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Une photo prise par un satellite de la Nasa le 26 décembre dernier montre un bloc de glace très différent qu'à l'accoutumée. Ce sont en réalité les signes précurseurs de sa disparition.
La rédaction - Aujourd'hui à 08:30 - Temps de lecture :
Nous sommes en 1986. Le film Top Gun sort en salles, un accident nucléaire majeur se produit à Tchernobyl, Daniel Balavoine et Coluche disparaissent prématurément et un bloc de glace immense, équivalent à la moitié de la Corse, se détache de la plateforme de glace de Filchner-Ronne en Antarctique (ce qu’on appelle le vêlage), nous rappelle Futura.
De 1986 à 2020, cet iceberg d’environ 4 000 km2, soit le plus grand du monde, est resté attaché au fond de la mer. Voilà cinq ans qu’il se déplace et s’éloigne du « Continent Blanc ».
En train d’imploser
Mais, plus récemment, l’observation de l’iceberg baptisé "A23a" a suscité l’inquiétude des spécialistes. Le 26 décembre dernier, une image d’un satellite de la Nasa montre un bloc de glace d’une couleur bien différente. A23a, qui ne mesure plus que 1 100 km2, a pris une teinte bleue. Une couleur qui confirme les pires prédictions à son sujet.
Le bleu que l’on aperçoit sur la photographie correspond en réalité des immenses quantités d’eau liquide qui se sont accumulées dans les fissures de la glace, forçant alors celles-ci à s’ouvrir. C'est ce qu'on appelle l'hydrofracturation. Cela forme des « étangs de fonte » contenus, pour le moment, dans le bloc de glace. Pour la Nasa, cela est « probablement le résultat de phénomènes de désintégration en cours ». L’iceberg est en train d’imploser et devrait disparaître complètement dans peu de temps, rapporte le média Presse-citron.
Une catastrophe écologique
Les scientifiques ne voient pas A23a survivre à l’été austral 2026, de mi-juin à mi-septembre. Cette disparition prématurée est la conséquence du réchauffement climatique, lui-même largement induit par les activités humaines. En se dissolvant complètement, A23a va libérer des immenses quantités d’eau douce ainsi que les nutriments qu’il renfermait depuis des milliers d’années. C’est d’ailleurs le seul point positif de sa disparition : il va permettre la prolifération de phytoplanctons, à la base de la chaîne alimentaire, qui vont se nourrir des minéraux laissés.
En revanche, sa fonte complète va perturber les courants marins, accélérer la fonte d’autres glaciers, et menacer des espèces endémiques de l’océan Austral. Une catastrophe écologique de plus... que le monde regarde aussi gelé que l'était A23a.


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