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Colombie: un ex-chef des Farc s'inquiète de violences face aux menaces du président élu

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Par Le Figaro avec AFP

Le 15 juillet 2026 à 05h17

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Le président élu de la Colombie, Abelardo de la Espriella, à Bogota, Colombie, le 25 juin 2026.

Le président élu de la Colombie, Abelardo de la Espriella, à Bogota, Colombie, le 25 juin 2026. Sergio Acero / REUTERS

Selon les experts, les groupes armés illégaux ont gagné en puissance au cours des quatre dernières années en Colombie.

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Un ancien commandant des ex-Farc colombiennes s'est inquiété mardi auprès de l'AFP des «messages de haine» susceptibles d'alimenter la violence, répondant au président élu qui menace de l'emprisonner et de révoquer un élément clé de l'accord de paix de 2016 conclu entre la guérilla et l'État.

Rodrigo Londoño, alias Timochenko, a expliqué que d'anciens chefs de la guérilla aujourd'hui dissoute avaient écrit à Abelardo de la Espriella pour reconnaître sa récente victoire électorale et solliciter un dialogue afin d'«honorer» l'accord de paix dont ils sont signataires.

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M. de la Espriella, avocat novice en politique, représente la droite dure et prône la manière forte contre les groupes armés. Qualifiant Timochenko de «criminel de guerre» qui «mérite la prison à vie», il entend bombarder les bandes impliquées dans le trafic de drogues et mettre fin aux négociations infructueuses engagées par l'actuel président de gauche, Gustavo Petro, avec les dissidences des ex-Farc toujours actives.

«Le dialogue est essentiel pour instaurer la paix»

Le président élu veut également supprimer le tribunal spécial qui juge les crimes commis pendant le conflit entre les rebelles et l'État, celui-ci appliquant des peines alternatives à l'incarcération pour les anciens guérilleros et militaires dont les témoignages aident à faire la lumière sur les événements.

Au jour de l'anniversaire des 10 ans de l'accord de paix, Rodrigo Londoño a estimé que ses signataires étaient constamment cibles de «stigmatisation» et de «messages de haine». «Il y a des gens qui, avec une parole privilégiée, diffusent ces messages et c'est extrêmement dangereux (...) Il est très important que l'on baisse le volume de ces messages de haine», a-t-il appelé. Quelque 13.000 guérilleros ont déposé les armes au moment de l'accord, pour tenter de se réintégrer à la société. Parmi les signataires, 492 ont été tués, selon la Mission de vérification de l'ONU.

Mardi, Timochenko et six autres leaders historiques des ex-Farc, dont Pastor Alape, Pablo Catatumbo et Julian Gallo, ont réassuré dans une lettre à Abelardo de la Espriella leur «engagement inébranlable à respecter» la paix. «Nous espérons que l'État colombien honorera l'accord conclu avec la même sincérité.» «Je pense que le dialogue est essentiel pour instaurer la paix. C'est comme cela que nous, humains, pouvons nous comprendre les uns les autres», a affirmé Timochenko.

Selon les experts, les groupes armés illégaux ont gagné en puissance au cours des quatre dernières années en Colombie. Abelardo de la Espriella doit prendre ses fonctions le 7 août.

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