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La Commission scolaire de langue française (CSLF) de l'Île-du-Prince-Édouard et des experts soulignent la difficulté d’encourager les élèves en milieu francophone minoritaire à continuer de parler français en dehors des salles de classe.
On voudrait que les élèves parlent français en tout temps, entre eux, avec le personnel, même dans la cour d’école, raconte Anne-Marie Rioux, directrice de la programmation et de la formation pour la CSLF. Mais on est très conscient que ce n’est pas la réalité du milieu.
Pour s’assurer que le français soit parlé en tout temps à l’école, Anne-Marie Rioux explique que le personnel privilégie une approche positive et d’encouragement envers les élèves.
Le problème avec la punition, c’est que ça va avoir l’effet, souvent, d’amener une insécurité linguistique plus grande chez un élève, explique-t-elle. Les approches qui vont être les plus gagnantes, selon la recherche, c’est plus d’aller vers l’encouragement.
Le 28 septembre, Chantal Mayer-Crittenden sera à l’Île-du-Prince-Édouard pour animer un atelier avec des membres de la CSLF. L’un des thèmes qu’abordera la professeure agrégée à l’École d’orthophonie de l’Université Laurentienne, à Sudbury, est l’importance de motiver les élèves à parler entre eux en français.
Il faut que ça vienne de soi. Il faut que l’enfant veuille parler le français, qu’il voie son utilité, qu’il soit motivé à apprendre la langue. Dans une communauté où l’anglais prédomine, c’est sûr que, naturellement, souvent, les enfants vont avoir tendance à se parler en anglais.
Dans le cadre de ses travaux, Chantal Mayer-Crittenden a mené des études pour évaluer la volonté des élèves de s’exprimer en français en milieu minoritaire.
La plupart veulent, mais ne savent pas comment. Ils ne savent pas comment s’en sortir de ces pouvoirs linguistiques là, où l’anglais domine, raconte-t-elle. Alors je pense que, comme enseignant, [...] il faut leur expliquer : "pourquoi ça se passe comme ça, et puis comment ils peuvent s’en sortir".
Daniel Bérubé, professeur agrégé à l’École d’orthophonie et d’audiologie de l’Université d’Ottawa, abonde dans le même sens et reconnaît ces difficultés pour les jeunes. Selon lui, le français ne doit pas être imposé aux enfants, mais l’équipe-école doit plutôt leur faire découvrir les bienfaits de la francophonie grâce à la culture.
Indiquez aux enfants les médias sociaux, les chansons populaires ou les émissions populaires qui existent en français. Et puis là, les enfants s’en parlent, dit-il. Une fois que les enfants s’en parlent, ils s’influencent. Je pense que c’est une bonne façon d’encourager l’utilisation du français.
Le rôle de la communauté
Selon Chantal Mayer-Crittenden, la responsabilité de sensibiliser les enfants aux bienfaits de parler en français ne repose pas uniquement sur le personnel scolaire.
Ça prend un village pour élever un enfant, ça, on le sait. [C’est] encore plus [le cas] si on veut que cet enfant-là parle une langue minoritaire, dit-elle. C’est vraiment à la famille, à la communauté, à l’école, de travailler ensemble pour que cet enfant-là puisse valoriser la langue minoritaire, dans notre cas le français.

Selon Chantal Mayer-Crittenden, la responsabilité de sensibiliser les enfants aux bienfaits de parler en français ne repose pas uniquement sur le personnel scolaire. (Photo d'archives)
Photo : Avec l'autorisation de Chantal Mayer-Crittenden
Anne-Marie Rioux souligne le travail des organismes communautaires de la province, qui organisent des activités pour rassembler les jeunes francophones. Elle souhaite faire découvrir ces activités aux familles pour leur permettre de vivre en français.
C’est vraiment un travail de partenariat, c’est un travail entre les communautés, les parents, l’école, le centre de la petite enfance, c’est tout le monde, dit-elle. On doit être ensemble dans ce projet-là et se dire comment on peut faire pour augmenter le temps que nos enfants vont passer en français durant une journée.


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