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Le salaire minimum à l’Île-du-Prince-Édouard est passé à 17,30 $ de l’heure le 1er octobre dernier, et une autre hausse de 30 cents est prévue en avril prochain. Toutefois, ce montant et la façon d'y parvenir font débat parmi les experts.
Chaque année, le Conseil des normes d’emploi à l'Île-du-Prince-Édouard examine le salaire minimum et transmet ses recommandations au gouvernement provincial, auquel revient la décision finale. Selon son président, Wayne Vessey, les membres du conseil s’appuient sur divers facteurs pour formuler leurs avis.
Le coût de la vie depuis la dernière augmentation, la situation économique, le rendement récent des investissements privés, les indicateurs de pauvreté et la possibilité de vivre dignement au sein de la communauté, cite-t-il en exemple.
Wayne Vessey reconnaît d’ailleurs qu’il est difficile de trouver un équilibre entre la satisfaction des besoins des travailleurs et le respect de ceux des employeurs.
Le salaire minimum et les salaires des employés sont vraiment une cible mouvante, raconte-t-il. Une fois l’objectif atteint, il se réajuste et on envisage une nouvelle orientation, une progression, comme c’est souvent le cas.
L’Île-du-Prince-Édouard affiche le salaire minimum le plus élevé des provinces de l’Atlantique. Elle est suivie de la Nouvelle-Écosse, où le taux horaire s’établit à 17 $, puis de Terre-Neuve-et-Labrador (16,35 $) et du Nouveau-Brunswick (15,90 $).
Selon Ricardo Tranjan, économiste et chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives, ce taux devrait plutôt être défini en fonction du salaire viable.

Selon Ricardo Tranjan, économiste et chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives. (Photo d'archives)
Photo : Derrick Rice
L’idée, c’est [de déterminer] c’est quoi les vrais salaires minimums que les gens ont besoin pour se payer les [choses de bases] , explique-t-il. Se nourrir, se payer leur logement, s’acheter des vêtements et peut-être avoir de petites dépenses dans leur communauté, par exemple d’être capable de mettre leur enfant dans une activité après l’école.
Selon ces critères, l’organisme conclut dans un rapport que le salaire viable pour la région de Charlottetown devrait s’établir à 23,30 $ de l’heure. Il évalue par ailleurs celui de la région de Summerside à près de 22,20 $ de l’heure.
Comment calculer le salaire minimum?
Frédéric Gionet, directeur des affaires législatives de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) pour le Canada atlantique, reconnaît qu’il est attrayant de voir des manchettes annoncer une hausse du salaire minimum. Toutefois, il croit qu’une telle mesure peut faire plus de mal que de bien.
Ça crée un effet inflationniste sur les salaires en général, et là, tout ça se traduit en fin de compte par des coûts à la consommation parce qu’il faut que les petites et moyennes entreprises repassent la facture dans les prix des services ou des produits qu’ils vendent.

Frédéric Gionet, directeur des affaires législatives de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante pour le Canada atlantique. (Photo d'archives)
Photo : Fédération canadienne de l'entreprise indépendante
Le représentant de la FCEI estime que le salaire minimum ne doit pas servir de mesure de lutte contre la pauvreté, mais plutôt de levier économique pour protéger les employés. Il suggère donc de revoir le mode de calcul de ce taux.
[Pour] ceux qui font le salaire minimum, nous on propose que ce soit un pourcentage du salaire moyen, dit-il. Le salaire minimum va augmenter en proportion avec les salaires courants, alors tout ça finit par s’ajuster selon la demande du marché.
Avec des renseignements de l’émission Le Réveil Î.-P.-É., et de Joe Watt, de CBC


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