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Life 26/03/2026 06:30
REPORTAGE
Le train de nuit Paris-Berlin est de retour ce 26 mars. Pour l’occasion, nous sommes allés à la recherche des meilleurs tips pour un sommeil optimal sur les rails.

FRANCOIS LAURENS / Hans Lucas via AFP
Comment bien dormir en couchette ? On a demandé conseil aux habitués du train de nuit (photo d’illustration dans un Paris-Toulouse en septembre 2023)
Ils font « gagner un temps de fou », comme le résume Maxence, 21 ans, mais ils ont failli être relégués aux livres d’histoire. Après la suppression, au cours des années 2010, de la quasi-totalité des trains de nuit*, plusieurs lignes ont fait leur retour ces dernières années en France comme à l’international, notamment sous l’impulsion politique de l’ex-Premier ministre Jean Castex – aujourd’hui à la tête de la SNCF.
À l’occasion de la réouverture du Paris-Berlin par la coopérative European Sleeper ce jeudi 26 mars, Le HuffPost s’est penché sur une question cruciale : comment mettre toutes les chances de son côté pour passer une bonne nuit en couchette ? Le meilleur moyen de le savoir était d’aller à la rencontre des habitués. Nous avons donc embarqué à bord de l’Intercités de nuit qui relie Paris Austerlitz à Toulouse Matabiau.
« Pour moi, la meilleure couchette, c’est celle du bas. Sinon, pendant la nuit, avec la chaleur qui monte, c’est insupportable au niveau de la couchette supérieure », conseille tout de go Nathan, 24 ans et lunettes rondes.Quelques heures plus tard, allongé à quelques centimètres du plafond de la voiture 13, nous aurons pu vérifier – avec dépit – la pertinence de sa recommandation.
Trois couchette de chaque côté
En 2e classe, les compartiments de la SNCF comptent six couchettes, réparties sur trois niveaux et séparées par un échelle centrale. Pour Nathan, le lit du bas a un autre avantage : « Ne pas se poser la question d’où mettre ses bagages… à condition d’avoir une valise qui passe sous la banquette. » Comme la valise de cuir beige que le jeune homme vient de glisser dans ce petit espace.
Quelques compartiments plus loin, la question de la température est également une préoccupation de Noémie, 23 ans. « C’est important d’avoir un petit gilet parce qu’au début il fait chaud, mais ensuite, pendant la nuit, on a souvent froid », constate-t-il. En face, son compagnon Romain, 22 ans, souligne que le thermostat censé permettre de régler la température du compartiment n’est pas d’une fiabilité à toute épreuve. Cela fait partie des aléas du voyage.

Le HuffPost
Dans les couloirs d’un Intercités de nuit de la SNCF entre Paris et Toulouse
Conscient que le bercement du train ne suffira pas pour passer une bonne nuit, le jeune couple a pris « des comprimés à base de plantes qui aident à dormir », explique Romain. Il parle de mélatonine qui, vérification faite, n’est pas une substance végétale, mais aide indéniablement à passer une meilleure nuit sur les rails.
Gare aux infusions !
Deux couchettes plus bas, Christine, 45 ans, participe à son tour à la conversation : « Il ne faut pas trop boire pour éviter d’aller aux toilettes pendant la nuit », recommande-t-elle alors qu’elle installe la couverture de Jeanne, 3 ans. Romain acquiesce : « Oui, et il faut éviter les infusions ! » Une escapade nocturne dans les couloirs du wagon pour aller aux toilettes – c’est du vécu – est effectivement un bon moyen de tenir le sommeil à distance.
Pieds nus devant les toilettes, justement, nous croisons Rachel, originaire de Bristol. « Not too much cafeine today », nous lâche-t-elle. En prévision de son premier voyage en train de nuit, elle a pris garde à limiter les expressos. « And I have my book », un peu de lecture pour reproduire son rituel au coucher et s’endormir le plus paisiblement possible. « Good night ! », lui souhaite-t-on en s’éloignant.
Plutôt qu’un livre, Paul, 33 ans, a l’habitude d’« écouter un podcast » pour être sûr que Morphée l’accompagne en train-couchettes. « J’aime bien “Les Pieds sur Terre” de France culture », recommande-t-il. Son voyage, il le fait surtout avec Zoé, 26 ans, qui, assise en tailleur sur la banquette supérieure d’en face, fait du crochet pour passer le temps. « On sait qu’on ne va pas passer la meilleure nuit ni la meilleure journée derrière, mais j’aime bien l’expérience du train de nuit », commente-t-elle.
« Je n’ai jamais eu de ronfleurs »
Alors que le train poursuit sa tranquille route vers le Sud-Ouest, voici Valérie, qui voyage en train de nuit pour la deuxième fois seulement. « J’ai oublié mes comprimés de mélatonine, regrette la quadragénaire, mais je vais mettre les bouchons d’oreille. » Des accessoires indispensables pour beaucoup de voyageuses et de voyageurs. Si le bruit du train n’est pas assourdissant, les allées et venues des autres voyageurs peuvent facilement troubler le sommeil. C’est sans doute la raison pour laquelle ils sont fournis par la SNCF, avec un masque de nuit, une bouteille d’eau, une lingette rafraîchissante un cachet de dentifrice solide.
Zoé, elle, n’en a même pas besoin. « Je n’ai jamais eu trop de ronfleurs dans le compartiment, donc ça va ! », nous avait-elle confié quelques instants plus tôt. De fait, plusieurs voyageurs assurent ne pas avoir besoin de grand-chose pour pioncer comme si de rien n’était. « Quand je voyage en avion, je m’endors directement ! », confie Minh, 25 ans. « Je dors facilement », témoigne également Maxence.
En rejoignant notre compartiment, on se dit que c’est peut-être cela, le meilleur conseil pour passer une bonne nuit en couchette : réserver son billet uniquement à condition d’être un excellent dormeur.
*Avant 2021, seules les lignes de nuit Paris-Briançon et Paris-Rodez ou Latour-de-Carol via Toulouse circulaient encore en France. Désormais, la capitale est à nouveau reliée à Nice, Tarbes/Lourdes et Aurillac.


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