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Cinq ex-ministres des Relations internationales demandent l’intervention de la première ministre Christine Fréchette pour sauver l’Association internationale des études québécoises (AIEQ).
Ces anciens élus — Sylvain Simard (ministre des Relations internationales de 1996 à 1998), Louise Beaudoin (1998-2003), Pierre Arcand (2008-2010), Jean-François Lisée (2012-2014) et Christine Saint-Pierre (2014-2018) — ont transmis une lettre à la cheffe du gouvernement québécois pour qu’elle renverse la décision de son ministre Christopher Skeete de mettre fin au financement de l’organisation indépendante.
« Madame la Première ministre, de grâce, ne privez pas le Québec d’un important outil de rayonnement international ! » lui ont-ils écrit, quelques jours après avoir appris que l’AIEQ serait bientôt privée de subventions, de son bureau et de sa directrice générale.
La semaine dernière, Le Devoir rapportait que l’actuel ministre des Relations internationales, Christopher Skeete, ne comptait pas revenir sur sa décision, malgré le cri du cœur de l’AIEQ, un appareil vieux de presque 30 ans qui a formé depuis sa fondation un réseau d’environ 500 chercheurs internationaux consacrés à l’étude du Québec.
« Au fil des années, le réseau des représentations du Québec à l’étranger s’est considérablement renforcé. Aujourd’hui, nos équipes sur le terrain sont pleinement en mesure d’assurer le rayonnement culturel, scientifique et académique du Québec à l’international. Poursuivre le financement de l’AIEQ revenait à dédoubler du travail de nos équipes », a écrit le cabinet du ministre il y a une semaine pour se justifier.
« Cette vision témoigne d’une incompréhension profonde du rôle réel de l’Association et, plus largement, des mécanismes de la diplomatie d’influence », ont répondu les cinq ex-ministres dans leur lettre à la première ministre diffusée mercredi soir.
« La vocation de l’AIEQ n’est pas de se substituer à l’action diplomatique, mais de placer son action au cœur des échanges universitaires et des milieux académiques, au bénéfice du rayonnement scientifique et culturel du Québec. »
« Manque d’envergure » et « insensibilité »
Contactée jeudi, l’ancienne ministre libérale Christine St-Pierre a condamné le « manque d’envergure intellectuelle » de son successeur caquiste. « Crinquée », l’ex-ministre péquiste Louise Beaudoin a déploré une « insensibilité gravissime » de sa part.
« Il [M. Skeete] voit la chose uniquement comme un commis voyageur, alors que c’est beaucoup plus que ça, les relations internationales du Québec. C’est de la pure diplomatie douce, cette association-là », a lancé Mme St-Pierre en entrevue avec Le Devoir.
Dédié à la diffusion et au partage des connaissances, l’AIEQ effectue entre autres des tournées d’auteurs et de réalisateurs québécois, traduit et fait le don de livres portant sur le Québec et soutient des initiatives de francisation à l’étranger.
« Ce n’est pas un organisme gouvernemental, qui a pour fonction de chanter les louanges du gouvernement du Québec. C’est de la crédibilité que ça apporte comme plus-value », a lancé Mme Beaudoin, jeudi.
Christine St-Pierre dit s’être battue comme ministre pour maintenir le financement de l’AIEQ. Elle s’explique donc mal le choix du gouvernement caquiste, d’autant plus que l’organisme bénéficiait d’un budget annuel d’environ 150 000 $. « Ce sont des petits montants », a-t-elle remarqué.
« C’est un coût dramatique à mon avis par rapport au rayonnement international du Québec par rapport à un coût budgétaire qui n’a aucun rapport », a enchaîné Louise Beaudoin.
Dans leur lettre à la première ministre, les cinq anciens élus demandent que le budget de l’AIEQ soit rétabli pour au moins trois ans. « Nous sommes convaincus que vous ne souhaitez pas que votre gouvernement passe à l’histoire comme celui qui aura contribué à démanteler un outil de diplomatie d’influence patiemment construit depuis près de trente ans. Il est encore temps de corriger cette décision », ont-ils écrit.
Interrogé sur le sujet jeudi, le cabinet de la première ministre nous a référé à l’équipe du ministre Skeete.


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