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Comment Vladimir Poutine a réussi à "retourner" Donald Trump

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Vladimir Poutine a réussi à convaincre Donald Trump qu’il valait mieux faire des affaires avec la Russie que soutenir l’Ukraine. En un an seulement, la relation entre les deux dirigeants a complètement changé. Un mot explique tout : le pétrole.

Publié le 23/10/2026 07:43

Temps de lecture : 2min

Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontrent sur une base aérienne américaine en Alaska pour discuter de la guerre en Ukraine, le 15 août 2025. (Contributor / Getty Images North America) Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontrent sur une base aérienne américaine en Alaska pour discuter de la guerre en Ukraine, le 15 août 2025. (Contributor / Getty Images North America)

Le 22 octobre 2025, il y a quasiment un an jour pour jour, Donald Trump imposait de lourdes sanctions aux deux plus gros producteurs de brut russe, Rosneft et Lukoil. Objectif : priver Vladimir Poutine de ses revenus pour le contraindre (enfin !) à négocier sur le dossier ukrainien. Un an plus tard, le scénario s’est complètement inversé. À l’approche des élections de mi-mandat, qui s’annoncent difficiles (voire catastrophiques) pour les républicains, la souveraineté ukrainienne est passée à la trappe. La Maison Blanche n’a plus qu’une obsession : faire baisser le prix des carburants à la pompe. Et le président russe a compris qu’il pouvait en tirer profit..

Il a donc tendu un piège à Donald Trump : en proposant, le 9 octobre, de remettre du gazole sur le marché mondial - pour permettre aux Américains d'en bénéficier. C'était inespéré. Le locataire de la Maison Blanche saute sur l’occasion, et pour permettre ces exportations, il suspend - jusqu'en avril 2027 - différentes sanctions en vigueur contre la Russie.

En Ukraine, Moscou poursuit sa guerre d'agression. Mais l’étau économique se desserre et de nouvelles perspectives commerciales se dessinent avec Washington : on commence à parler d'exportations d'engrais russes vers les États-Unis, de projets énergétiques communs dans l'Arctique ou sur des centres de données... Exactement ce que cherchait Vladimir Poutine : normaliser les relations avec Washington, sortir de son isolement international sans qu'on lui demande d'abord de mettre fin à la guerre.

Aujourd'hui il gagne sur les deux tableaux et en échange, ne fait aucune concession. Certes il a accepté la libération de Stephen Hubbard, un Américain de 74 ans qui était détenu depuis plus de quatre ans en Russie. Mais ça ne lui a pas coûté grand-chose. Cette libération l'a surtout aidé à flatter Donald Trump et à le faire basculer.

Comme prévu, le président américain fait de cette libération un succès personnel. Il écrit même sur son réseau social, triomphant, que Vladimir Poutine a fait cela "par respect" pour lui, quand son envoyé spécial, Steve Wittkoff, n'hésite pas à qualifier le dirigeant russe d'"humaniste". Le mot est totalement inapproprié, mais le Kremlin savoure le changement de registre. On est loin de mai 2025, quand le président américain disait de Vladimir Poutine qu'il était "complètement fou".

Vladimir Poutine arrive donc à ses fins... au détriment de la paix. Mercredi 21 octobre, le Kremlin se disait prêt "en principe" à reprendre des pourparlers en novembre. Quelques heures plus tard, la Russie ordonnait une frappe massive de missiles et de drones sur l'Ukraine, par ailleurs sommée par la Maison Blanche de cesser ses frappes sur les raffineries russes. "Donnez-moi des missiles de défense antiaérienne, avait répondu le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Je protégerai notre secteur énergétique et je ne frapperai personne."

Kiev compte sur un revers républicain massif aux élections du 3 novembre : Donald Trump aura alors à faire face à un véritable contre-pouvoir, mais aussi à plus de résistance au sein de son propre parti. Son rapprochement avec Vladimir Poutine sera plus difficile à faire passer.

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