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Cinq produits dont le prix va augmenter à cause du pétrole

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29 mai 2026

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Vous pensez que la hausse du prix du pétrole touche seulement les automobilistes? Détrompez-vous. L’or noir et ses dérivés se retrouvent dans une multitude de produits de tous les jours. En voici cinq dont le prix est appelé à grimper.

Quand le prix du baril de pétrole augmente, on le remarque presque immédiatement dans les stations-service. Mais il n’y a pas que les automobilistes qui en sont affligés : les transporteurs aériens sont aussi au nombre des victimes de cette hausse… tout comme leurs clients. Et il s’agit d’une bien mauvaise nouvelle pour les voyageurs à l’approche des vacances.

Le prix du baril de brent, un type de pétrole brut utilisé comme indice de référence, a presque doublé depuis un an. Sa hausse a été particulièrement fulgurante depuis le début de l’attaque américano-israélienne en Iran à la fin février: il est passé de 70 $US à plus de 100 $US en à peine deux semaines. Il n’avait pas été aussi élevé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Sans surprise, le kérosène a suivi la même tendance que l’essence et se vend à un prix proche des sommets historiques. Puisque le carburant représente environ le quart des coûts des compagnies aériennes, ces dernières ont vite fait d’imposer des surcharges avoisinant les 50 $ par billet.

Les données de Kayak, une entreprise offrant un moteur de recherche consacré au voyage, illustrent bien l’augmentation des prix ces derniers mois. Car, bien que les prix augmentent généralement à l’approche de l’été, la hausse est bien plus marquée qu’à l’habitude cette année.

La semaine du 11 mai 2026, le prix moyen d’un vol international au départ du Canada était de 1248 $, près de 8 % de plus qu’à pareille date en 2025.

« La remontée des prix du carburant d’avion, stimulée par les tensions géopolitiques au Moyen‑Orient, a créé un obstacle financier important pour les voyageurs canadiens », écrivait à la mi-mai Kari Norman, économiste senior chez Desjardins.

Une escalade du conflit pourrait exacerber la situation et « comprimerait encore davantage le budget des voyages discrétionnaires », selon elle. Dans les circonstances, la coopérative s’attend à ce que les voyageurs privilégient des destinations locales.

Prenez le temps d’observer les étiquettes des vêtements que vous portez. Il y a de fortes chances que votre chandail contienne au moins l’un des produits suivants : du polyester, du nylon, de l’acrylique ou du spandex. Ce sont toutes des fibres synthétiques produites à partir de dérivés du pétrole.

Le polyester est de loin la fibre la plus répandue dans l’industrie textile, car elle est peu coûteuse à produire. Le nylon, quant à lui, est utilisé dans les collants et les vêtements de sport. L’acrylique sert de substitut à la laine dans les pulls. Et le spandex se retrouve dans les vêtements qui s’étirent, comme les leggings ou les maillots de bain.

Filatex, l’un des plus grands producteurs indiens de fils de polyester, a récemment annoncé dans une entrevue à Reuters qu’il devait maintenant payer environ 30 % de plus pour ses matières premières, soit l’acide téréphtalique purifié et le monoéthylène glycol.

Jusqu’à maintenant, les grands détaillants de mode rapide sont restés silencieux quant à d’éventuelles hausses de prix. Les collections actuelles devraient par contre être épargnées, puisque les matières premières sont achetées longtemps d’avance.

Mais Fast Retailing, l’exploitant des magasins de vêtements Uniqlo, n’exclut pas de devoir augmenter ses prix à moyen terme, a rapporté en avril le quotidien japonais The Asashi Shimbun.

« Afin que nos clients continuent d’acheter nos produits, nous devons absorber le choc autant que possible », a indiqué son p.-d.g., Tadashi Yanai, en présentant les derniers résultats financiers de la compagnie. Avant d’ajouter qu’une augmentation des prix pourrait devenir inévitable.

Vous n’avez peut-être pas besoin de gants en nitrile au quotidien, mais plusieurs corps de métiers essentiels en dépendent : il suffit de penser au personnel médical ou aux travailleurs des usines de transformation alimentaire.

Medicom est le plus grand fournisseur de gants en nitrile du Québec. Mais l’entreprise ne les produit pas elle-même, elle les achète à des fournisseurs de l’Asie du Sud-Est pour les commercialiser ici.

Puisque le nitrile est un dérivé du pétrole, son prix est sous forte pression. Guillaume Laverdure, p.-d.g. de Medicom, indique que les prix ont déjà augmenté de l’ordre de 40 à 80 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient. « On ne peut pas absorber ces augmentations de prix. Ce sont des produits pour lesquels le marché est très compétitif, et les marges sont minces », explique-t-il.

Pour le moment, Medicom ne craint pas de rupture de stock, mais de plus petites entreprises commencent déjà à avoir de la difficulté à s’approvisionner, témoigne M. Laverdure. Si la situation perdure, Medicom pourrait par contre aussi être touchée.

Au-delà de la hausse des coûts de production et de la rareté des produits, Medicom doit aussi jongler avec la hausse du coût du transport. Les gants fabriqués en Asie voyagent vers le Canada en passant par Vancouver ou Halifax. « Hors crise, pour un conteneur de l’Asie, on parle de 1000 $. Durant la pandémie, on est monté à 20 000 $. Aujourd’hui, ça coûte 10 000 $ », souligne M. Laverdure.

Medicom est en train de construire une usine de fabrication de gants en nitrile au Canada, en Ontario. L’entreprise espère ainsi avoir plus d’autonomie et de contrôle sur ses coûts de production.

Quand vous achetez un concombre du Mexique, pensez-vous à la guerre en Iran? Probablement pas, mais la hausse des prix pourrait bien vous pousser à le faire…

Le Québec importe beaucoup de denrées alimentaires, surtout en hiver, et le transport représente une part importante du prix en épicerie. Nos aliments sont aussi souvent enrobés de plastique. Un concombre qui doit parcourir 4500 km en camion entre le Mexique et le Québec a donc tout pour être vulnérable à l’explosion des prix du pétrole.

Selon Saibal Ray, professeur en gestion des opérations à l’Université McGill, si les prix du pétrole demeurent élevés, « la nourriture sera affectée plus rapidement [que d’autres produits], parce qu’il y a peu [de stocks] en raison de sa nature périssable ».

La hausse des prix du pétrole représente aussi des coûts additionnels pour les agriculteurs d’ici, qui doivent bien faire carburer leur équipement. Mais ce n’est pas tout : le tiers des engrais de la planète transite normalement par le détroit d’Ormuz, leurs prix ont donc explosé.

Les produits fertilisants, comme l’urée et l’ammoniac, coûtent tous plus cher depuis la fin février. On notera toutefois que cette augmentation s’inscrit dans une tendance à la hausse qui perdure depuis près de deux ans, selon les plus récentes données de la Banque fédérale de réserve de Saint-Louis.

« Les 29 000 fermes au Québec ont des dépenses en carburant et en engrais d’environ un milliard de dollars annuellement », rapporte Charles-Félix Ross, directeur général de l’Union des producteurs agricoles. Il estime que la guerre au Moyen-Orient pourrait entraîner une hausse des coûts de 20 % à 30 % dans ces deux postes de dépenses — une ponction « d’environ 200 à 300 millions de dollars ».

Dans quelle mesure les prix pourraient-ils monter? Et dans combien de temps? C’est difficile à dire. Les données de Statistique Canada montrent que le prix des aliments a augmenté de 6,7 % entre avril 2024 et avril 2026. Sa croissance demeure modeste depuis les premières bombes lancées contre l’Iran, mais tout porte à croire que la tendance haussière va se poursuivre.

Des champs aux tablettes, « l’effet cumulé à travers la chaîne » entraînera inévitablement de l’inflation, dit M. Ross. « Le coût du pétrole, il est partout. […] À un moment donné, il y a un transfert du prix vers le consommateur. » Et ce consommateur, il commence à être sous pression. Depuis deux ans, la hausse du prix des aliments a atteint 6,7 % au Québec.

La période estivale pourrait cependant arriver à point, reconnaît le professeur Saibal Ray, car une offre locale permet notamment de limiter les coûts de transport. Raison de plus pour privilégier les concombres d’ici.

Les jouets sous votre prochain sapin de Noël pourraient aussi coûter plus cher, selon la compagnie torontoise Spin Master. L’entreprise produit et commercialise notamment le célèbre cube Rubik, les figurines de la franchise Pat’Patrouille et celles de fées Crystal Flyers.

Les matières premières utilisées pour la fabrication de ces jouets — le plastique et la résine synthétique — sont des dérivés du pétrole. Leurs prix sont donc directement influencés par celui-ci.

La hausse du prix du pétrole ne se reflète pas encore dans le coût des jouets, car l’entreprise avait conclu des contrats à prix fixe avec ses fournisseurs avant le début du conflit. Mais ce ne sera progressivement plus le cas d’ici la fin de l’été, a averti Spin Master.

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