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Chocolat amer (HBO Max) : autant en emporte l’amour

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Tita (Azul Guaita) et Pedro (Andres Baida) dans Chocolat amer, sur HBO Max.

Tita (Azul Guaita) et Pedro (Andres Baida) dans Chocolat amer, sur HBO Max. HBO Max

La saison 2 de l’adaptation du roman de Laura Esquivel par Salma Hayek Pinault, toujours plus sensuelle, poursuit sa plongée dans le Mexique du début du XXe siècle.

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Le catalogue de la plateforme américaine HBO Max, très porté sur le thriller, le politique et la comédie pure, réserve parfois des surprises. Comme ce soap, adaptation sensuelle d’un best-seller de la littérature mexicaine des années 1980 et bijou de réalisme magique. Como agua para chocolate (en Français, Chocolat amer), avait été porté une première fois à l’écran en 1992 par Alfonso Arau, sous le titre Les Épices de la passion. Trente ans après, le film se tient toujours à la 56e place de la liste Somos des 100 meilleurs films mexicains. La série, dont la saison 1, livrée fin 2024, a fait mouche, et dont la saison 2 est désormais partiellement disponible, était dans les tuyaux depuis longtemps. Placée sous l’égide d’une équipe essentiellement sud-américaine et portée par Salma Hayek Pinault, ici productrice exécutive, sa mise en œuvre aura permis à la plateforme de s’attirer les grâces du vaste public latinophile.

Mélange de réel et de surnaturel, elle raconte l’histoire de Tita (Azul Guaita), benjamine d’une fratrie née d’une femme puissante et cruelle, déterminée par la coutume à lui sacrifier son existence. Privée de tout, notamment de Pedro (Andrés Baida), donné par sa bourelle à sa sœur, la jeune fille trouve un peu de réconfort dans l’élaboration de mets délicats. La saison 1 relatait son calvaire, sur fond de passion contrariée et d’histoire du Mexique, alors en pleine révolution. La saison 2 ouvre sur une note très sombre. Au couvent sur ordre de sa mère, Tita s’éteint lentement. Les rebelles tuent, pillent et violent. Les militaires menacent et spolient. La sécheresse finit de ruiner le pays. Le destin, pourtant, veut donner à la jeune fille une chance d’être heureuse…

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Renverser le fatum

Entre Le Guépard et Autant en emporte le vent, Chocolat amer appartient à cette catégorie de programmes que l’on dévore sans trop oser le dire. Un plaisir un peu coupable, instagrammable et luxueux. Le récit d’amours contrariés, de mère narcissique et abusive, de jupons de soie battant les chemins poussiéreux, de femmes réduites à l’état de monnaie d’échange, d’hommes qui meurent au combat et d’haciendas en flammes. Celui aussi d’un Mexique miné par la corruption, qui se déchire pour l’instauration d’une vraie démocratie et d’un meilleur partage des richesses, en l’occurrence les terres, des centaines de milliers d’hectares que se partagent les riches propriétaires au détriment de ceux qui la travaillent, les paysans.

Le thème, décidément, est récurrent. Celui enfin de ces trois sœurs, qui, loin de celles de Tchekhov, profitent de cette révolution menée par les hommes pour renverser le fatum. La fantasmagorie, propre au réalisme magique, genre littéraire né dans les années 1920 sous l’impulsion d’artistes sud-américains enclins à raconter le réel par le biais du surnaturel, rend l’histoire parfois caricaturale mais surtout captivante. « Je rêvais de porter à l’écran ce bijou de la littérature et d’en offrir une lecture nouvelle, à mes yeux plus moderne et plus féminine, que celle proposée dans le film de 1992. Je rêvais aussi de donner au personnage de Tita la profondeur qu’elle mérite par l’exacerbation de ses émotions au travers de sa cuisine. De sorte que les spectateurs, comme elle, sentent, goûtent, éprouvent, désirent », dit Salma Hayek Pinault dans une interview. L’actrice est impliquée dans chaque étape du projet depuis le tout début. Elle en assume le succès et tous les petits défauts.

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