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Il était 23h40 le 15 octobre 2026 quand l’avion d’Air France transportant la dépouille de Clement Atangana a touché la piste de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Décédé à Paris le 4 octobre, à 85 ans, l’ancien président du Conseil constitutionnel rentre au pays après une maladie. Sur le tarmac, une partie du Conseil l’attendait. Le silence, d’après la presse présente, était déjà lourd.
Une arrivée à Nsimalen, près de minuit
Le vol a atterri à 23h40. Le Conseil constitutionnel était représenté par son doyen d’âge, le Pr Paul Nchoji Nkwi, qui conduisait la délégation. Des membres du gouvernement, des responsables de la Cour suprême et de l’ordre judiciaire, des parlementaires, le comité central du RDPC avec son secrétaire général, des administrateurs, des chefs traditionnels et des membres de la CERAC avaient fait le déplacement.
La dépouille était accompagnée par Joseph Malegoh Aseh, secrétaire général du Conseil constitutionnel, et par André-Magnus Ekoumou, ambassadeur du Cameroun en France. La veuve du défunt et quelques proches voyageaient avec eux.
Sur le tarmac, selon le reportage, certains ont pleuré, d’autres sont restés les yeux rivés au sol. Une douleur collective, dit le texte.
Les formalités d’arrivée terminées, le cercueil, recouvert du drapeau national, a été conduit dans un hall de l’aéroport. Les membres du Conseil sont passés devant lui avant qu’il soit posé au centre de la salle. Une brève cérémonie interreligieuse a suivi.
Trois officiants. L’archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, a parlé de la mort comme d’un passage vers l’éternité et a prié pour le repos de l’âme du défunt, demandant à Dieu de consoler la famille, les collègues et les amis. L’imam Nsangou Mohamed Nouroudine, au nom de la communauté musulmane, a délivré un message d’endurance et de patience aux membres du Conseil et à la famille, en insistant sur l’entraide et la vie en commun. Le pasteur protestant, enfin, a rappelé que l’homme vient de la poussière et y retourne, et invité l’assistance à « s’efforcer de faire le bien et de chercher la justice avec engagement ».
Ensuite, direction la morgue de l’Hôpital général de Yaoundé, dans l’attente des obsèques.
Un rituel qui dit quelque chose du Conseil
Ce qui frappe dans ce reportage, c’est le dispositif. Gouvernement, magistrature, Parlement, parti au pouvoir, chefs traditionnels : tout ce que la République compte d’institutions était là, à minuit passé, pour un homme qui n’était plus. C’est dire le poids du personnage.
Il faut rappeler qui était Clement Atangana. Premier président du Conseil constitutionnel depuis son installation effective en 2018, il a dirigé l’institution pendant huit ans environ. Le Conseil valide les lois, régule les institutions et proclame les résultats des élections présidentielle et parlementaires. Son départ a laissé le poste vacant jusqu’à la nomination de Remy Nama, le 16 octobre.
Une chose intrigue : la présence conjointe d’un archevêque, d’un imam et d’un pasteur. Cela n’a rien d’inhabituel au Cameroun pour les obsèques publiques, mais ça rappelle quand même que le Conseil constitutionnel se veut au-dessus des clivages. Du moins sur le papier.
Et puis il y a la date. Le dépôt à la morgue a eu lieu la veille du décret nommant son successeur. Coïncidence ? On ne le saura pas, et il n’est pas utile de spéculer. Mais l’enchaînement est là.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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