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Tech & Futurs 20/03/2026 10:56 Actualisé le 20/03/2026 11:47
Un jeune officier de la marine nationale a commis plusieurs imprudences numériques ces dernières semaines sur le navire militaire français.

JOHAN NILSSON / AFP
Sur le porte-avions français Charles de Gaulle, lors d’une visite de presse à quai au port nord de Malmö en Suède, le 25 février 2026.
C’est un couac dont l’armée française se serait bien passé. Comme le révèle Le Monde dans un article publié jeudi 19 mars, la position du porte-avions Charles de Gaulle a pu être localisée la semaine dernière grâce à une simple application.
Le vendredi 13 mars à 10 h 35, un jeune officier de la marine nationale, en poste sur le navire militaire, a partagé sa position via Strava, l’application bien connue des amateurs de running qui permet de rendre compte de ses footings et sorties auprès de sa communauté.
Résultat, étant donné que le profil de l’officier est public, n’importe qui sur l’appli a donc pu voir que son footing matinal d’un peu plus d’une demi-heure sur le pont du porte-avions a donné l’indication que celui-ci se trouvait alors au nord-ouest de Chypre, à une centaine de kilomètres des côtes turques.
Certes, la présence du porte-avions dans la région, qui est accompagné de trois frégates et d’un ravitailleur, n’est pas un secret : début mars, Emmanuel Macron avait lui-même annoncé un déploiement stratégique proche du Moyen-Orient, quelques jours après le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Mais cette faille, qui n’est pas la première, pose tout de même de sérieuses questions de sécurité militaire, dans une période incertaine avec le conflit désormais bien installé dans la zone géographique.
Un autre profil identifié
En réalité, il a même été possible de suivre presque en temps réel tout l’itinéraire du Charles de Gaulle, étant donné que l’officier en question avait partagé avant cela d’autres de ses footings sur Strava : le 14 février au large du Cotentin, le 27 février en mer Baltique...
Le Monde a par ailleurs pu identifier au moins un autre profil sur Strava ces derniers jours, présent sur un vaisseau de la marine nationale en mission - sans que celui-ci ne soit nommé. Sur des profils publics, on trouve aussi des photos du pont, d’autres militaires ou d’équipements sportifs à l’intérieur des bâtiments, note encore Le Monde.
Contacté par le site du quotidien national, l’état-major des armées affirme que ces fuites via Strava « [ne sont] pas conforme[s] aux consignes en vigueur » auxquelles « les marins sont régulièrement sensibilisés ». « L’hygiène numérique du combattant » faisant partie des « prérequis avant tout déploiement », l’état-major assure que « des mesures adaptées seront prises par le commandement ».
« Pour éviter toute divulgation d’information relative à un navire, différents niveaux de restriction d’emploi des objets connectés sont appliqués au sein de la Marine nationale. Ces niveaux de restriction sont à la main du commandement et sont pris en fonction du niveau de menace », avait rappelé l’état-major auprès de l’AFP.
Par le passé, l’application Strava a à plusieurs reprises permis de localiser des militaires en opérations. En janvier 2018, l’armée américaine avait constaté qu’elle permettait la diffusion de la position de soldats dans des bases en Afghanistan, en Irak et en Syrie. À l’automne 2024, Le Monde avait déjà pu identifier la localisation de gardes du corps des présidents américain, français et russe grâce à leur utilisation de Strava.


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