NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Que devraient savoir les utilisateurs de ChatGPT sur la manière dont leurs données seront partagées avec des annonceurs pour leur présenter des publicités ciblées ? Le Devoir fait le point avec un expert.
Au début du mois d’avril, OpenAI, la compagnie mère de l’agent conversationnel ChatGPT, a publié une mise à jour de sa politique de confidentialité. La nouveauté ? OpenAI y détaille comment les données de certains utilisateurs seront partagées avec des annonceurs dans le but de leur offrir des publicités personnalisées.
Spécifiquement, la politique de confidentialité fait maintenant une différence entre les forfaits « Free » et « Go », soit les comptes gratuits ou à faible coût et les comptes plus chers, qui ne recevront pas de publicités.
Dans un courriel envoyé aux usagers, l’équipe d’OpenAI soutient que les renseignements personnels et les conversations avec ChatGPT « sont privés et ne sont pas communiqués aux annonceurs ».
Ce qui ne veut pas pour autant dire qu’aucune information sur les usagers ne sera partagée avec les annonceurs, soutient Derek Ruths, professeur au Département d’informatique de l’Université McGill et expert en sécurité et confidentialité numériques. Celui-ci souligne qu’OpenAI pourra utiliser ces données pour créer des « segments » d’utilisateurs, classés selon certaines caractéristiques, qui seraient ensuite partagés avec les annonceurs.
Les utilisateurs pourraient, par exemple, être classés par localisation ou par caractéristiques démographiques. « L’annonceur ne peut jamais identifier l’utilisateur à qui la publicité est présentée et ne peut pas identifier l’utilisateur qui clique sur la publicité, explique-t-il. Ou, du moins, ça rend ça plus difficile d’identifier l’utilisateur. »
C’est d’ailleurs ce modèle qu’utilisent plusieurs médias sociaux. « OpenAI utilise les meilleures pratiques, pour autant que je sache, de la même manière que Meta ou Instagram, pour s’assurer que les annonceurs ne peuvent pas avoir d’information unique sur un utilisateur. »
Cependant, cette pratique de publicités segmentées n’est pas sans risque. M. Ruths souligne que la quantité d’informations auxquelles a accès OpenAI pourrait permettre de créer des segments très spécifiques. « La politique de confidentialité ne nous dit rien sur comment ils vont créer ces segments et à quel point ceux-ci seront nuancés. C’est là qu’on peut parfois commencer à flouter les limites de la quantité d’informations qu’on révèle. »
« Si les segments deviennent très spécifiques — par exemple, s’ils visent des Montréalais qui vivent sur le Plateau, qui aiment promener leur labrador au parc La Fontaine et qui ont de 30 à 32 ans —, ce n’est pas une seule personne [qui est concernée], mais c’est une tranche assez petite de la population », illustre-t-il.
À travers ChatGPT, OpenAI a aussi accès à plus de renseignements sur ces utilisateurs, qui ont tendance à dévoiler de l’information personnelle à l’agent conversationnel. Le professeur trace un parallèle avec les moteurs de recherche, comme Google. « Pensons à la quantité de recherches personnelles qu’on fait sur des sujets médicaux ou sur des inquiétudes personnelles que nous avons. Ça a été démontré que les moteurs de recherche ont beaucoup d’informations personnelles sur nous », souligne-t-il.
Pourtant, il ajoute que l’utilisation d’agents conversationnels présente des nuances. « Nous confions bien plus de notre âme et de notre vie privée à ces chatbots, et de manière plus cohérente, qu’à des moteurs de recherche. »
« Vous êtes le produit »
Pour Derek Ruths, ces précisions de la politique de confidentialité d’OpenAI ne sont pas une surprise, surtout pour les utilisateurs qui ne paient pas ou qui paient peu pour le produit. « C’est l’adage de notre ère : si vous ne payez pas un produit, vous êtes le produit. C’est juste une autre version de cela. »
Pour lui, il n’y a aucun doute que la plateforme va utiliser l’information récoltée sur les usagers pour leur envoyer des publicités visées. « La seule raison pour laquelle les publicités ont du sens dans ChatGPT, ou dans n’importe quel agent conversationnel, c’est qu’ils peuvent utiliser ce qu’ils savent sur vous pour décider quelles publicités afficher. »
Il souligne cependant que la nouvelle politique de confidentialité ne présente pas, selon lui, de « drapeaux rouges » ou de nouveautés comparativement à d’autres plateformes en ligne. Pour lui, c’est plutôt la présence de publicités dans ChatGPT qui est inquiétante.
Il estime que la confiance que les usagers accordent à ChatGPT les rend particulièrement vulnérables aux publicités. « Il y a des preuves solides qui indiquent que les gens leur font confiance et accordent beaucoup de poids à ce qu’ils se font dire, déclare-t-il. Déjà, ça soulève des questions. Mais ensuite, de lancer des publicités dirigées dans ce mélange… Il y a plusieurs manières où ça pourrait devenir une source de danger pour les gens. »
En février, lors de l’annonce de cette nouveauté, OpenAI a assuré que « les publicités ne seront pas diffusées dans des contextes liés à des sujets sensibles ou réglementés, tels que la santé, la santé mentale ou la politique ». Les publicités sont aussi clairement identifiées comme du contenu commandité.
Derek Ruths soutient que la nuance entre ce qui est ou pas une conversation sensible pourrait être difficile à définir. « Il pourrait y avoir confusion quant à savoir si un produit est réellement recommandé, suggéré ou promu par l’agent lui-même, en tant que partenaire de confiance, estime-t-il. Il y a beaucoup d’endroits où cela pourrait mal tourner. »


1 month_ago
35



























.jpg)






French (CA)