NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La Fondation pour le logement s’intéresse à la question d’hébergement chez un tiers, une forme méconnue et peu traitée de précarité.
Par Clément Giuliano avec AFP

CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
En France, 600 000 personnes sont « hébergées chez des tiers de manière contrainte », selon la Fondation pour le logement (photo d’illustration dans un centre d’hébergement à Paris en 2021).
EN BREF • La Fondation pour le logement alerte sur un mal-logement « invisible » qui touche 600 000 Français : ceux qui sont contraints d’être hébergés chez des tiers.
• Ce phénomène, souvent informel et transitoire, est en hausse de 13% entre 2013 et 2020, et génère souvent des violences et de l’instabilité.
• La fondation appelle à produire plus de logements sociaux et à mieux accueillir les exilés.
Une « année noire ». La Fondation pour le logement (ex-Fondation Abbé-Pierre) publie ce mardi 3 février son 31e rapport sur « l’état du mal-logement » en France, et le constat est sans appel. Accès au logement, habitat indigne, difficultés économiques… : « Tous les signaux sont au rouge », pointe le rapport.
La fondation évalue à 1,1 million le nombre de personnes qui ne disposent pas d’un logement personnel. 350 000 n’ont « pas de domicile et sont hébergées de façon précaire en centre d’hébergement ou à l’hôtel » – dont 40 000 sans abri. Et 600 000 personnes sont victimes d’une forme de mal-logement « invisible » reposant sur la « solidarité privée » : elles sont « hébergées chez des tiers de manière contrainte ».
Le plus souvent « faute de ressources ou de logement autonome », explique la Fondation pour le logement des défavorisés. Cette « facette méconnue du mal-logement » recouvre des situations diverses. Jeunes qui vivent chez un membre de leur famille, « personnes en rupture conjugale mais qui restent chez leur ex », « jeunes qui sortent de l’aide sociale à l’enfance », exilés ukrainiens, syriens, gazaouis, personnes en situation de handicap… : les cas de figure sont nombreux, explique Manuel Domergue, directeur des études de la fondation.
Phénomène en augmentation
Selon les données officielles citées par le rapport, l’hébergement chez des tiers autres que ses parents a augmenté de 13 % entre 2013 et 2020. « L’invisibilité de l’hébergement chez des tiers est principalement imputable à son caractère informel, mais aussi au fait d’être souvent assimilé à une solution transitoire et finalement banale », note le document.
« L’hébergement chez des tiers doit être considéré comme une forme souvent aiguë de mal-logement, puisqu’il soulève des questions essentielles en matière de droits, de protection et de qualité de vie », ajoute la fondation, qui dénonce les « carences » des pouvoirs publics en la matière.
Shérazade, 47 ans, témoigne auprès de l’AFP de sa vie partagée entre les logements de trois amis. « On n’a plus de vie familiale, ni de stabilité à cause de cette histoire de logement. On n’a plus de vie, on tourne en rond. » Depuis deux ans et demi, cette mère célibataire et ses trois enfants changent d’appartement toutes les trois semaines « pour ne pas être trop pesants » pour leurs hôtes.
« On laisse des affaires un peu partout, on doit payer un box 100 euros par mois pour stocker les affaires, comme les habits d’été. C’est plus qu’épuisant », déplore-t-elle. « Très mal à l’aise » de dépendre de ses amis pour se loger, elle attend un logement social depuis 14 ans après avoir été reconnue prioritaire Dalo (droit au logement opposable) il y a 9 ans.
« Ma fille de 16 ans passe son bac cette année, je sens qu’elle a plus de difficultés que les autres années », poursuit Sherazade. Quant à son fils de 24 ans, il a été contraint d’arrêter son école de pâtisserie lorsque la famille était hébergée dans un hôtel social du « fin fond du Val-d’Oise ». « À 4h du matin, il n’y avait pas de moyen de transport » pour rejoindre la boulangerie du 12e arrondissement de Paris où il effectuait un apprentissage.
« Je suis en galère »
« Je suis bloqué dans ma vie », « je suis pas dans la rue, mais je suis en galère », témoigne également auprès de l’agence de presse Mohammed, 35 ans. Depuis son arrivée en région parisienne il y a dix ans, cet agent d’entretien de nationalité marocaine a vécu avec ses parents avant de trouver refuge chez une tante qui lui fournit une chambre gratuitement depuis six ans.
Vivre chez autrui signifie « ne pas avoir d’intimité », d’autant qu’il travaille souvent de nuit. « Quand je rentre le matin, les enfants sont réveillés, donc je ne peux pas dormir, je ne peux pas vivre pour ne pas déranger les enfants ».
La situation est parfois conflictuelle. « Il m’accusait de choses que je n’avais pas faites… Tout ce qui se passait chez lui c’était de ma faute », témoigne dans le rapport de la Fondation pour le logement Adrien, 22 ans, qui a passé six mois chez un ami d’enfance. « Il me disait “t’as qu’à prendre un appart si t’es pas content”, mais ce n’est pas parce qu’il me loge qu’il peut me manquer de respect, surtout que je lui donnais une participation. »
L’hébergement chez un tiers génère souvent des violences
Selon des données du Samusocial de Paris citées dans le rapport, l’hébergement chez un tiers est souvent générateur de violences. 28,1 % des personnes hébergées chez un tiers ont été victimes d’insulte ou d’humiliation par leur hébergeur au cours de l’année écoulée, et 27,7 % de menaces d’expulsion.
La Fondation pour le logement appelle en particulier à « une reprise de la production de logement social, notamment de petits logements très sociaux et de logements étudiants », ainsi qu’une attention particulière à l’accueil des personnes exilées « qui facilite leur accès aux droits plutôt que de leur rendre la vie impossible et de les pousser à la clandestinité ».


4 month_ago
16


























.jpg)






French (CA)