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Comment Emmanuel Macron veut faire du défilé du 14-juillet la vitrine de ses quelques réussites

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Politique 14/07/2026 07:02 Actualisé le 14/07/2026 09:28

Le président de la République compte sur la traditionnelle parade militaire pour mettre en scène certaines de ses intuitions, sur le nécessaire réarmement ou le réveil de l’Europe.

Comment Macron veut faire de son dernier défilé du 14-juillet la vitrine de ses quelques réussites.

MOHAMMED BADRA / AFP

Comment Macron veut faire de son dernier défilé du 14-juillet la vitrine de ses quelques réussites.

Une cérémonie d’adieu hors normes. Emmanuel Macron va présider ce mardi 14 juillet son dernier défilé militaire, avant de passer la main à son successeur dans une dizaine de mois. Un rendez-vous traditionnel pour le jour de la fête nationale, mais qui devrait permettre cette année au chef de l’État de mettre en lumière plusieurs de ses réussites, sur le plan diplomatique et géopolitique.

Dans le détail, 500 soldats des pays membres de la « coalition des volontaires » pour l’Ukraine, initiée par la France et la Grande-Bretagne, ouvriront la traditionnelle parade sur les Champs-Élysées. L’Élysée évoque un défilé « massif » et « historique », avec un record de 6 800 participants à pied et 30 % d’aéronefs ou véhicules de plus que les années précédentes. Autre nouveauté : la Patrouille de France survolera la célèbre avenue, encadrée par deux Mirage 2000B qui seront pilotés par des Français, avec des copilotes ukrainiens formés dans l’Hexagone.

Voilà pour la parade. Mais les tribunes donneront également le ton. Aux côtés d’Emmanuel Macron, devraient être présents une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez ou encore le président italien Sergio Mattarella. Un public singulier, donc, et l’occasion pour le président français de récolter les fruits de plusieurs intuitions.

Le réarmement de la France...

En réalité, cette séquence, pensée par Emmanuel Macron et son entourage, a démarré la veille, lundi 13 juillet. Le locataire de l’Élysée a effectivement prononcé son traditionnel discours devant les armées, pour vanter de nouveau le réarmement du pays et l’accélération des efforts de défense face aux bouleversements géopolitiques que le monde connaît depuis plusieurs années. « L’engagement a été tenu, les faits sont là et l’histoire jugera », a d’ailleurs souligné le chef de l’État depuis l’hôtel de Brienne.

Avant le début de la séquence, ses conseillers évoquaient auprès de la presse des engagements sur le plan financier, « humain, matériel, mais aussi moral, puisque la création du nouveau service national qui a été annoncé cette année va voir le jour », avec 3 000 jeunes volontaires dès cette année. Sous son impulsion, le budget de la défense aura effectivement doublé entre 2017 et 2026, pour atteindre 64 milliards d’euros au moment de quitter le pouvoir.

« Ce réarmement », explique pour sa part Christophe David, adjoint au chef de l’état-major particulier, « les Français le verront lors de la parade du 14 juillet. » « Les armées qui vont défiler ne sont pas les armées de 2017. C’est vraiment une armée modernisée et prête au combat », assure le haut gradé, en évoquant un « grand thème que le président a été le premier à initier en Europe ».

... et « le réveil » de l’Europe

Le deuxième enjeu mis à l’honneur ce mardi tient en quelques mots : le réveil du « Vieux continent ». Un sujet, là aussi, cher à Emmanuel Macron, qu’il a essayé d’investir depuis son entrée à l’Élysée. On se souvient par exemple de son discours à la Sorbonne en 2017, quand il prêchait, presque dans le désert, pour la souveraineté stratégique de l’Union européenne, nécessaire selon lui pour pallier le désir de désengagement croissant des Américains. L’avenir lui a donné raison, comme le montre par exemple le souhait de plusieurs pays européens de profiter de l’élargissement de la doctrine française en matière de nucléaire.

Sur les Champs-Élysées, défileront ainsi des militaires suédois, slovaques, britanniques, roumains, autrichiens, allemands, polonais, mais également australiens et canadiens, tous côte à côte, les Ukrainiens fermant la marche. « Ce côté international sera vraiment un symbole fort de l’Europe qui se réveille, qui prend conscience (...) qu’il faut prendre en main son destin, comme d’ailleurs certains de nos partenaires de l’autre côté de l’Atlantique nous y incitent », décryptent les conseillers de l’Élysée, en référence à Donald Trump.

Plus concrètement encore, ce défilé hors normes a été pensé comme un message tant à l’attention de l’Ukraine, pour lui afficher son soutien, qu’en direction de la Russie, pour montrer la détermination des partenaires de Kiev. « Cette présence montre que nous sommes solidaires avec eux, que nous sommes déterminés à les soutenir dans leur défense, dans la défense de leur souveraineté, de leur territoire et de leur liberté », assurait encore l’Élysée, quelques jours avant les festivités. D’ailleurs, les dirigeants de la fameuse « coalition des volontaires » se sont retrouvés lundi à l’Hôtel national des Invalides pour réfléchir aux moyens d’accroître « le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie ». Un objectif majeur, à l’image de la démonstration de force prévue ce mardi.

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