NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La Terre s'assèche à un rythme alarmant. Un rapport publié en novembre par la Banque mondiale dresse le tableau des causes de ces pertes d'eau douce, en pointant les endroits du globe les plus impactés. L'institution esquisse par ailleurs des pistes pour aider les États à s'adapter à une réalité que le changement climatique ne fera qu'aggraver.
Fonte accélérée des neiges et des glaciers, dégel du pergélisol, pompage massif des nappes phréatiques: la combinaison de ces phénomènes alimente un déclin qui concerne de nombreux pays. «Nous pensons toujours que la question de l'eau est un problème local, explique Fan Zhang, responsable mondial pour l'eau, l'économie et le changement climatique à la Banque mondiale et auteur principal du rapport, mais les problèmes locaux peuvent rapidement se propager au-delà des frontières nationales et devenir un enjeu mondial.»
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter de Slate !Les articles sont sélectionnés pour vous, en fonction de vos centres d’intérêt, tous les jours dans votre boîte mail.
Pour parvenir à ces conclusions, le rapport croise vingt-deux ans de mesures issues de la mission GRACE de la NASA –qui analyse les variations de la gravité terrestre provoquées par des mouvements aquatiques– avec des indicateurs économiques et d'usage des sols compilés par les chercheurs pendant deux décennies. Le verdict est sans appel: chaque année, 324 milliards de mètres cubes d'eau douce disparaissent, soit l'équivalent des besoins annuels de 280 millions de personnes. Traduit en précipitations, cela correspond à une diminution de 3%, qui peut atteindre jusqu'à 10% dans les régions arides et semi-arides, comme le rapporte Live Science.
«Chaque seconde, nous perdons l'équivalent de quatre piscines olympiques», souligne l'expert. «L'impact se fait déjà sentir.» Dans les régions où l'agriculture structure l'économie, comme l'Afrique subsaharienne ou l'Asie du Sud, la situation devient critique. «En Afrique subsaharienne, les chocs de sécheresse ont conduit à la perte de 600.000 à 900.000 emplois par an.» À cela s'ajoute une hausse de la probabilité et de la gravité des incendies de forêt.
Un défi qui dépasse les frontières
Les pays riches ne sont pas épargnés. La France pourrait elle aussi payer le prix fort d'un manque d'eau. En juin, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a publié une note concernant les besoins en eau d'ici 2050. Sans évolution majeure des pratiques, une large partie du territoire pourrait se retrouver en situation de tension à l'horizon 2050, avec des écosystèmes subissant le stress hydrique. Les spécialistes appellent à repenser la planification des usages de l'eau «dès aujourd'hui».
À l'échelle mondiale, le principal responsable de l'assèchement est connu: l'extraction des eaux souterraines, souvent mal protégées. Les dernières décennies ont été marquées par un pompage «sans retenue», selon Jay Famiglietti, hydrologue et professeur de durabilité à l'Université d'État de l'Arizona, coauteur de l'étude. Il prône la mise en place de meilleures réglementations et d'incitations pour limiter ce captage excessif, un phénomène largement imputé à l'agriculture.
En effet, le secteur concentre à lui seul 98% de l'empreinte hydrique mondiale, cet indicateur mesurant la quantité totale d'eau utilisée. «Si l'utilisation de l'eau dans l'agriculture est améliorée jusqu'à un certain niveau, la quantité qui peut être économisée est énorme», insiste Fan Zhang. Optimiser l'irrigation pour atteindre des niveaux médians dans 35 cultures clés –dont le blé et le riz– permettrait de couvrir les besoins annuels de 118 millions d'individus. Les chercheurs misent notamment sur des outils technologiques, comme l'intelligence artificielle, pour ajuster l'arrosage au plus près des besoins réels des cultures.
Autre levier encore sous-exploité: le commerce «virtuel» de l'eau. Le principe? Importer le liquide sous forme de produits agricoles ou autres biens gourmands en ressources hydriques. Entre 2000 et 2019, la consommation mondiale a bondi de 25%, en particulier dans les régions touchées par la sécheresse comme l'Amérique centrale, l'Europe de l'Est ou le sud-ouest des États-Unis. Paradoxalement, ces pays cultivent des plantes gourmandes en eau. Le commerce virtuel propose de déplacer ces cultures vers des régions plus humides. «Lorsque les pays souffrant de pénurie importent des produits à forte intensité hydrique, ils importent en fait de l'eau, ce qui les aide à préserver leur propre approvisionnement», détaille le spécialiste.
Le rapport se conclut en identifiant trois catégories de solutions: réduire la demande en eau, augmenter l'approvisionnement grâce au recyclage et au dessalement et garantir une répartition équitable. Selon les experts, une gestion durable de cette ressource millénaire reste «tout à fait possible». Si la croissance démographique implique de produire davantage de nourriture –et donc d'utiliser plus d'eau– les progrès technologiques, les évolutions politiques et les innovations financières offrent «des raisons d'être optimistes», souligne Jay Famiglietti.





























.jpg)






French (CA)