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Comment le drone a révolutionné l’art de la guerre

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Soyons de bon compte : les drones ont toujours été irritants. Bien avant de devenir une arme de destruction massive et vicieuse en Ukraine, le "petit engin télécommandé sans équipage" mais doté d'une caméra était idéal pour ruiner vos vacances en montagnes.

Là, face à un panorama, votre quiétude risquait déjà sérieusement d'être troublée par un "Youtubeur". Un vidéaste amateur désireux de partager son merveilleux sens du cadrage avec vous ainsi que ses deux "followers". Le bourdonnement du drone – similaire au son d'une fraise de dentiste en cas de surchauffe – marquait la fin d'une ère et celle de votre paix intérieure.

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L'arme disponible et accessible

Le sujet prête nettement moins à un agacement ou un simple haussement de sourcil aujourd'hui. En moins de quatre ans, un jouet de luxe pour post-ados technophiles vendu 150 euros sur internet a causé la mort de dizaines de milliers de personnes, soldats comme civils, sur l'ensemble du territoire ukrainien.

Pilotés à distance ou programmés pour fonctionner de manière autonome, les drones rôdent désormais par centaines au-dessus des villes ukrainiennes et frappent en pleine nuit des immeubles tantôt ciblés, tantôt choisis au hasard.

(FILES) This photo shows the damaged containment vessel at the New Safe Confinement (NSC), which protects the remains of reactor 4 of the former Chernobyl Nuclear Power Plant to contain radiation, following a drone attack, in Chernobyl, on February 14, 2025, amid the Russian invasion of Ukraine. The Chernobyl Nuclear Power Plant director said on December 23, 2025, fully restoring the internal radiation shelter could take three to four years, after a hit earlier this year punched a hole in the outer radiation shell, triggering a warning from the International Atomic Energy Agency (IAEA) that it had "lost its primary safety functions." And warned that another Russian hit could see the inner shell collapse. (Photo by Tetiana DZHAFAROVA / AFP)

Attaque de drone sur la centrale de Tchernobyl ©AFP or licensors

En un claquement de doigts, les avions de chasse et autres missiles supersoniques achetés à coups de centaines de milliards de dollars par des états surarmés ont perdu une bonne partie de leur utilité.

Le prix et la technologie des drones ont certes évolué, il n'en reste pas moins que déployer un missile à un million de dollars pour neutraliser un drone à 20 000 dollars ressemble fort à une mauvaise idée. D'autant que lesdits engins motorisés arrivent quotidiennement sur de vastes portions de territoire.

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Filets de pêcheurs

Dès l'invasion russe, l'un des coups de génie de l'Ukraine – dont on ne soulignera jamais assez la défense héroïque – est d'avoir immédiatement et continuellement mobilisé toutes les ressources civiles et militaires nécessaires pour développer cette nouvelle arme de guerre. Il n'existe que deux grands experts de la guerre par drones aujourd'hui : Kiev et Moscou, qui ne cessent de mettre au point de nouvelles techniques de défense et d'attaque.

Appareils de brouillage, cages "anti-drones" pour véhicules armés, lasers, fusils spécialisés… Tous leurs experts militaires planchent sur le meilleur moyen de surprendre l'adversaire, quitte à allier technologie de pointe et méthodes artisanales. À Kiev, il n'est pas rare de croiser des citoyens comme Paul, vendeur de vélos avant la guerre, désormais directeur d'une petite structure qui achète des drones en ligne, les "customise" pour y ajouter une charge explosive, et les envoie au front. Le tout, financé par des dons.

Ce mardi, la télévision française diffusait quant à elle un reportage… à Marseille, où les pêcheurs conservent leurs filets usagés pour les envoyer en Ukraine. Objectif : emballer littéralement des routes entières pour les protéger des attaques de drones Kamikazes et permettre aux véhicules d'y circuler en sécurité. De l'autre côté de la chaîne, l'armée ukrainienne a dévoilé mi-décembre un nouveau modèle dronisé d'une portée de 100 km, productible en masse. De quoi redéfinir les termes du conflit, couplé à des missiles de beaucoup plus longue portée capables de frapper la Russie en profondeur.

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Le Piorun de Franken

Les Russes, justement, ne sont pas en reste et déplacent volontiers ce conflit en Europe. Les aéroports de Liège et Bruxelles viennent d'en faire les frais. Problème : impossible d'abattre purement et simplement un drone au-dessus d'un aéroport bourré de kérosène. Difficile "d'emballer" ledit aéroport également, et tout autant de brouiller ses signaux. Ici aussi, il faut innover.

Minister of Defence and Foreign Trade Theo Francken is pictured with a drone jammer during a visit to the Hemptinne Command District, with the official handover of the PIORUN air defence system to the Special Operations Regiment (SOR), on Tuesday 23 December 2025 in Leuven. At this press conference, the Ministry of Defence presents the latest measures implemented to ensure the security of Belgian troops and territory. BELGA PHOTO JONAS ROOSENS

Theo Francken ©Belgaimage

Mardi, notre ministre de la Défense, Théo Francken, a donc officiellement remis aux forces spéciales, le PIORUN. Il ne s'agit pas d'une nouvelle course à pied mais d'un "système de défense aérienne qui peut être porté par-dessus l'épaule".

Son objectif : "neutraliser, depuis le sol, les drones de grandes tailles, les hélicoptères et les avions volant à basse altitude", idéalement, avant qu'ils ne survolent des zones sensibles. Des radars avancés, des intercepteurs de drones et des fusils à pompe capable de les abattre ont également été achetés et devraient arriver dès le mois de janvier.

La guerre des puces

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