NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Charivari… Ce fut entre autres le titre d’une revue française (1832-1937), une revue polémique et contestataire. Le mot sert aussi à désigner un bruit assourdissant, un vacarme incarnant un mécontentement… C’est également le titre d’une œuvre étrange de Nicolas Ranellucci présentée ces jours-ci au Centre Clark : une œuvre à la limite de l’inclassable et de l’opaque. Et c’est très bien ainsi.
Il fut une époque où l’on aurait juste parlé d’un environnement ou d’une installation, type d’art demandant au spectateur d’élaborer du sens en associant les divers éléments qui composent le dispositif, en tissant des liens entre eux. De nos jours, le mot « environnement » est presque disparu et la notion d’installation est tellement devenue généralisée qu’elle s’est presque dissoute dans la notion d’art contemporain… Mais il s’agit bien d’une installation, dans toute la force du terme, où le spectateur est devenu un élément actif de l’œuvre.
Cette œuvre d’art contemporain, ce curieux assemblage que nous propose Ranellucci évoque une pièce de théâtre qui, le temps d’une exposition, aurait débarqué dans le Centre Clark. Sur le mur du fond de la galerie, une série de visages, faits en céramique, semblent nous regarder, comme si nous-mêmes faisions partie de l’aventure. Et c’est peut-être en effet le but de l’artiste. Cette œuvre se présente comme une réflexion sur l’installation comme mise en scène théâtrale où le spectateur devient un de ses acteurs.
Au centre de la galerie, une scène surélevée avec un décor qui semble attendre des acteurs. Y sont entre autres installés une table, des 2 x 4 de bois esquissant la structure d’un mur, l’idée d’un quatrième mur évanescent… Cela fait penser à une cuisine. Le visiteur-spectateur pourra même trouver dans la salle un petit fascicule, comme un livret, écrit par l’artiste, brochure portant le sous-titre suivant : « Dispositif pour corps, bruit et cuisine ». Mais cet agencement, ce dispositif scénique n’accueillera jamais d’acteurs professionnels. Ranellucci nous indique qu’il a bien écrit une pièce de théâtre au complet et qu’il l’a « élaguée », ne gardant que quelques bribes, quelques indications, quelques fragments avec lesquels le spectateur-acteur devra composer afin de recomposer un semblant de récit. Il devra « imaginer ce récit », de dire l’artiste.
Les indications scéniques nous parlent d’un père, « homme dans la cinquantaine, travailleur », d’une mère, « femme fin quarantaine, porte des faux diamants », de deux enfants, dont l’un a « tout juste 12 ans, une allure de cow-boy, un éclat de soleil », et l’autre, « 6 ans, sérieux, combatif, se distingue par son esprit de contradiction ». L’artiste explique que nos « rapports familiaux » ont « un aspect théâtral », puisque dans « la vie de famille nous avons tous des rôles assignés »… Voilà qui est en effet bien compris. Le récit que Ranellucci nous propose dans cette mise en scène comprend un bouleversement que la rue, les manifestations et parfois les révoltes peuvent créer dans l’espace privé de la famille. Tout un autre mur met en effet en place ce ramdam, ce barouf, ce mouvement que les manifestations incarnent et tentent d’insuffler à nos vies. « Tu rêves pour ne pas mourir », lit-on sur une banderole dans la section des manifestations… On peut aussi y voir des phrases, des slogans, comme « Stop the Fascists », « No Masters », « Le chaos ou rien »…
Le tintamarre de la rue a envahi l’espace familial. Il s’est emparé de la mère et des enfants, qui sortent, laissant le père seul. La foule envahit la maison, puis repart, laissant « la maison en désordre » avant d’entrer dans la demeure suivante… Une œuvre éclatée qui souhaite venir troubler l’ordre de nos vies bien ordonnées où nous jouons tous, en famille ou d’une manière plus solitaire, un rôle prédéterminé.
Cette exposition constitue le projet de maîtrise de Ranellucci, maîtrise réalisée sous la direction de Cynthia Girard, au Département des arts visuels de l’Université Concordia. Il en présentera la soutenance ce mois-ci.


3 month_ago
12



























.jpg)






French (CA)