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Comment Israël et les États-Unis s'attaquent aux finances du Hezbollah

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Lorsque Israël a lancé sa dernière guerre contre le groupe armé libanais Hezbollah, en mars dernier, les premières cibles visées n'étaient pas les dépôts d'armes ou les centres de commandement souterrains. Il s'agissait des banques.

Les avions de chasse de l'État hébreu ont rasé plus d'une douzaine d'agences d'une institution financière nébuleuse, connue sous le nom d'Al-Qard al-Hassan. Celle-ci est accusée depuis des années de faire office de banque pour le Hezbollah. D'autres frappes ont également touché des bureaux de change soupçonnés d'être utilisés par l'Iran pour acheminer des fonds destinés au parti chiite.

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Avec ces attaques, Tel-Aviv a envoyé un message clair: l'argent du Hezbollah est désormais une cible, au même titre que ses armes. Ces bombardements s'inscrivent dans la campagne la plus agressive menée à ce jour par Israël pour tarir les ressources du mouvement.

Les mois précédant le début du conflit, le gouvernement libanais, sous pression de l'administration Trump, s'est efforcé de couper les voies utilisées par le mouvement chiite pour recevoir et transférer des fonds. Les efforts ont payé: aujourd'hui, le Hezbollah est confronté à ses plus graves difficultés économiques depuis des années, selon le New York Times.

Une bataille peu documentée

Si la presse s'est passablement attardée sur la guerre contre le Hamas à Gaza et celle menée par le couple israélo-américain contre l'Iran, la bataille financière livrée au Hezbollah est, elle, largement passée sous les radars. Les finances du groupe, fondé en 1982, sont tenues secrètes et la pression financière sur ses vastes opérations reste difficile à quantifier. Le Hezbollah, tout comme son principal bailleur de fonds, l'Iran, s'efforce de donner l'image d'un mouvement résilient et cherche de nouvelles voies pour maintenir ses flux monétaires.

En mai, le porte-parole du Hezbollah, Youssef al-Zein assurait que son groupe avait suspendu le versement des indemnités promises à ses partisans. Le mouvement chiite n'était plus en mesure de répondre aux besoins des centaines de milliers de personnes déplacées par le conflit.

Avant les attaques de mars, le financement iranien était estimé à environ 700 millions de dollars (environ 606 millions d'euros) par an. Cette somme représentait 70% du budget annuel du groupe paramilitaire islamiste. «L'ampleur des besoins liés aux combats et aux déplacements a imposé un fardeau considérable au Hezbollah, affirme Youssef al-Zein. Les ressources sont gérées en fonction des priorités. Il y a sans aucun doute une pression, mais le mouvement est capable d'y faire face.»

Washington agit en sous-marin

Début 2025, les autorités américaines ont averti le gouvernement libanais que Téhéran envoyait des valises remplies d'argent à la milice chiite. Celles-ci étaient embarquées à bord de vols civils à destination de Beyrouth. Depuis, les contrôles aéroportuaires ont été renforcés. L'année dernière, l'administration Trump a également pesé sur la nomination du nouveau gouverneur de la Banque centrale libanaise, Karim Souaid. Arrivé à la tête de l'institution, l'expert financier s'est empressé d'ouvrir une enquête sur les plus grandes sociétés de services monétaires du pays et sur leur utilisation présumée par le Hezbollah pour transférer des fonds, selon des documents internes consultés par le Times.

Alors que les grandes entreprises de services monétaires étaient étroitement surveillées, le Hezbollah s'est appuyé sur un réseau moins réglementé de bureaux de change qui n'a pas tardé, lui aussi, à être dans le viseur de Washington. En novembre dernier, le Trésor américain a imposé des sanctions à des changeurs libanais, estimant que l'Iran avait déjà acheminé près d'un milliard de dollars (865 millions d'euros) par l'intermédiaire de ce réseau informel.

Aujourd'hui, des centaines de milliers de Libanais, dont beaucoup sont des partisans du «parti de Dieu», comptent sur l'institution bancaire Al-Qard al-Hassan pour obtenir des prêts sans intérêt et des indemnités liées aux combats. Mais Washington fait pression pour obtenir sa fermeture définitive. Après la guerre de 2024, le Hezbollah avait annoncé qu'Al-Qard al-Hassan verserait entre 12.000 et 14.000 dollars (entre 10.400 et 12.100 euros) aux familles dont les maisons avaient été détruites. Ces indemnités, plusieurs fois reportées, ont désormais été entièrement suspendues, rapporte Youssef al-Zein.

Alors que les discussions entre le Liban et Israël s'enlisent et qu'un véritable cessez-le-feu dans le sud du Liban reste conditionné au désarmement du Hezbollah, une autre bataille se joue en parallèle: celle des finances du mouvement chiite. Avec comme objectif de priver la milice de ses principales ressources financières.

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