Alors que l’été 2026 s’est caractérisé par une succession de vagues de chaleur exceptionnelles, la question de l’adaptation des organismes se pose naturellement. Selon un récent article, notre capacité à supporter les chaleurs extrêmes repose en grande partie sur des mécanismes d’adaptation comportementaux et psychologiques, plutôt que sur une simple prédisposition génétique.
Des leviers physiologiques naturels pour faire face aux canicules
L’Europe a connu une succession de vagues de chaleur exceptionnelles entre la mi-juin et la fin du mois d’août 2026. Malheureusement, ces épisodes ont causé des dizaines de milliers de décès excédentaires dans tout le continent. Par ailleurs, soulignons tout de même que le mois d’août 2026 est le mois d’août le plus chaud jamais mesuré par le service climatique du projet européen Copernicus.
Si les interrogations portent beaucoup sur l’intensification des canicules sous l’effet du réchauffement climatique, d’autres concernent l’adaptation de l’organisme humain. C’est angle est celui de la journaliste scientifique australienne Alice Klein, ayant publié un article complet sur le sujet dans le magazine New Scientist le 5 septembre 2026.
Selon Alice Klein, notre corps dispose de leviers physiologiques naturels pour s’acclimater face aux vagues de chaleur. Cependant, l’utilisation systématique de la climatisation peut freiner ce processus en empêchant notre organisme de s’ajuster. L’intéressée a expliqué qu’il était possible d’agir sur plusieurs niveaux pour mieux affronter et tolérer les fortes températures.
Aider le corps à s’habituer aux températures ambiantes réelles
La journaliste indique qu’exposer de manière modérée et régulière à la chaleur permet au corps de déclencher ses propres mécanismes thermorégulateurs. Il s’agit principalement d’une sudation plus efficace et d’une meilleure régulation du rythme cardiaque. Sans surprise, ceci implique d’éviter de sur-climatiser les intérieurs. Le but ? Aider l’organisme à maintenir son habitude aux températures ambiantes réelles. Alice Klein conseille également de fermer les volets et les rideaux durant la journée afin de bloquer le rayonnement solaire. La nuit, ouvrir en grand permet de générer des courants d’air frais.
Mieux résister aux canicules passe évidemment par des réflexes physiologiques et d’hygiène de vie. L’intéressée conseille notamment de boire idéalement deux litres d’eau par jour, de manière régulière et sans attendre d’avoir réellement soif. Éviter l’alcool est aussi très recommandé. Du côté de l’alimentation, il est intéressant de privilégier des repas légers et riches en eau et donc, comportant beaucoup de fruits et légumes. Le but ici est d’éviter de surcharger l’organisme par une digestion lourde produisant de la chaleur corporelle.
Dans la douche, l’eau tiède est préférable à l’eau glacée. En effet, le froid soudain provoque une vasoconstriction, c’est à dire un resserrement des vaisseaux. Or, ceci pousse le corps à retenir sa chaleur interne plutôt qu’à l’évacuer. Par ailleurs, en cas de pratique sportive intense, le mieux est de reporter ces efforts aux heures les moins chaudes de la journée – tôt le matin ou en soirée.
Crédit : LanaStock / iStock
Acclimatation saisonnière et remise en question du « tout climatisé »
Alice Klein a également évoqué la notion d’acclimatation saisonnière. Selon elle, ceci permet aux organismes à apprendre progressivement à mieux se rafraîchir durant l’été, sous les climats chauds. Vivant au Royaume-Uni mais ayant grandi en Australie où les températures avoisinent souvent les 40°C, la journaliste dit avoir peu souffert des récentes canicules européennes. Autrement dit, les vagues de chaleur extrêmes affectent différemment les individus mais il n’est ici aucunement question de prédisposition génétique. Il est davantage question de perception de la température et d’adaptation physiologique, fortement dictée par l’habitude et le mental.
Dans la mesure où l’acclimatation saisonnière fait en sorte que les canicules de fin d’été ont tendance à provoquer moins de décès que celles de début de saison, la question du « tout climatisé » peut être débattue. Rappelons au passage que si la climatisation fait baisser le taux de mortalité, les dérives sur le plan climatique sont très préoccupantes. En effet, les besoins en climatisation représentent environ 10% de la demande d’électricité mondiale et les rejets de CO2 sont estimés à 1,13 milliard de tonnes par an. De plus, ces chiffres interviennent dans un contexte d’augmentation de la quantité d’équipements en raison de la hausse des températures, un véritable cercle vicieux.


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