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En moyenne, un million de tonnes de sel peuvent être utilisées pour le déneigement chaque année en France. Et la demande, imprévisible, peut bondir d’un coup.
Passer la publicité Passer la publicitéOn en épand chaque année près d’un million de tonnes sur les routes de France... un volume qui grimpe fortement lors des épisodes neigeux, comme ceux observés en ce début janvier. Le sel est l’un des outils clés dans le travail des gestionnaires de voiries (collectivités et opérateurs privés) pour dégager les routes en cas de chutes de neige. Un produit qui, sans être miraculeux, reste très efficace, car il permet d’abaisser la température de congélation de l’eau, et donc de faire fondre une petite couche de neige.
Mais d’où viennent ces tonnes de sel ? Il faut déjà savoir qu’il ne s’agit évidemment pas du même sel que celui que l’on retrouve à table, en tout cas pas de la même qualité. L’essentiel de ce chlorure de sodium de déneigement provient de mines de sel, qui fournissent du sel de gemme, moins pur que le sel de mer. Le groupe Salins, via sa filiale Rock, exploite la dernière mine française encore en activité, à Varangéville (Meurthe-et-Moselle). «L’exploitation du sel se fait à 160 m de profondeur», explique l’entreprise sur son site, et la quasi-intégralité de la production termine sur les routes.
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Jusqu’à 100.000 tonnes pour une seule journée
L’entreprise fournit aussi du sel de mer pour cet usage, produit en Camargue. «C’est la proximité entre les sites de production et les lieux d’utilisation qui guidera le choix vers l’un ou l’autre sel». Elle dispose ensuite de «dépôts avancés» répartis dans le pays, dont une grande partie en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l’Est, qui permettent de livrer les clients.
Des stocks importants d’autant plus nécessaires que le marché est, par nature, imprévisible. «La prévision des besoins ne dépasse pas la semaine», indique le groupe Salins, et la demande peut très vite devenir exceptionnelle, «de l’ordre de 100.000 tonnes par jour pour l’ensemble de la France», demandant donc «une très grande anticipation en termes de disponibilité du produit».
Moins de 10 centimes le kilo
Le prix de ce sel de déneigement «dépend pour beaucoup de la distance sur laquelle il est nécessaire de le transporter», explique Rock, qui estime que celui-ci «excède rarement 10 centimes d’euros au kilo». «Le coût de la totalité du sel épandu sur les routes françaises au cours d’un hiver normal, ajoute l’entreprise, représente moins que la recette journalière des péages autoroutiers lors d’une journée de départ en vacances.» Il est utilisé soit directement sur la route, soit en saumure (mélangé à de l’eau), soit en bouillie (saumure + sel).
Le sel de déneigement n’est toutefois pas miraculeux, car il n’est plus efficace lorsque la neige devient trop intense ou les températures trop basses. Il doit aussi être utilisé avec parcimonie, car lorsque la neige fond, elle forme de l’eau salée qui ruisselle vers les cours d’eau et peut augmenter la salinité de certains milieux naturels - c’est par exemple le cas dans de nombreux lacs d’Amérique du Nord. L’entreprise Rock estime toutefois que «correctement utilisé, le sel est très peu impactant sur l’environnement», notamment en respectant la dose lors de l’épandage.


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