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Sport 14/05/2026 22:03
Des chercheurs spécialisés dans le climat, la santé et le sport s’inquiètent des conditions prévues cet été dans plusieurs villes hôtes aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP
Miami, Kansas City, le New Jersey… À quelques semaines du Mondial 2026, plusieurs villes hôtes inquiètent des scientifiques qui alertent la FIFA sur les risques liés à la chaleur pendant le tournoi.
Plusieurs chercheurs spécialisés dans le climat, la santé et le sport ont décidé d’interpeller directement l’instance du football mondial. Une vingtaine d’entre eux a signé une « lettre ouverte » adressée à la FIFA, tandis que le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA), connu pour ses travaux sur les événements climatiques extrêmes, a publié sa propre analyse des conditions attendues cet été aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Et leur inquiétude concerne autant les joueurs que les supporters.
Les chercheurs ont étudié les 104 matches programmés pendant la compétition et identifié plusieurs rencontres susceptibles de se jouer dans des conditions particulièrement difficiles.
Pour cela, ils s’appuient sur un indice appelé WBGT (dit « au thermomètre-globe mouillé »), utilisé notamment dans le sport de haut niveau et l’armée. Contrairement à la température classique, cet indicateur prend aussi en compte l’humidité, le rayonnement solaire ou encore la circulation de l’air afin d’évaluer le stress thermique subi par le corps humain. Et selon leurs projections, plusieurs matches pourraient franchir des seuils considérés comme dangereux.
Des matchs « à haut risque »
Le collectif WWA estime ainsi qu’environ un quart des rencontres du tournoi pourraient nécessiter des mesures de rafraîchissement renforcées. Certaines affiches dépasseraient même les niveaux à partir desquels le syndicat mondial des joueurs considère qu’un match ne devrait plus être disputé.
Parmi les rencontres identifiées comme « à haut risque » figure notamment France-Sénégal, prévu le 16 juin dans le New Jersey. « Notre recherche montre que le changement climatique a un effet réel et mesurable sur la viabilité de l’organisation des Coupes du monde pendant l’été dans l’hémisphère Nord », explique Friederike Otto, climatologue à l’Imperial College de Londres et cofondatrice du WWA.
Les scientifiques critiquent aussi les dispositifs prévus par la FIFA pendant la compétition. L’instance a prévu deux pauses fraîcheur de trois minutes pendant chaque match, une mesure qui sera appliquée systématiquement pour la première fois lors d’une Coupe du monde.
Mais les chercheurs jugent ces interruptions trop courtes pour permettre une réelle récupération des organismes soumis à des températures extrêmes. « Il est clair que les pauses de trois minutes qu’a adoptées la FIFA pour tous les matches sont trop courtes pour avoir une incidence significative sur la réhydratation et le rafraîchissement du corps », écrivent-ils dans leur lettre ouverte. Ils réclament des pauses d’au moins six minutes.
Les signataires rappellent également qu’au-delà d’un certain niveau de chaleur humide, même des sportifs professionnels entraînés peuvent ne plus parvenir à maintenir une température corporelle stable pendant un effort intense.
Les supporters aussi concernés
Les chercheurs alertent enfin sur les risques encourus par les supporters, notamment autour des stades et dans les fan zones.
Certains stades du Mondial 2026 seront climatisés, mais ce ne sera pas le cas des espaces extérieurs où des milliers de personnes pourraient se rassembler plusieurs heures sous de fortes chaleurs.
« Ils sont encore plus à risque car ils ne seront pas pris en charge par de nombreux médecins », souligne Friederike Otto.
Le patron de l’ONU Climat, Simon Stiell, a lui aussi réagi jeudi en estimant que « le risque de canicule a doublé » depuis la Coupe du monde organisée aux États-Unis en 1994.
Contactée par l’AFP, la FIFA assure continuer à surveiller les conditions météorologiques en temps réel et affirme qu’elle appliquera ses protocoles prévus en cas d’épisodes de chaleur extrême.


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