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Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a reçu jeudi le rapport très attendu d’un comité indépendant évaluant un nouveau partenariat énergétique entre sa province et le Québec.
Selon Tony Wakeham, la publication du document devra attendre, le temps que le gouvernement et ses avocats scrutent le document.
J’ignore ce qui est dans le rapport, a-t-il expliqué, soulignant qu’il n’avait pas parlé aux membres du comité depuis sa création en décembre. Visiblement, il faudra demander à nos avocats de s’assurer qu’il ne s’y trouve pas d’infos qu’on ne peut pas rendre publiques.
Le comité composé de trois experts, établi par les progressistes-conservateurs environ un mois après qu'ils ont remporté les dernières élections, avait jusqu’à jeudi pour analyser l’entente de principe concernant l’énergie produite sur le fleuve Churchill, au Labrador.
L’accord annoncé en décembre 2024 vise à remplacer le contrat de 1969 portant sur la centrale hydroélectrique de Churchill Falls, une entente de longue haleine qui rime avec rancœur à Terre-Neuve-et-Labrador. Il ouvre aussi la voie à la construction de deux nouvelles centrales – Churchill Falls 2 et Gull Island, en aval du complexe existant. Hydro-Québec serait maître d’œuvre des deux projets et s’emparerait de presque toute leur production.
L’entente provisoire expire jeudi, mais des deux côtés de la frontière, les parties soulignent que rien n’empêche les pourparlers de se poursuivre.
Le rapport doit donner la marche à suivre aux progressistes-conservateurs, qui songeaient à bonifier l’accord pendant les élections, mais qui ont depuis hésité à préciser leur plan de match, préférant attendre les conclusions du comité.
Tony Wakeham a reconnu jeudi que lorsque la stratégie du gouvernement sera établie, des mois de négociations entre les deux provinces seront probablement nécessaires avant de transformer l'entente provisoire en accords défintifs faisant des centaines de pages. Une situation inquiétante, selon l'opposition libérale de Terre-Neuve-et-Labrador, qui rappelle la possibilité d'un changement de gouvernement à Québec en octobre prochain.
Des fonds mis de côté pour un référendum sur les ententes définitives
Dans son premier budget, déposé mercredi, le gouvernement Wakeham a mis de côté 8 millions $ pour tenir un référendum sur les ententes définitives entre leur province et le Québec, une promesse phare des élections.
Une élection traditionnelle coûterait environ 8 millions $. Nous avons donc prévu dans notre budget des fonds, dans cette éventualité, a affirmé le ministre provincial des Finances, Craig Pardy, dont le budget ne tient pas compte des potentielles recettes fiscales liées aux projets de construction à l'étude par Hydro-Québec et Hydro Terre-Neuve-et-Labrador.
Nous croyons tous que nous serons en mesure de parvenir à une entente. Est-ce que nous voulons le faire? Oui, à 100 %, a soutenu Craig Pardy, tout en soulignant que les projets demeurent théoriques, pour le moment.
Est-ce que nous voulons absolument les inclure [Churchill Falls et Gull Island] dans nos prévisions budgétaires? Oui, à 100 %, a poursuivi celui qui a annoncé un déficit de 688 millions $ pour l’exercice en cours et des déficits dépassant le milliard de dollars d’ici la fin de décennie. Aucun retour à l’équilibre n’est envisagé.

Le ministre des Finances de Terre-Neuve-et-Labrador, Craig Pardy, a pris les questions des médias la veille de son premier budget, le 28 avril 2026, à la Chambre d'assemblée à Saint-Jean.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
T.-N.-L. en position de force, dit Pardy
Selon les libéraux provinciaux, dont l’ancien chef Andrew Furey a annoncé l’entente provisoire, l’accord va permettre de renflouer les coffres de la province la plus endettée du pays, rapportant 225 milliards $ au Trésor public d’ici 2075. Les détracteurs de l’entente estiment cependant qu’elle ne permet toujours pas à Terre-Neuve-et-Labrador de profiter au maximum de l’énergie produite sur son territoire.
Tony Wakeham a répété à maintes reprises depuis les élections que le rapport d'experts va lui permettre de prendre des décisions plus éclairées sur l'avenir de l'accord provisoire.
En vertu du contrat béton de 1969, qui n’expire qu’en 2041, le prix de l’énergie de Churchill Falls est fixé à seulement 0,2 cent le kilowattheure. Hydro-Québec achète presque toute la production du complexe de 5428 mégawatts, la revendant à prix fort.
Grâce au nouveau partenariat, le prix moyen de l’énergie serait de 5,9 cents le kilowattheure d’ici 2075. En contrepartie, Hydro-Québec pourrait construire deux nouveaux complexes hydroélectriques sur le fleuve Churchill, soit une deuxième centrale près de Churchill Falls et un barrage à Gull Island. Le Québec se porterait acquéreur de presque toute l’énergie qui y serait produite.
Craig Pardy soutient que les finances précaires de Terre-Neuve-et-Labrador, province de 530 000 habitants dont la dette nette doit bientôt dépasser les 20 milliards $, ne nuisent pas à la position de négociation de la province, précisant que le Québec a soif d’énergie renouvelable.


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