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Pendant vingt ans, Donald Trump n'a pas arrêté d'égratigner le coût qu'avait engendré la guerre en Irak. Lors de sa campagne présidentielle de 2016, il avait d'ailleurs attaqué George W. Bush, accusant l'ex-président d'avoir provoqué en 2003 un "désastre pour le pays" et pris "l'une des pires décisions jamais prises".
Sauf qu'aujourd'hui, ces paroles lui reviennent à la face. Pourquoi ? Tout d'abord parce que Donald Trump avait toujours promis de mettre fin aux guerres au Moyen-Orient. Il vient ici d'en déclencher une nouvelle. Ensuite, le coût de sa guerre contre l'Iran coûte cher. Selon des médias américains, le contrôleur financier du Pentagone aurait déclaré au Congrès lors d'un briefing que les six premiers jours de la guerre avaient coûté 11,3 milliards de dollars. De plus, comme le relaie Newsweek, le président républicain réclame déjà davantage d'argent d'avance que ce que Bush n'avait réclamé en 2003 pour attaquer en Irak.
Ainsi, d'après un haut responsable de l'administration qui s'est confié au Washington Post, pour financer la suite des opérations en Iran, le Pentagone demanderait 200 milliards de dollars (soit 173 milliards d'euros). Newsweek rapporte que ce montant est supérieur de 67 milliards de dollars à celui demandé par Bush au Congrès au moment du lancement de l'invasion en Irak, en mars 2003. En effet, si l'ancien président avait à l'époque demandé 74,7 milliards, le média américain estime qu'avec l'inflation, cela reviendrait aujourd'hui à un montant d'environ 133 milliards. On est donc très loin des 200 milliards demandés par le gouvernement Trump…
Comment expliquer cette différence de coût ?
Ce qui peut surprendre, c'est que les États-Unis ne doivent pourtant pas ici assister des troupes au sol comme ce fut le cas en Irak. Mais les nouvelles technologies liées à une guerre moderne ont un coût non négligeable.
À titre d'exemple, Newsweek rapporte que durant les premiers jours du conflit, pour neutraliser les cibles principales, les USA ont utilisé des missiles Tomahawk qui coûtent environ 3,5 millions de dollars pièce. Après quatre jours, une fois le contrôle de l'espace aérien iranien acquis, les États-Unis ont commencé à utiliser des armes et munitions moins coûteuses. Mais de manière générale, une opération aérienne exige une infrastructure et une logistique différentes d'une occupation terrestre, mais les coûts initiaux sont plus élevés.
Toujours est-il que des dents grincent au pays de l'Oncle Sam quant à ces coûts faramineux. D'autant plus que la guerre en Iran a aussi un impact sur le portefeuille du citoyen américain, qui a vu le prix du carburant augmenter.
Guerre en Iran: le point sur les derniers événementsMais du côté des autorités, on tente de se défendre. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a ainsi déclaré que la majeure partie des 200 milliards de dollars réclamés ne représente pas le coût de la guerre, mais celui du développement des capacités militaires américaines. "Écoutez-moi, moi qui suis l'un des centaines de milliers à avoir combattu en Irak et en Afghanistan, à avoir vu les administrations précédentes dilapider la crédibilité américaine : ce n'est pas ce genre de guerres", a-t-il affirmé.
Toujours est-il que selon des historiens et experts militaires, une erreur est peut-être bien en train de se répéter entre les deux guerres. À savoir une mauvaise estimation du coût que celle-ci représente. À l'époque de Bush, toutes les estimations se sont révélées spectaculairement erronées.
"La guerre avec l'Iran va se terminer bien plus vite" : les propos de Netanyahu font chuter le pétrole de plus de 2%L'histoire va-t-elle se répéter ? Newsweek rappelle que le combat de Trump n'est toutefois pas encore gagné car si Bush avait plus ou moins facilement obtenu l'aval du Sénat en 2003 pour financer la guerre en Irak (le président bénéficiait à l'époque d'un élan post-attentat du 11 septembre 2001), l'actuel président républicain fait face à un problème de taille. En effet, il ne sera pas évident d'obtenir les 200 milliards voulus, car cela requiert 60 voix au Sénat et il y a peu de chance que des démocrates soutiennent le projet.
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