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En cette semaine de la persévérance scolaire, le Carrefour Rouyn-Noranda a ouvert les portes de son milieu adapté de scolarisation, la classe Carrefour.
L'objectif est de mettre en lumière les succès de ce lieu d’apprentissage destiné aux élèves avec difficultés ou en situation de raccrochage.
C’est vraiment wow, souligne d’entrée de jeu la directrice générale du Carrefour Rouyn-Noranda, Émilie Auclair. On a des jeunes qui n’étaient pas en réussite, qui vont finalement passer leurs examens et qui ont des 80, 90 %. C’était tout naturel pour nous de mettre ça en valeur en cette semaine de la persévérance scolaire.
La classe Carrefour, les jeunes ici, il y a des petits miracles qui se passent.
La classe Carrefour possède une capacité d’accueil de 20 élèves. Ils sont une trentaine à y transiter, en moyenne, durant une année scolaire.
Ces conditions permettent, selon Émilie Auclair, d'offrir à tous un accompagnement personnalisé.
C’est des plus petits groupes, les jeunes ont un accompagnement très serré. Ils vont à leur rythme. Les élèves vont à leur rythme. Je pense que c’est une grande différence, fait-elle remarquer.

Émilie Auclair, directrice générale du Carrefour de Rouyn-Noranda.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Mme Auclair pointe aussi vers le sentiment d'appartenance qui se développe chez les élèves qui fréquentent l’endroit.
Les jeunes se connaissent, il y a des nouvelles amitiés qui se créent. C’est les liens. Les liens entre les humains, entre les élèves qui font en sorte qu’on a le goût de se lever pour revoir ses amis. On sait qu’on va être en sécurité, on sait que c’est douillet. C’est un bon tremplin pour la suite, affirme-t-elle.
Quand je suis arrivé ici, ça allait beaucoup mieux
Parmi les élèves qui fréquentent la classe Carrefour figurent des élèves de moins de 16 ans, encore en obligation scolaire et qui connaissent des difficultés à l’école.
S’ajoutent à eux des élèves en situation de raccrochage, qui étaient en période d’interruption scolaire et qui souhaitent reprendre leur parcours.

Zachary Gagnon, 17 ans, fréquente pour une deuxième année le milieu adapté de scolarisation du Carrefour de Rouyn-Noranda.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Zachary Gagnon, maintenant âgé de 17 ans, a commencé à fréquenter la classe Carrefour alors qu’il était en secondaire 4, il y a un an et demi.
Quand j’étais à D’Iberville, je me faisais intimider et les cours, c’était difficile. Quand je suis arrivé ici, ça allait beaucoup mieux, souligne-t-il.
Avec un bistro et un salon réservé aux élèves, le Carrefour Rouyn-Noranda a tout mis en œuvre pour créer un environnement chaleureux et sécurisant.
C’est un élément qui revient chez tous les élèves. On n’est pas dans une grande école secondaire. Il n’y a pas beaucoup de bruit, il n’y a pas beaucoup de distractions. La distraction, on peut la nommer par son nom, s’il y en a, donc c’est sûr que ça favorise la réussite, dit Émilie Auclair avec le sourire.

Le Carrefours de Rouyn-Noranda ouvre les portes de son milieu adapté de scolarisation. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Zachary Gagnon, qui a fait son entrée dans la classe Carrefour après une recommandation d’une psychoéducatrice, confirme cette différence avec son ancienne école.
C’est plus silencieux que les corridors, les classes [d’une grande école]. À D’Iberville, c’était beaucoup [plus] bruyant, beaucoup de personnes dans les corridors, moins d’espace pour marcher, décrit-il.
L’adolescent souligne également le ratio enseignant/élèves, plus avantageux qu’en milieu scolaire régulier. Les profs ont plus de temps, ils ont moins d’élèves à aider, fait-il remarquer.
Je prends plus plaisir à aller à l’école que quand j’étais à Iberville, parce que je peux aller à mon rythme.
Alors que les apprentissages se font en classe, les évaluations, elles, sont faites par la formation générale aux adultes et ont ainsi lieu au Centre Élisabeth-Bruyère.
C’est par là que devra passer Zachary, qui souhaite étudier en informatique au Cégep, mais qui doit avant tout réussir ses études secondaires.
Oui, je pense que je vais réussir un moment donné. Ça risque de prendre du temps, mais je vais réussir, je le sens, affirme-t-il avec détermination.


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