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Chris Pratt, nouveau héros américain : “Nous sommes entrés dans une ère de post-vérité”

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Le grand public le connaît à l'affiche de blockbusters carrés et de franchises mondialisées, des Gardiens de la galaxie (trois films entre 2014 et 2023 dans l'univers Marvel) au retour des dinosaures dans la série des Jurassic World. Bon camarade, capable aussi de doubler la voix du chat Garfield et de Super Mario Bros dans les films d'animation qui cartonnent au box-office, à la ville, Chris Pratt est marié à Katherine Schwarzenegger, fille du "Terminator" du cinéma Arnold Schwarzenegger, qu'il surnomme familièrement "Arnie".

Sur grand écran cette semaine, l'acterur incarne dans Mercy (Reconnu coupable) un flic accusé du meurtre de sa femme. Jugé par une intelligence artificielle d'apparence humaine (Rebecca Ferguson), il a 90 minutes pour prouver son innocence, assis sur une chaise lors de son procès virtuel.

On passera sur le côté trop sécuritaire du film (qui s'ouvre dans un Los Angeles envahi par le crime et où la peine de mort est rétablie) et trop expéditif psychologiquement, pour se concentrer sur la stature solide de l'acteur de 46 ans, très ouvert et affable en interview.

Moins cher que Ben Affleck, moins mégalo que Tom Cruise, père de famille impliqué, ouvertement chrétien (il est allé récemment rencontrer le pape Leon XIV à Rome pour un documentaire sur la basilique Saint-Pierre et fréquenterait la Zoe Church à Los Angeles, mais s'est défendu d'être anti-LGBTQ + dans le magazine Men's Health), Chris Pratt incarne lui aussi une certaine idée du héros américain.

Dans "Mercy", vous osez un registre plus sombre que d'habitude. Ça vous a plu ?

Oui, complètement, merci de souligner cela. C'était très important pour moi de jouer un personnage complexe, afin que le public, autant que lui-même, se demande s'il a pu commettre un tel acte (le meurtre de sa femme, NdlR). Pour le film, j'ai pu parler avec de grands policiers de Los Angeles spécialisés dans le crime. Quand vous travaillez dans ces zones-là, il y a une part de ténèbres que vous devez endosser. Ce sont des gens qui ont des traumas personnels, qui ont vu des gens se faire tuer, qui en ont mis d'autres derrière les barreaux, ça vous marque. Certains essayent de masquer leurs failles en abusant de l'alcool, comme c'est le cas de mon personnage. Évidemment, ça change de ce que je fais d'habitude, et ça m'a plu.

Le film parle de comment la vérité se trouve parfois ailleurs que dans la binarité.

Au cœur du film, il y a la question de la vérité. En quoi ça vous importait de parler de la vérité, particulièrement dans l'Amérique actuelle ?

C'est une question majeure pour nous. Car nous vivons dans un monde de post-vérité. La vérité est presque devenue subjective, c'est vraiment très étrange. Je pense qu'il y a une vérité universelle, mais ensuite, selon qui vous êtes, d'où vous venez ou à quelle tribu vous vous sentez appartenir, il y a des vérités qui vous paraissent vraies, mais qui seront fausses pour d'autres tribus. Ce thème m'importe beaucoup. Le film parle de ça, de comment accéder à la vérité, et comment la vérité se trouve parfois ailleurs que dans la binarité ou la dualité, dans une forme de nuance, de zone grise, où l'intuition est aussi une donnée importante pour pouvoir discerner la vérité de ses apparences.

Le film parle aussi de comment l'intelligence artificielle est en train de modifier notre perception du monde. On débat aussi beaucoup sur le rôle de l'IA à Hollywood. Comment travailler avec cette technologie, selon vous ?

Je pense qu'on doit considérer l'IA comme un formidable outil, que les artistes peuvent manipuler pour obtenir leur vision sur grand écran, d'une manière encore plus efficace qu'avant. Car nous travaillons aussi dans l'industrie du cinéma, qui fonctionne selon le principe de minimiser les coûts, que ce soit en termes d'effets spéciaux ou de post-production. L'IA est aussi une révolution intellectuelle, mais je ne pense pas qu'elle parviendra à écrire des scénarios mieux qu'un scénariste. Je ne pense pas non plus que les acteurs seront supplantés par les IA, mais certains éléments à l'intérieur de cet effort collectif massif qu'est le cinéma le seront, et je ne dis pas ça à la légère. Mais j'espère que ça permettra au final plus de créativité sur les écrans. Un film épique pourra exister avec un budget décent, en espérant que l'IA crée de nouvelles opportunités plus qu'elle n'en fait disparaître. En ce sens, le jeu de Rebecca Ferguson est formidable dans le film, car c'est une actrice humaine qui joue une IA. À travers elle, mon personnage cherche désespérément de l'humanité dans l'IA, et c'est aussi notre quête à chaque jour.

 Courtesy of Amazon MGM Studios

Rebecca Ferguson prête ses traits à Maddox, une intelligence artificielle humanoïde. © 2025 Amazon Content Services LLC. All Rights Reserved.

Mercy

©Sony
Mercy/Reconnu coupable

Thriller De Timur Bekmambetov Scénario Marco van Belle Photographie Khalid Mohtaseb Montage Austin Keeling et Lam T. Nguyen Avec Chris Pratt, Rebecca Ferguson, Annabelle Walli… Durée 1h40

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