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Historique, phénoménal, héroïque. Voilà quelques adjectifs pour qualifier l'immense exploit réalisé par les joueurs du Cap-Vert ce lundi soir à Atlanta. Rendez-vous compte : le pays de l'archipel aux 520 000 habitants dispute sa toute première Coupe du monde et est parvenu à tenir en échec les champions d'Europe et favoris au sacre mondial. Et les larmes de joie ont forcément coulé.
"Nous avons travaillé dur pour ça, a réagi Vozinha, le portier des Requins bleus, élu homme du match et inévitablement dépassé par l'émotion. Nous savions que nous affrontions l'une des meilleures équipes du monde, mais nous connaissons aussi nos propres qualités. Nous savions que ce serait très difficile, mais nous sommes très heureux."
La différence, c'est ce bloc cap-verdien parfaitement en place, obligeant les Espagnols à jouer comme des handballeurs… Avec une statistique folle pour l'illustrer : esseulé au milieu des défenseurs, Mikel Oyarzabal est devenu le premier joueur (depuis la collecte des données en 1966) à ne toucher aucun ballon durant les trente premières minutes d'un match de Coupe du monde.
"Le Cap-Vert est une équipe très forte physiquement, concède le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente. Nous savions qu'ils allaient jouer bas et avec des joueurs très puissants. Si on ajoute à cela notre manque de fraîcheur, voilà le résultat. Le football est ainsi fait : il n'y a pas d'adversaires faibles ici."
Le football est ainsi fait : il n'y a pas d'adversaires faibles ici.
La plupart des dangers de la première période sont venus après la pause fraîcheur, notamment via les appels et les remises de Marc Cucurella, le latéral gauche qui vient d'être acheté par le Real Madrid. Comme lorsque Ferran Torres a touché la barre puis que la reprise d'Oyarzabal a nécessité une splendide parade de Vozinha (39e).
Auteur de sept arrêts sur la rencontre, le vétéran du Cap-Vert (40 ans) a ainsi écrit un petit bout d'histoire. Car en Coupe du monde, la Roja n'avait plus tenté autant (13 tirs) en première période sans marquer, depuis un match face à la Suisse en 1966 (14). Sauf que beaucoup n'étaient pas dangereux.
Ultra-dominés (75 % de possession pour l'Espagne), les protégés de Bubista ont ensuite joué quasiment toute la partie à onze derrière le ballon. En se jetant sur tous les ballons, en empêchant les pénétrations axiales, en tentant de contrer les moindres passes et en contraignant les Espagnols à frapper de loin. Et surtout, en tenant physiquement jusqu'au bout.
"Un désastre pour cGrosse surprise au Mondial: l'Espagne ne parvient pas à vaincre le Cap-Vertommencer", "Un sacré accroc" : la presse espagnole et européenne choquées par le nul de l'Espagne face au Cap-VertBien sûr, cette Roja n'a pas affiché le niveau qui était le sien à l'Euro 2024. Bien sûr, Lamine Yamal – pas encore à 100 % – n'est monté au jeu qu'à vingt minutes du terme. Il n'empêche que le Cap-Vert a exécuté un plan parfait qui aurait même pu se transformer en hold-up dans les arrêts de jeu.
Désormais, l'Espagne n'aura plus le droit à l'erreur pour finir en tête de ce groupe H. D'autant que l'Arabie saoudite (21/06 à 18 h) et l'Uruguay (27/06 à 2 h) auront pris de bonnes notes de cette rencontre.
ESPAGNE : Simon ; Cubarsi, Laporte, Cucurella, Llorente ; Rodri (87e N. Williams), F. Ruiz (71e Merino), Pedri ; Gavi (71e Yamal), F. Torres (82e Olmo), Oyarzabal.
CAP-VERT : Vozinha ; Diney, Pico, L. Cabral (76e J. Paulo), Moreira ; Lenini, L. Duarte (61e D. Duarte), Monteiro (79e Arcanjo) ; J. Cabral (W. Semedo), Mendes, Livramento (61e N. Da Costa).
ARBITRE : Adham Mohammad (Jor).
CARTONS JAUNES : L. Cabral, Pedri.
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