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L’Orchestre symphonique de Québec annoncera lundi, en même temps que le programme de sa prochaine saison, le renouvellement du contrat de son directeur musical Clemens Schuldt pour une durée de quatre nouvelles années. Le Devoir a pu s’entretenir avec le chef.
Le renouvellement de Clemens Schuldt, qui a réussi à dynamiser l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), en renouvelant ses cadres et son public, était attendu et espéré.
Après un mandat initial de quatre saisons, le chef allemand en aura désormais quatre autres devant lui, y compris, de fait, l’importante saison 2027-2028, celle du 125e anniversaire du plus vieil orchestre au pays.
Plan de match
« Les quatre premières années ont été consacrées à l’amélioration de la qualité de l’orchestre et à la découverte mutuelle. Pour les quatre prochaines, je souhaite insister sur la diversité stylistique. Nous y avons déjà travaillé, mais je veux que nous jouions encore plus, de manière encore plus spécifique, le répertoire russe, allemand, français ou la musique de la période classique. Nous allons, par exemple, commencer à interpréter des symphonies de Beethoven avec des trompettes anciennes. Cela mise sur une force de l’orchestre : son ouverture. Les musiciens veulent s’améliorer, ils ont une exigence incroyable, qui me fait plaisir. C’est pour ça que j’ai accepté de prolonger mon contrat : le travail porte ses fruits, et les musiciennes et musiciens veulent aller plus loin. »
Les initiatives de Clemens Schuldt resteraient lettre morte sans le répondant du public. « Il nous fait confiance, les nouvelles idées fonctionnent, et je veux surfer sur cette vague, combiner la musique nouvelle avec la musique ancienne. Des expériences comme celle avec le contre-ténor Nils Wanderer, où nous avons traversé les siècles, de Purcell à Adèle, ont déclenché des tonnerres d’applaudissements. Je peux être expérimental et créatif à Québec, et le public suit. »
Clemens Schuldt a aussi renouvelé plusieurs postes à l’OSQ. « Nous avons trouvé notre violon solo, Sheila Jaffé, qui fait un travail merveilleux. Nous avons aussi notamment recruté un excellent basson solo et deux jeunes cornistes très talentueux. » Le prochain chantier est de pourvoir le poste de hautbois solo : « C’est très important, parce que Philippe Magnan a marqué l’orchestre pendant longtemps. Le concours est dans quelques semaines. »
125 ans
Pour la saison du 125e, les moyens financiers seront-ils à la hauteur des ambitions du chef ? « Pour réaliser mes rêves, j’ai besoin d’un budget supplémentaire presque chaque saison. Et cela n’est possible que parce que nous avons beaucoup de succès auprès du public et parce que nous attirons de plus en plus de commanditaires. Mais, bien sûr, les dépenses augmentent aussi. Par exemple, nous passons désormais une commande de composition chaque saison. Cela n’existait pas avant, donc ce budget n’existait pas. »
Clemens Schuldt rêve de son « enveloppe » pour la saison anniversaire, mais dit avoir bon espoir de l’obtenir de la Ville ou des amis de l’orchestre. « Le thème, je ne peux en révéler que ce que j’en pense, c’est “tradition et futur”, c’est-à-dire : quelle est l’histoire de l’orchestre, d’où venons-nous, avec quels compagnons de route, et quel orchestre voulons-nous être ? Nous voulons être originaux. Nous voulons créer du nouveau, et pas seulement imiter. »
Pour la saison à venir, Clemens Schuldt et l’OSQ maintiennent le rythme de la programmation de grandes œuvres sacrées, avec, notamment Un requiem allemand de Brahms, qui s’inscrira dans un mini festival Brahms. « Nous y poursuivons les idées du “Festival Beethoven” de cette saison, avec une sorte de “Brahms Plus”, soit Brahms menant au klezmer, Brahms menant au folklore, Brahms menant à la modernité. C’est ainsi que je conçois toujours les programmes, pour qu’on n’entende pas seulement du Brahms. »
Parmi les autres programmes, le directeur musical, le chef cite spontanément le trio Time for Three l’un de ses « concerts jeans » avec lesquels il veut rajeunir l’auditoire. « Time for Three est le genre d’artistes que j’aime : communicatifs, qui veulent travailler avec les jeunes de la ville et les faire monter sur scène pour le rappel, avec de la musique contemporaine sous une forme très excitante ». Il nous confie aussi son impatience de diriger la Symphonie héroïque, de Beethoven. « Ce sera mon moment fort de la saison. Je la connais par cœur, à l’endroit et à l’envers : c’est mon absolue œuvre de prédilection. »


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