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Le président américain s’est montré à de très, très nombreuses reprises bien trop optimiste quant à la fin du conflit avec Téhéran.

SAUL LOEB / AFP
Donald Trump ici s’adressant à des journalistes à bord d’Air Force One, lors d’un vol entre la base aérienne d’Andrews (Maryland) et Eau Claire (Wisconsin), le 5 juin 2026.
À force de crier au loup, plus personne n’a cru le petit berger. À deux jours de l’ouverture de la Coupe du monde qui se déroulera en très grande partie dans son pays, ainsi qu’à l’approche des midterms de l’automne, Donald Trump cherche au plus vite une sortie à la guerre en Iran, un conflit de plus en plus impopulaire aux États-Unis, et coûteux.
Serait-ce pour bientôt ? Pas plus tard que ce mardi 9 juin, le président républicain a affirmé que la diplomatie américaine menait les « derniers efforts » en vue de la conclusion d’un accord avec Téhéran, et ce malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban. « Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord », a-t-il assuré, évoquant un délai de « deux à trois jours » pour qu’il soit conclu.
Oui mais voilà, faut-il encore croire Donald Trump sur le sujet, après 100 jours de guerre et l’entrée en vigueur le 8 avril d’un cessez-le-feu pour le moins fragile ? Eh bien on en doute, des États-Unis à l’international, surtout à la lecture d’un décompte édifiant réalisé par CNN depuis le 28 février et les premiers bombardements sur l’Iran.
La chaîne d’information a en effet calculé que Donald Trump avait déjà laissé entendre… 38 fois, en un peu plus de trois mois, qu’un accord était imminent avec Téhéran ou que l’Iran était prêt à tout pour en conclure un. Pour établir cette liste, CNN s’est basée sur les déclarations de Donald Trump sur les réseaux sociaux, lors d’apparitions publiques ou pendant des interviews avec des médias.
La toute première déclaration évoquant une fin rapide au conflit remonte au 23 mars, trois semaines et demie après le début des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Donald Trump s’adresse alors à des journalistes à l’extérieur d’Air Force One au sujet de prétendus pourparlers de paix. Il cite « des points d’accord majeurs, je dirais même - presque tous les points d’accord ». En réponse, l’Iran nie même l’existence de négociation.
Le 23 mai, la journée de toutes les déclarations
« Je pense que nous allons y mettre fin (au conflit, ndlr) », réitère pourtant Donald Trump dès le lendemain, précisant toutefois : « Je ne peux pas vous le dire avec certitude ».
La même semaine, il embraye en affirmant le 25 mars que l’Iran semblait « vouloir absolument conclure un accord ». Le lendemain, lors d’une réunion du Cabinet, l’Iran « supplie de conclure un accord », selon Donald Trump.
Morceaux choisis en avril maintenant. « Je pense que c’est presque terminé, je considère que c’est très proche de la fin », dans une interview à Fox Business le 15. On retient aussi le 30 avec cette citation dans le plus pur style du républicain : malgré le fait que les négociations n’aient pas abouti, l’Iran « mourait d’envie de conclure un accord ».
En mai, la palme revient la journée du 23 où il multiplie les interventions médiatiques sur le sujet. Il déclare pêle-mêle que son administration est « sur le point de conclure » un accord, que l’accord est « en grande partie négocié, sous réserve de finalisation », puis, toujours le même jour, que l’accord sera annoncé « prochainement » et que les « derniers points » sont en cours de discussion.
Dès le lendemain, et comme il l’a aussi fait à plusieurs reprises depuis le 28 février, Donald Trump temporisait néanmoins. « J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », écrit ainsi le président sur Truth Social, prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens restera en vigueur « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé ».
On l’a donc bien compris, le décompte de CNN pourrait s’allonger ces prochains jours. D’autant plus que Téhéran continue d’exiger que le Liban fasse partie d’un accord pour mettre fin à la guerre avec Israël et les États-Unis, ce que rejette pour le moment Washington, qui souhaite aborder le dossier libanais dans un second temps. À voir si cela empêchera le petit berger de continuer à crier au loup.


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