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SAGUENAY - C'est une soirée de célébration au centre de loisirs Joseph Nio, situé tout près de la petite maison blanche, dans l'arrondissement de Chicoutimi. Des adeptes de pétanque soupent ensemble pour souligner la fin de la saison.
Inévitablement, les gens parlent de politique. Parce qu'au cours des 18 derniers mois, aller voter est pratiquement devenu un sport national. Les Saguenéens ont été appelés aux urnes à cinq reprises.
La liste est longue : (1) l'élection fédérale qui a porté au pouvoir Mark Carney, (2) la partielle provinciale après le départ de la ministre Andrée Laforest, (3) l'élection municipale, (4) la partielle au fédéral pour remplacer Richard Martel nommé au Sénat et, maintenant, (5) les élections générales québécoises.
Et, visiblement, ce n'est pas facile de s'y retrouver pour tous les électeurs.
On commence à avoir notre voyage en sacrifice du votage, nous autres-là, lance Yolande Lapointe. C'est mélangeant.

Le centre-ville de Chicoutimi.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
En début de campagne, les pancartes électorales de la partielle au fédéral se mélangeaient même à celles de la générale québécoise.
Des fois, on sait même plus pour qui voter! Parce que c'est toujours des nouveaux.
Assis pas bien loin, Jean-Marc Bélanger nous fait signe. Il a aussi son mot à dire sur ces élections qui se succèdent et monopolisent l'actualité régionale.
J'étais déjà tanné la première fois! lance-t-il.
Le professeur de science politique au Cégep de Jonquière Pierre Turcotte est d'avis qu'une fatigue électorale se fait bel et bien sentir au Saguenay, même si plusieurs se régalent de la politique comme d'un téléroman.
Ça devient complexe, dit-il. Quand tout le monde parle de ça et qu'il y a des gens qui se trompent au travers, ça ajoute une couche d'incompréhension.

Pierre Turcotte enseigne en science politique au Cégep de Jonquière. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Priorité guerre commerciale, même au Saguenay?
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnu comme un bastion souverainiste depuis toujours. Le Parti québécois a donc de grandes attentes dans la région. Il espère rafler les cinq circonscriptions.
Or, la guerre commerciale avec les États-Unis frappe de plein fouet les deux principales industries de la région : la production et la transformation d'aluminium et l'industrie forestière.
Plus le discours et l'attention vont être portés sur la guerre commerciale, plus ça désavantage, selon moi, le Parti québécois, analyse le professeur Turcotte.
Il n'exclut pas que les électeurs de la région décident de plutôt faire confiance à la CAQ de nouveau.
Le professeur croit que Christine Fréchette pourrait réussir à rafler deux sièges dans la région.
Il y a peut-être des gens qui pourraient changer leur vote pour préférer avoir un député au pouvoir. Tout est possible, croit-il.


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