge de méthamphétamine par 1000 habitants était alors de 1445,97 milligrammes à Prince Albert, de 1247,30 milligrammes à Moncton et de 60,39 à Halifax, seule autre ville participante en Atlantique.
Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick reconnaît que ces données sont préoccupantes pour les communautés. Le ministère continue de surveiller les tendances en matière de consommation de substances et les informations de santé publique connexes au Nouveau-Brunswick, dit-il dans une déclaration transmise à Radio-Canada.

Statistique Canada publie les résultats de son enquête sur les eaux usées depuis 2018. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
L’étude ne tient pas compte des changements dans la population, comme le tourisme, l'afflux lors de grands événements ou les décès.
C’est une source de données complémentaires. On ne peut pas se fier seulement à ça parce qu’il y a très peu de détails au niveau des comportements des consommateurs, du profil démographique, mais ça donne un son de cloche très rapide sur une grande population, affirme Sylvain Tremblay.
Moncton récemment ajoutée à l’étude
L’étude des eaux usées mesure aussi les niveaux des produits suivants : amphétamine, cannabis, cocaïne, codéine, fentanyl, ecstasy, méthadone, morphine et oxycodone.
Les villes participantes sont Halifax, Moncton, Montréal, Toronto, Prince Albert, Saskatoon, Edmonton et la région métropolitaine de Vancouver. Donc, au total, on couvre 9 millions de Canadiens et Canadiennes à travers le pays, précise M. Tremblay.
Les données de Moncton ne portent que sur six mois, soit de mars 2025 à janvier 2026, parce que cette ville est la plus récente ajoutée au groupe.
Avec des renseignements de Sam Farley de CBC


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