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Cette femme de 50 ans respirait encore après avoir reçu deux doses de pentobarbital dans le Tennessee, ont annoncé ses avocats, qui ont ajouté : « Christa reçoit des soins dans un hôpital à proximité. Nous n’avons pas été informés de son état. »

Christa Pike, sur une photographie fournie par le département des services correctionnels de l’Etat du Tennessee, le 12 janvier 2023.  Christa Pike, sur une photographie fournie par le département des services correctionnels de l’Etat du Tennessee, le 12 janvier 2023. 

L’exécution de Christa Pike, la première femme devant être mise à mort aux Etats-Unis depuis 2023, « a échoué », et la condamnée a été hospitalisée après avoir survécu à l’injection létale, ont annoncé ses avocats. Cette femme condamnée à la peine capitale dans le Tennessee pour un meurtre commis il y a plus de trente ans devait être la première femme exécutée en plus de deux cents ans dans cet Etat du Sud.

L’exécution devrait avoir lieu « d’un moment à l’autre », avait alors annoncé son avocat, Luke Ihnen, à l’Agence France-Presse (AFP). Mais, après l’injection de substances létales par les autorités du Tennessee, mercredi, Christa Pike, 50 ans, était toujours en vie, ont déclaré ses avocats, cités par plusieurs médias américains, dont The New York Times ou The Tennessean. Christa Pike respirait encore après avoir reçu deux doses de pentobarbital, le produit létal.

Les autorités pénitentiaires n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat, ni répondu aux sollicitations de l’AFP. « Nous ne tirons aucune satisfaction du fait d’avoir eu raison, mais les préoccupations soulevées par Mme Pike se sont avérées fondées : difficulté d’accès aux veines, veines rompues, pentobarbital dégradé, absence de soins médicaux d’urgence lorsque les choses tournent inévitablement mal, le tout sous l’égide d’un protocole qui demeure enveloppé de secret », ont dénoncé les avocats. « Christa reçoit des soins dans un hôpital à proximité. Nous n’avons pas été informés de son état », ont-ils ajouté.

Des violences sexuelles subies dans son enfance

La Cour suprême des Etats-Unis, à majorité conservatrice, avait autorisé mercredi l’exécution de Christa Pike, annulant un sursis accordé dans la matinée par une cour d’appel fédérale. Une heure avant l’horaire initialement prévu pour l’exécution, cette cour d’appel avait voulu se donner le temps de trancher sur la recevabilité d’un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike. Des violences que l’Etat du Tennessee avait reconnues pour la première fois lors d’une audience en août, sans pour autant changer sa position.

La dernière exécution d’une femme aux Etats-Unis remonte à celle, en 2023 dans le Missouri (Centre), d’Amber McLaughlin, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays. Au total, 18 femmes ont été exécutées aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, soit à peine plus de 1 % des exécutions, selon l’observatoire spécialisé Death Penalty Information Center.

L’exécution de Christa Pike devait être la trentième depuis le début de l’année aux Etats-Unis, dont 16 pour la seule Floride (Sud-Est). Toutes ont été réalisées par injection létale.

Le gouverneur républicain du Tennessee (Sud), Bill Lee, avait rejeté lundi les demandes de commutation de peine de Christa Pike malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International.

Trouble bipolaire et stress post-traumatique

Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu’elle avait 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse. Ses deux complices également adolescents, son petit ami de l’époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans, ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à l’emprisonnerment à vie et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres.

Les avocats de Christa Pike affirmaient que sa défense lors de son procès en 1996 n’avait pas invoqué les circonstances atténuantes dont elle aurait dû bénéficier, notamment les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge. Elle a été diagnostiquée tardivement pour trouble bipolaire et stress post-traumatique provoqué par ces violences. Au début de septembre, des experts mandatés par l’ONU avaient appelé à suspendre l’exécution et à commuer sa peine.

Au total, 47 exécutions ont eu lieu aux Etats-Unis en 2025, contre une vingtaine par an depuis une décennie, soit le plus haut niveau depuis les 52 enregistrées en 2009. La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 Etats américains. Trois autres, la Californie, l’Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions sur décision du gouverneur.

Le Monde avec AFP