NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Churchill Falls continue de diviser Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. Après des décennies de litige, les deux provinces semblaient pourtant s’être réconciliées il y a un peu plus d’un an. Mais un nouveau rapport vient de relancer la discorde. Voici quelques clés pour comprendre la situation.
L’entente semblait scellée. Pourquoi le débat est-il relancé ?
En décembre 2024, Québec et Terre-Neuve-et-Labrador ont signé un « protocole d’entente » pour le renouvellement du contrat de Churchill Falls. L’entente annoncée en grande pompe devait mettre fin à des années d’amertume du côté de Terre-Neuve-et-Labrador, qui s’estimait lésée par le contrat initial de 1969 qui permettait à Hydro-Québec d’acheter l’hydroélectricité de Churchill Falls au rabais.
Or, la nouvelle entente — qui prévoyait une bonification du prix payé, l’agrandissement de la centrale de Churchill Falls et la construction d’une nouvelle centrale à Gull Island — n’était pas coulée dans le béton.
« L’erreur qui a été faite, c’est que cette entente a été négociée trop dans le secret », fait valoir le professeur Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. « Dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, ça a mené à une petite crise politique. Ça a alimenté les suspicions, ce qui a poussé les conservateurs à étudier le dossier à nouveau », poursuit-il.
Pourquoi des experts terre-neuviens jugent-ils l’entente insatisfaisante ?
Mardi, un comité d’experts nommé par le gouvernement terre-neuvien a remis un rapport défavorable à l’égard de l’entente de principe. Tony Wakeham, l’actuel premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, ne souhaite pas déchirer l’accord, mais il voudrait l’améliorer.
Le rapport mentionne plusieurs raisons pour lesquelles l’entente actuelle ne servirait pas les intérêts de Terre-Neuve-et-Labrador. Il est notamment question de la durée de l’entente, qui s’étale sur 50 ans. « Le rapport dit que c’est une durée inhabituelle. Mais c’est parce que c’est une situation inhabituelle. Le Labrador, c’est un coin du monde qui est assez reculé. Pour développer des infrastructures là-bas, il faut prendre des risques importants. Donc, il faut se donner le temps de rentabiliser l’investissement », rétorque M. Pineau.
Autres points soulevés : Terre-Neuve souhaiterait avoir accès à une plus grande part de la nouvelle électricité produite et demanderait une plus grande capacité d’exportation des surplus, relève Normand Mousseau, directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier à Polytechnique Montréal. « En gros, ça voudrait dire que ce serait à Hydro-Québec de financer des lignes supplémentaires pour permettre à Terre-Neuve de vendre son électricité », explique l’expert.
Qu’en pensent, en contrepartie, des experts québécois ?
« Je ne crois pas que l’entente actuelle soit inéquitable. Je pense que c’est une bonne entente des deux côtés », fait valoir M. Mousseau. Selon lui, la marge pour renégocier l’entente est très limitée. « À un moment donné, pour Hydro-Québec, le risque de s’engager dans ces investissements-là va devenir trop grand », dit-il.
Pierre-Olivier Pineau estime qu’au bout du compte, il revient « aux gens de Terre-Neuve-et-Labrador de décider ce qu’ils veulent faire : prendre beaucoup de risques, quitte à manquer leur coup, ou développer leur hydroélectricité de manière beaucoup plus certaine ».
Selon M. Pineau, le rapport terre-neuvien omet de mentionner les risques inhérents au développement de centrales hydroélectriques. « Le rapport prend pour acquis que Terre-Neuve-et-Labrador pourrait développer elle-même ses ressources et que la demande future serait là de toute façon », souligne l’expert, qui émet de sérieux doutes là-dessus.
Le professeur rappelle le fiasco économique entourant la construction du barrage hydroélectrique de Muskrat Falls, lequel « a coûté trois fois plus cher que prévu », a subi des retards de plusieurs années et a requis l’aide du fédéral. « Ce n’est pas un historique de succès », souligne M. Pineau.
Y a-t-il des risques à repousser la signature de l’entente ?
« Ce n’est pas forcément une mauvaise chose de repousser à plus tard, parce que si on construit sur de mauvaises bases, c’est pas non plus une bonne option », croit M. Pineau.
De son côté, M. Mousseau rappelle toutefois que les coûts de construction risquent d’augmenter avec le temps. « Le problème, c’est que chaque année qui passe, ce sont des investissements de moins, des coûts additionnels pour construire ces infrastructures. Ça va rendre le déploiement plus difficile », estime le professeur.
Ensemble, soutenons la réflexion
Média rigoureux et lucide, Le Devoir ne se contente pas de relater les faits.
Nos journalistes vous offrent les clés pour mieux comprendre l'actualité
d'ici et d'ailleurs. En soutenant notre mission, vous assurez la pérennité
d'un journalisme indépendant, exigeant et engagé.


3 week_ago
94


























.jpg)






French (CA)