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Depuis environ un an, la présence de personnes en situation d’itinérance, parfois en crise, fait des vagues dans le secteur du Carrefour La Baie, à Sept-Îles. La dynamique crée un malaise chez les employés des commerces et des organismes du secteur.
Affairés à renouveler des prescriptions, certains employés de la pharmacie Proxim de Sept-Îles sont inquiets. La gestionnaire de la pharmacie, Marie-Claude D’Amour, témoigne d’un sentiment d’insécurité.

Marie-Claude D’Amour explique que certains employés craignent d’interagir avec les personnes itinérantes.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Quand on arrive, parfois, ils [ les itinérants ] sont couchés dans le corridor ou ils sont dans la salle de bain puis, malheureusement, ils sont désorganisés, se sont chicanés avec un autre. Je vais vous dire que nos étudiants sont apeurés, dit-elle.
On le voit beaucoup plus. On voit la dépendance qui est accrue. On en connaît aussi qui ont perdu leur appartement. Ils viennent ici se réchauffer ou quêter.

Marie-Claude D’Amour dit avoir dû faire appel à la police à plusieurs reprises.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Selon divers occupants de l’immeuble rencontrés mardi, certains consomment des stupéfiants à proximité ou à l'intérieur du bâtiment.
La direction du Carrefour La Baie n'a pas souhaité accorder d’entrevue. Elle affirme toutefois que la situation s'améliore et qu’elle a pris des mesures pour assurer la sécurité du personnel, bien qu'un sentiment d’insécurité persiste.

Certaines personnes en situation d'itinérance consomment des stupéfiants près de l'entrée et même à l'intérieur du centre commercial, selon des commerçants et des organismes rencontrés.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
De son côté, la pharmacie ferme sa grille plus tôt en journée et limite le nombre de clients pour ne pas avoir de surprise.
On aide comme on peut
La pharmacie met la main à la pâte comme elle peut. On essaye d’être compréhensif et de ne pas être dans le jugement, explique Marie-Claude D’Amour.
Le commerce a récemment mis en place une boîte contenant des gants, des chauffe-mains et de la nourriture pour les sans-abris.

La pharmacie Proxim de Sept-Îles offre de la nourriture et des gants aux personnes en situation d'itinérance.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
De son côté, la codirectrice du Centre d'intervention Le Rond-Point, Marie-Ève Normand, reconnait que la cohabitation avec des personnes en situation d'itinérance peut être difficile pour le public. C’est une clientèle challengeante, même pour nous, dit-elle.
Elle soutient néanmoins que la société à un rôle à jouer pour aider des citoyens vulnérables.

En raison d’inquiétudes soulevées par des citoyens du district de Marie-Immaculée, la halte-chaleur qu'opère le Rond-Point a d’ailleurs dû changer d’emplacement en décembre dernier.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
On a une responsabilité collective envers ces gens-là d’en prendre soin et c’est sûr que ça va coûter quelque chose. Il n'y aura pas de miracle.
Elle se dit aussi consciente que tout le monde ne peut pas être un intervenant de rue et souligne que les policiers peuvent intervenir lorsqu’un individu se désorganise.
La Ville prête à collaborer
Bien qu’il se dit surpris par la situation au Carrefour La Baie, le maire de Sept-Îles, Benoit Méthot, comprend la réaction du personnel.
Il appelle aussi à la tolérance mais demande aux citoyens de ne pas hésiter à contacter la police en cas de besoin.

La Côte-Nord est la deuxième région au Québec avec la plus forte augmentation d'itinérants recensés selon des données du ministère de la Santé et des Services sociaux. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Simon Lavictoire
D'ailleurs, à Sept-Îles, une équipe mixte d’intervention (EMIPIC), composée de policiers et d’une travailleuse sociale du CISSS de la Côte-Nord, patrouille la ville pour intervenir entre autres auprès d’itinérants.
Dès qu’on a de l’itinérance, on se doit de gérer ça comme une crise. Socialement, ce n’est pas acceptable.
Questionné au sujet du plan de la Ville de Sept-Îles en matière d’itinérance, Benoit Méthot souligne que la Municipalité s'appuie sur l’expertise des organismes communautaires et du CISSS de la Côte-Nord.

Benoit Méthot affirme que le champ d'intervention des municipalités dans le dossier de l'itinérance est limité.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Il demeure néanmoins ouvert à collaborer avec le milieu pour déterminer si d’autres actions pourraient être entreprises par la Ville.
La Ville planche aussi sur un projet de 121 logements abordables, lancé par CODELO, qui devrait voir le jour en 2026.
Ça ne réglera pas le problème, mais ça va peut-être s'amoindrir. Ça va peut-être régler le problème pour certains. C'est une portion de la solution, mais la situation est complexe, ça va prendre une multitude d'initiatives, conclut-il.


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