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Collision sur Queen-Victoria : le muraliste Serge Malenfant est la victime

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L’artiste peintre, illustrateur et muraliste Serge Malenfant a perdu la vie dans l’accident de moto survenu samedi sur le boulevard Queen-Victoria. Il laisse un héritage majeur dans le paysage culturel sherbrookois.

Selon le Service de police de Sherbrooke (SPS), une camionnette serait entrée en collision avec sa motocyclette. Les autorités avaient des motifs de croire que l'homme dans la camionnette conduisait avec les capacités affaiblies par la drogue, a expliqué le porte-parole du SPS, Benoit Pellerin.

L’homme de 34 ans est accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort. Il fait aussi face à une accusation d'agression armée en lien avec un autre événement survenu plus tôt dans la journée.

Serge Malenfant était connu comme le fondateur de MURIRS, l’organisme à l'origine de plusieurs murales historiques qui ont transformé le paysage du centre-ville de Sherbrooke.

Le projet est né de son désir de sortir l’art des musées et des galeries pour l’intégrer directement dans l’espace public.

Par ses murales, il souhaitait faire découvrir l’histoire de Sherbrooke et rendre hommage aux personnes qui ont façonné la ville. L’organisme a réalisé 18 murales avant sa fermeture en 2020. D’ailleurs, peu après l'annonce de la dissolution de MURIRS, M. Malenfant avait été honoré par la Ville de Sherbrooke pour son apport à la culture sherbrookoise.

Même après la fin des activités de MURIRS, Serge Malenfant a continué à travailler à différents projets artistiques.

L’artiste avait notamment participé récemment à l’installation de la murale d’Adèle Blais, au centre-ville. Il travaillait aussi à un projet de murale intérieure à l’aréna Eugène-Lalonde, consacré aux patineurs et aux patineuses de vitesse.

Un hommage de la communauté culturelle

Plusieurs acteurs du milieu culturel sherbrookois ont réagi avec émotion à l’annonce de sa mort.

Sylvie L. Bergeron, présidente du conseil d’administration du Conseil de la culture de l’Estrie et responsable de la radio communautaire CFLX, affirme être consternée, affligée, sous le choc.

C'était un ami des arts. [...] Serge avait cette bonhomie, il avait aussi cette intention de rendre hommage à des gens qui ont fait l'histoire à Sherbrooke, confie-t-elle.

Jean Perreault, qui a été maire de Sherbrooke entre 1994 et 2009, a bien connu Serge Malenfant. En 2002, à l'hôtel de ville, il est entré dans mon bureau, puis il a dit : "Monsieur le maire, j'ai un beau projet, j'ai rencontré tout le monde, ils sont tous emballés pour des murales, mais personne n'a les sous."

La première murale a été inaugurée à l'intersection des rues Frontenac et Wellington Nord, à l'occasion du 200e anniversaire de Sherbrooke.

Je lui lève mon chapeau et je le remercie de s'être engagé avec nous parce que ça prenait de l'audace. Je le voyais travailler en avril et en mai, quand il pleuvait, il faisait froid. Il était là, il faisait l'ouvrage. Disons que c'est assez exceptionnel, ce qu'il a réalisé avec l'équipe de MURIRS.

La mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, s'est aussi exprimée sur les réseaux sociaux. J'ai eu le privilège de collaborer avec Serge à l'époque de la Cité des rivières. J'y ai découvert un homme rigoureux, généreux et rassembleur, capable de rallier citoyens, artistes et partenaires, a-t-elle écrit.

Chaque fois que nous lèverons les yeux sur nos murales sherbrookoises, c'est notre histoire que nous verrons... et un peu de toi cher Serge.

Pour le conseiller municipal du district de l'Université et maire suppléant, Paul Gingues, les murales réalisées par Serge Malenfant revêtent une importance capitale pour Sherbrooke.

Lorsque les gens débarquent à Sherbrooke, ils veulent savoir ce qu'il y a à voir et les murales arrivent toujours en tête de liste. Les gens font le tour des murales, ils voient l'histoire de Sherbrooke, les grands acteurs et actrices, que ce soit la boulangère du coin ou la première compagnie de téléphone, des grands sportifs. Alors, c'est quand même phénoménal l'œuvre qu'il laisse pour la génération actuelle et celles à venir.

Sherbrooke vient de perdre un grand défenseur du patrimoine, une belle personne, un grand artiste et un visionnaire qui se basait sur l'histoire et sur le passé pour mettre en avant ses œuvres.

Jean Perrault, Ivan Beaulieu et Serge Malenfant sourient devant la murale.

Jean Perrault devant la murale du Panthéon des sports de Sherbrooke, au Palais des sports. Il est accompagné d'Ivan Beaulieu, bénévole au Panthéon et de Serge Malenfant de MURIRS.

Photo : Gracieuseté : Musée d’histoire de Sherbrooke

Le Musée d’histoire de Sherbrooke (Mhist) souligne également la contribution exceptionnelle de l’artiste. Un homme de cœur et de passion, un artiste, un rêveur et surtout un amoureux de Sherbrooke et de notre patrimoine, écrit l’organisation dans une publication.

Le musée rappelle que ses murales en trompe-l’œil à caractère historique ont contribué à faire rayonner Sherbrooke au-delà de la région.

Pour certains, son départ marque la perte d’un homme qui aura consacré sa vie à mettre en valeur l’histoire et l’identité de la ville.

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