Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Colette Jéramec et Pierre Drieu la Rochelle, une histoire d’amour

2 day_ago 18

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Colette Jéramec et Pierre Drieu la Rochelle, une histoire d’amour

La rentrée littéraire de Pascal Louvrier (2)

Colette Jéramec et Pierre Drieu la Rochelle, une histoire d’amour L'écrivain Jean-Noël Orengo © JF PAGA / Grasset

Jean-Nöel Orengo publie La Rédemption et retrace comment l’écrivain fasciste Pierre Drieu la Rochelle est parvenu, en 1943, à sauver du camp de Drancy son ex-épouse juive, Colette Jéramec, et ses deux enfants.


Pierre Drieu la Rochelle, voilà un nom qui sent le soufre. Écrivain fasciste et antisémite, partisan de Doriot et du PPF, parti collaborationniste, directeur de la NRF en septembre 1940 sous contrôle allemand, le dossier est lourd. Mais bien sûr avec les écrivains l’affaire n’est jamais simple, surtout quand ils ont du talent, et Drieu en avait surtout aux yeux des âmes sensibles attirées par les causes perdues et les femmes fatales. Les femmes, Drieu les aimantait. Dandy, un brin rêveur, angoissé par la mort, il avait de belles cartes en main. Et puis, il portait une fêlure comme on porte à Venise un masque les soirs de fête libertine. L’écriture était sa raison d’être. Quand il s’est senti sec, il s’est acharné à quitter la scène. Il bandait difficilement, croyait mal faire l’amour, ne supportait pas son corps. Un cocktail détonnant de frustrations.

Pierre Drieu La Rochelle © D.R.

La jeune et riche Colette Jéramec est tombée amoureuse de cet homme secret et ambigu, ami d’enfance de son frère André. Ils se sont mariés en 1917, en pleine « boucherie héroïque », contre l’avis des parents de Colette. Puis ils se sont séparés. Malgré les caresses maladroites et confuses de Drieu, elle a continué de l’aimer. Quand elle le revit à Rome, en 1934, elle lui demanda avec insistance de lui faire un enfant. Drieu venait de publier Socialisme fascisme, mais cela n’avait pas d’importance. C’était également un grand coureur. Comme il le confia un jour à son ami Malraux, il détestait les femmes car il ne pouvait se passer d’elle.

A lire aussi: Rappeneau, la grâce et l’enchantement

J’avoue en avoir un peu assez des écrivains qui ont choisi le camp de la défaite et de la honte, même si certains finissent pléiadisés. Le roman de Jean-Noël Orengo, La Rédemption, ne juge pas Drieu. Lui-même a écrit qu’il avait joué, perdu et qu’il méritait la mort. Il tint parole le 15 mars 1945, en ouvrant le gaz, après avoir avalé trois tubes de gardénal. Ce qui importe à Jean-Noël Orengo, auteur de six romans, dont Vous êtes l’amour malheureux du Führer (2024), c’est que Drieu, en 1943, soit parvenu à sauver Colette et ses deux jeunes fils internés à Drancy, antichambre d’Auschwitz. Comme le résume le romancier, « pour y parvenir, il fallait être compromis et se compromettre encore plus. » En d’autres termes, seul un salaud pouvait réussir ce geste noble. Le contraire de Sartre, qu’Orengo n’épargne pas, en rappelant son attitude pendant l’Occupation. Il précise que « Sartre aux mains sales » avait placé sur une liste d’épuration Drieu, alors que ce dernier l’avait fait libérer du stalag.

De Colette Jéramec (1896-1970), on ignorait presque tout. Réparation est faite. Elle apprit sa judéité par hasard, détestait sa classe sociale, son argent, devint mécène des surréalistes. Elle fut également une brillante scientifique. À Drancy, elle refusa de porter l’étoile jaune, écrivit à Drieu pour qu’il la sauvât avec ses deux enfants. Pourtant l’écrivain était antisémite. Mais elle devait savoir que l’homme n’était pas profondément mauvais. Du reste, en 1944, Malraux tendit la main à Drieu. Il lui proposa de l’exfiltrer en l’incorporant sous un faux nom à la brigade Alsace-Lorraine. L’auteur du Feu Folet – un bide à sa publication – refusa. Comment parvint-il à délivrer du piège mortel Colette et ses deux enfants ? Orengo avance plusieurs hypothèses. Le résultat, c’est que cet écrivain rempli de haine à l’égard des juifs, des homosexuels – il aurait néanmoins partagé une « séance de gymnastique peu ordinaire » avec Aragon – et de la gent féminine, réussit dans sa délicate entreprise. Orengo résume : « Se salir dans les mots, s’anoblir dans les actes. » Le roman éclaire les contradictions d’un homme qu’on ne peut totalement haïr.

Une chose est certaine : Colette aimait profondément Pierre. Et je crois que c’était réciproque. En tous cas, elle lui donna l’occasion de se racheter.

Jean-Nöel Orengo, La Rédemption, Grasset, 416 pages.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway