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Au début du printemps 1945, la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin et le Troisième Reich est sur le point de s'effondrer. À l'est, l'armée soviétique poursuit son avancée; à l'ouest, les troupes américaines progressent. Des dizaines de milliers de soldats allemands capitulent. Mais tous ne sont pas disposés à tout abandonner derrière eux.
Dans la ville d'Hostau, près de la frontière allemande, en Tchécoslovaquie, des officiers nazis exploitaient un haras qui abritait des chevaux de race. Les Allemands y avaient même développé un programme d'élevage d'une race prétendument «aryenne». À mesure que les troupes soviétiques se rapprochaient, le sort des animaux devenait de plus en plus incertain. Comme le rapporte Popular Mechanics, des soldats de la Wehrmacht ont alors décidé de s'allier à des cavaliers américains lors d'une mission improbable, baptisée «Opération Cowboy».
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Si ces chevaux pouvaient être vendus au prix fort, ils n'étaient pas considérés comme des biens essentiels à l'économie de guerre, comme le carburant ou les armes. Les Allemands ont rapidement conclu qu'ils auraient besoin de l'aide des Américains pour exfiltrer leurs bêtes. Le lieutenant-colonel Walter Holters, de la Luftwaffe, a été le premier à mesurer l'urgence de la situation. Il avait entendu parler des ravages des forces soviétiques en Hongrie, qui avaient abattu et mangé dix-huit chevaux lipizzans. En avril 1945, des soldats allemands se sont ainsi dirigés vers les troupes américaines, brandissant des drapeaux blancs.
Des enjeux diplomatiques
Ils ont demandé au colonel Charles Reed, rattaché à la troisième armée du général George Patton, d'intervenir. Comme beaucoup d'officiers issus de la cavalerie, ce dernier avait une profonde estime pour les chevaux. La requête a été portée au général Patton, qui a fini par trancher: «Récupérez-les. Faites vite», écrivait-il dans un message. Pourtant, le contexte militaire était peu favorable à cet arrangement: la Tchécoslovaquie allait être libérée par les Soviétiques et les troupes américaines devaient respecter les lignes de démarcation pour éviter tout incident diplomatique.
Le capitaine Thomas Stewart a été chargé de diriger l'opération. Avec le soutien de l'artillerie américaine, ses hommes ont rejoint le haras pour y trouver quelque 650 canassons, notamment des lipizzans reconnus comme les plus précieux. Les Américains, les Allemands et des habitants du coin ont uni leurs forces pour organiser l'évacuation. Le 28 avril 1945, les juments gestantes et les poulains ont été transportés dans des camions, tandis que les autres chevaux ont rejoint la Bavière, sous contrôle américain.
L'Opération Cowboy a été un succès, malgré le décès de deux soldats. En quarante-huit heures, tous les chevaux avaient rejoint les zones contrôlées par les Alliés, quelques jours avant la capitulation de l'Allemagne. Revenant sur cet événement hors norme, le colonel Reed déclarait quelques temps plus tard: «Nous étions tellement las de la mort et de la destruction que nous voulions faire quelque chose de beau.» Comme le capitaine Stewart, il a été récompensé pour ses efforts.





























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