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Faire bouillir des pommes pour l'hiver, boire de l'eau chaude avec du citron, manger du congee (porridge de riz asiatique) ou encore se régaler de fondues chinoises: ce genre de vidéos vous dit quelque chose? Si oui, c'est sûrement parce que vous avez récemment traîné sur les réseaux sociaux, TikTok en tête.
De plus en plus d'influenceurs américains et occidentaux de la plateforme y montrent leur nouvelle lubie: devenir «chinois» (c'est littéralement le nom de cette tendance). C'est-à-dire, comme le résume Fast Company, adopter des habitudes de vie issues de la culture et de la médecine traditionnelle chinoises.
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Le phénomène est largement poussé par des créateurs d'origine chinoise ou sino-américaine, qui se filment par exemple en vantant les bienfaits de traîner en pantoufles à la maison, ou en montrant comment préparer des légumes couramment utilisés dans la cuisine chinoise. Leurs vidéos cumulent des millions de vues et séduisent, à en croire les commentaires, de nombreux Américains, prêts à suivre toutes les tendances allant dans le sens de l'amélioration de soi.
@nmmalaika got the slippers too #chinesebaddie @sherry ♬ original sound - alexAppropriation culturelle validée?
Le phénomène va même plus loin. Le «chinesemaxxing», qui vient de Chinese + maxxing (un élément de langage sur internet que l'on peut traduire par optimiser), pousse certains à adopter des clichés visuels associés à une Chine populaire et ouvrière. Par exemple: fumer des cigarettes accroupi près du sol, ou porter des vestes à brandebourgs.
En temps normal, ce type d'appropriation culturelle, surtout lorsqu'il s'agit de «devenir» une culture, est plutôt mal vue par les personnes concernées, en particulier quand la tendance devient virale, parodiée et détournée.
Ici… rien de tout cela, assure le média américain. La réaction des créateurs chinois est globalement positive face à ce phénomène –qui leur rapporte au passage quelques millions de vues supplémentaires et une audience internationale. Même si l'on note parfois un brin de moquerie, notamment face à la stupeur des Américains découvrant, par exemple, les bienfaits d'une bonne hydratation.
Ce drôle de phénomène n'est peut-être pas si anecdotique. Il raconte aussi une autre histoire de notre monde: aujourd'hui, tout n'est pas seulement fabriqué en Chine, mais aussi fabriqué à l'image des Chinois pour le reste du monde.
Alors qu'il y a encore quelques années, le modèle américain était notre principale source d'inspiration –le fameux American way of life–, le contexte géopolitique actuel nous pousserait-il vers d'autres centres d'influence? Il suffit de voir la folie autour des Labubu, ces peluches de collection chinoises qui ont déclenché une frénésie d'achats à l'échelle mondiale en 2025. Et si devenir «chinois» était finalement bien plus qu'une simple histoire de thé chaud et de pantoufles?





























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