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Il en a vu d'autres, Novak Djokovic. Pourtant, ce 15 août à Cincinnati (États-Unis), le détenteur de 24 titres du Grand Chelem s'est effondré en plein match, pris de vomissements. Comme c'est de plus en plus le cas à chaque tournée estivale américaine, l'incident a relancé les critiques sur la programmation de matchs de tennis l'après-midi, en pleine canicule. Deux semaines plus tôt, à Memphis, c'était Ekaterina Alexandrova qui quittait le court sur fauteuil roulant. Des fauteuils roulants qui ont aussi servi au printemps dernier, sur la terre battue pourtant un peu moins chaude de Roland-Garros.
Les courts de tennis en dur captent davantage de chaleur. Ils peuvent atteindre des pics supérieurs de 16 degrés à la température de l'air. Jouer dans ces conditions, sans équilibrer ses apports en eau et en électrolytes, devient dangereux. Dans un monde qui se réchauffe, le tennis repousse les limites physiologiques des athlètes. Depuis quelques années, des scientifiques ont rejoint les abords des courts. Ils mettent au point des approches personnalisées pour aider les sportifs à endurer la chaleur.
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«Le tennis s’impose comme l’un des premiers sports mondiaux à combiner modélisation physiologique spécifique à la discipline, surveillance environnementale en temps réel et modifications réglementaires structurées pour gérer les limites de la dissipation thermique humaine», note Babette Pluim, experte en médecine du sport, auprès du Smithsonian Magazine. Depuis 2025, les instances dirigeantes du tennis ont fixé des règles pour s'adapter aux chaleurs extrêmes: pauses fraîcheur de dix minutes, toits rétractables et même suspension de match au-delà d'une certaine température.
Il faut dire que le risque de fortes chaleurs (avec une température supérieure à 28 degrés) a augmenté dans les quatre villes hôtes des tournois du Grand Chelem (Melbourne, Paris, Londres et New York), selon un récent rapport de Climate Central. Pour l'US Open, le risque est passé de 49% dans les années 1970 à 67% en 2026.
La température, ce nouvel adversaire
Outre les risques graves et bien connus de la déshydratation, la température devient un nouvel adversaire sur le court, comme l'a dénoncé l'Australienne Daria Kasatkina lors du dernier Roland-Garros. Perdre même une fraction de l'eau du corps peut réduire la force de la poigne et la concentration, selon une étude de juillet dernier. D'autres travaux font un lien entre la déshydratation et un ralentissement des réflexes et de la vitesse.
Beaucoup de joueurs de tennis professionnels s'appuient sur les technologies. On peut porter, et même avaler, des capteurs qui surveillent la fréquence cardiaque, le sommeil, la glycémie, l'hydratation, la température corporelle, la transpiration et la masse corporelle. «L'hydratation seule ne suffit pas, indique Kathleen Stroia, vice-présidente de la santé et la performance pour la WTA, l'instance du tennis féminin. La gestion de la chaleur demande une stratégie complète.» Ce qui inclut l'acclimatation à la chaleur, la compensation électrolytique, la nutrition, les stratégies de refroidissement, la récupération et la préparation médicale.
La fédération de tennis américaine recommande une stratégie simple pour préparer n'importe quel match: boire un verre d'eau au réveil, un autre une heure avant de taper la balle, puis quelques gorgées dix minutes avant d'entrer sur le court. Les techniques de «pré-rafraîchissement» valent pour les amateurs comme pour le numéro un mondial Jannik Sinner, connu pour ses crampes dues à la chaleur. À Wimbledon en juin, l'Italien a été aperçu avec un gilet rafraîchissant avant une rencontre.
En plein match, nous sommes désormais habitués à voir les athlètes se ruer sur des serviettes gelées et autres sacs de glaçons lors des changements de côté. Les scientifiques recommandent de refroidir en priorité la paume de la main, même si la sensation peut être désagréable.
Le tennis sert donc de laboratoire d'adaptation pour les sportifs, mais aussi pour les infrastructures: toits rétractables, davantage d'ombre et nouveaux revêtements pour les courts. La technologie Laykold Chill est composée de micro-éléments qui absorbent la chaleur. Elle a été déployée sur le court de l'Open d'Abu Dhabi depuis 2024. La température au sol a ainsi été réduite de 30%. Une avancée technologique qui illustre comment le secteur du tennis s'adapte au changement climatique.





























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