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« De toutes les exécutions ratées auxquelles nous avons assisté dans les temps modernes, celle-ci est la pire », a commenté Robin Maher, directrice du Centre d’information sur la peine capitale.

Lors d’une conférence de presse relatant les instants précédant l’interruption de l’exécution de Christa Pike, à Nashville (Tennessee), le 30 septembre 2026. Lors d’une conférence de presse relatant les instants précédant l’interruption de l’exécution de Christa Pike, à Nashville (Tennessee), le 30 septembre 2026.

Une enquête est ouverte et les exécutions sont suspendues dans le Tennessee après l’échec, sans précédent aux Etats-Unis, de la mise à mort de Christa Pike, qui a survécu au protocole d’injection létale mercredi 30 septembre.

Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a suspendu les exécutions encore prévues cette année dans cet Etat du sud des Etats-Unis et ordonné l’ouverture d’une enquête confiée à un tiers. « L’application d’une peine prononcée légalement fait partie des responsabilités les plus graves de l’Etat, et les habitants du Tennessee s’attendent à ce qu’elle soit menée d’une manière (…) efficace », a justifié M. Lee dans un communiqué publié dans la nuit.

« De toutes les exécutions ratées auxquelles nous avons assisté dans les temps modernes, celle-ci est la pire », a commenté Robin Maher, directrice du Centre d’information sur la peine capitale (DPIC), une organisation qui fait référence aux Etats-Unis.

Première femme depuis deux siècles

Christa Pike, 50 ans, condamnée pour meurtre en 1996, devait être la première femme exécutée depuis plus de deux siècles dans le Tennessee.

Selon des témoins de l’exécution cités par les médias, Mme Pike a continué à respirer et à ronfler de façon audible après avoir reçu les deux injections censées la tuer. « Plusieurs fois, elle a regardé dans la pièce. A un moment, elle a demandé à des responsables de la prison si elle était censée se sentir comme ça », a raconté sur CBS News Kim Chandler, une journaliste de l’agence Associated Press présente.

« Nous ne tirons aucune satisfaction du fait d’avoir eu raison, mais les préoccupations soulevées par Mme Pike se sont avérées fondées : difficulté d’accès aux veines, veines rompues, pentobarbital dégradé, absence de soins médicaux d’urgence lorsque les choses tournent inévitablement mal, le tout sous l’égide d’un protocole qui demeure enveloppé de secret », ont dénoncé ses avocats. L’état de santé de Mme Pike n’était pas connu quelques heures après cette exécution avortée mercredi soir. « Christa est soignée dans un hôpital à proximité » de sa prison, ont seulement fait savoir ses avocats.

Le Monde avec AFP