«Dans cette affaire hors norme, il n’a pas été facile de proposer une peine. Il y a tout un contexte, beaucoup d’émotions. Mais ça reste un meurtre.» Dans son réquisitoire mercredi au Tribunal d’arrondissement de Lausanne, l’embarras du procureur Stephan Johner face à la complexité de ce procès est à l’image de l’affaire dans son ensemble. La mort d’une mère et de sa fille handicapée, la première par suicide, la seconde tuée juste avant par celle-ci avec les mêmes moyens, à l’été 2020.
Si André* comparaît pour complicité de meurtre, l’auteure du geste fatal – qui aurait pu être qualifié d’assassinat, selon l’avocate du père de la victime Me Charlotte Iselin – n’est plus là pour en répondre. Atteinte d’un cancer incurable, Irène* a en effet choisi de se donner la mort, et d’administrer les mêmes substances à sa fille atteinte d’un handicap, estimant que personne n’en prendrait correctement soin après sa disparition. «De quel droit s’est-on permis de lui ôter la vie?, a interrogé le procureur. Il s’agissait d’un geste égoïste sans considération pour les proches, le père, la fille elle-même. Et le prévenu les a ignorés lui aussi.»


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